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LUNDI : Pour stimuler la voracité des amateurs, essayez donc le coup du balancier de travers !

Intéressante, cette consolidation stratégique du groupe LVMH dans la distribution horlogère d'entrée de gamme : soit c'est purement opportuniste [on a des doutes], soit c'est annonciateur de plus grandes manoeuvres. Reste que nos documents [non officiels et non autorisés comme il se doit] sont là pour prouver qu'il se passe quelque chose de très politique...    ►►► AU SOMMAIRE DE CE 360° DU LUNDI Les informations …


Intéressante, cette consolidation stratégique du groupe LVMH dans la distribution horlogère d'entrée de gamme : soit c'est purement opportuniste [on a des doutes], soit c'est annonciateur de plus grandes manoeuvres. Reste que nos documents [non officiels et non autorisés comme il se doit] sont là pour prouver qu'il se passe quelque chose de très politique...

 
 
►►► AU SOMMAIRE DE CE 360° DU LUNDI
 
Les informations qui seront développées après le sauteur ci-dessous...
 
▷ L'édito du jour : attachez vos ceintures, la Golden Week ne s'est pas bien passé du tout...
 
▷ Le compte à rebours du jour : c'est sans doute demain, que Felix Baumgartner (projet Zenith Red Bull Stratos) s'élancera de l'espace...
 
▷ Le salon horloger du jour : c'est à Monaco que ça se passe, avec la World Presentation of Haute Horlogerie (groupe Franck Muller)...
 
▷ L'info technique du jour : dans la nuit noire, faut-il miser sur le rouge pour s'éviter une peur bleue (Super-LumiNova) ?
 
▷ Le document du jour : avec New Lux Co, le groupe LVMH se renforce en catimini dans le distribution horlogère d'entrée de gamme...
 
▷ La série limitée du jour : mieux qu'une série limitée, une série totalement cachée (tourbillon expérimental Greubel Forsey) !
 
▷ Le S.O.S. du jour : sauve qui peut, le luxe horloger à Hong Kong et en Chine, où la Golden Week s'est plutôt mal passée !
 
▷ L'interrogation écrite du jour : avez-vous bien lu, compris et retenu l'essentiel des actualités publiées la semaine dernière ?
 
▷ Les actualités du jour : notées à la volée, en vrac, en bref et en toute curiosité intellectuelle (les réseaux tentaculaires de TAG Heuer, le marketing horloger dans tous ses états, la nervosité des analystes, l'anniversaire d'un dur à cuire, le secret du crâne en or, le triple chiffre mystérieux, les neuf étoiles d'une star)...
 
 
 
 
►►► L'ÉDITO DU JOUR
Attachez vos ceintures ! Nous entrons dans une zone de turbulences...
••• Golden Week ou Wooden Week, comme on dit aujourd'hui à Hong Kong ? Il faut espérer que le monde horloger aura parfaitement compris le message : tous les espoirs de cette fin de n'année reposaient sur la Golden Week des vacances de la mi-automne, saison traditionnelle de folie marchande en terre chinoise. À vue de nez, et aux dires des détaillants, on en est à - 30 % par rapport à l'année dernière, soit - 50 % par rapport aux objectifs des marques, qui avaient planifié une explosion dans la lignée des années précédentes. Le haut de gamme souffre encore plus (- 40 % en moyenne), alors que le milieu de gamme résiste un peu mieux (- 20 %)...
••• Si les hôtels de luxe étaient déserts [pas tout-à-fait quand même !], les campings ont fait le plein de... Hongkongais venir "se réfugier" sous la tente pour échapper aux hordes de Chinois de l'intérieur, connus pour leur mauvaise éducation et leur rusticité [ça crache et ça crie, ou même pire !]. Si, en plus, ils ne consomment plus comme avant, ces Chinois continentaux deviennent insupportables. Les tensions nées de cette cohabitation entre Hongkongais et Chinois continentaux [qualifiés de "criquets" tellement ils ont un comportement d'insectes ravageurs : on en a fait une pub, les Chinois qualifiant en retour les Hongkongais de chiens !] devraient conduire le gouvernement local à mieux contrôler les flux touristiques massifs, ce qui ne va pas arranger les affaires de commerçants...
••• Pour ces derniers, la potion est amère : le coup de frein remonte maintenant au début 2012 [mais non, mais non, nous jurait-on en Suisse, tout va très bien !] et il n'est pas prévu de reprise des affaires avant le deuxième trimestre 2013 : n'oublions pas que la nouvelle équipe du Poliburo ne sera en place et aux affaires qu'à partir de mars 2013. Pas question, pour les futurs nouveaux gouvernants, de laisser l'ancienne équipe s'en mettre plein les poches à leur place, donc tout est gelé pratiquement jusqu'à l'été 2013. Et Les détaillants tirent la langue : les loyers ont pris l'ascenseur depuis 2008 (*) et les boutiques ont surstocké pour être sûres d'avoir de la marchandise. On a multiplié les points de vente et les embauches de personnels. Dans des grandes rues comme Tsim Sha Tsui, une boutique sur cinq est un point de vente horloger ! Si les coûts fixes ont explosé, les ventes ont ralenti – en prenant l'escalier de service plutôt que l'ascenseur, quand elles ne descendaient pas à la cave ! Donc, la fin 2012 et le début 2013 s'annoncent plus que problématiques. La Chine intérieure vit à peu près la même situation : plus personne dans les boutiques, les marques et les groupes ayant déjà divisé par deux leurs budgets de communication tellement tout le monde est en mode crise [c'est ce qui explique l'épidémie d'annulation des salons horlogers chinois] !
••• Un seul conseil : attachez vos ceintures ! Ça va secouer... mais, comme ce n'est pas la première fois dans une industrie des montres beaucoup plus cyclique que ne veulent l'avouer les exécutifs horlogers, on s'en sortira !
G.P. 
(*) Exemple de loyer pour la boutique Boucheron, sur Central, avec une toute petite vitrine en partie cachée par un kiosque à journaux : 300 000 euros mensuels ! Même en vendant beaucoup de diamants, ce sera difficile à rentabiliser... un jour !   
 
 
 
 ►►► LE COMPTE À REBOURS DU JOUR
Quatre ou cinq records du monde doivent tomber du ciel d'ici à demain...
••• S'il réussit son saut, le parachutiste de l'espace Felix Baumgartner reviendra sur terre avec une jolie brassée de records du monde, qu'il offrira à Zenith, son parrain horloger : la plus haute altitude jamais atteinte par un homme en ballon (37 km) le record d'altitude pour un saut en chute libre (37 km d'altitude), la plus longue chute libre (environ 05:30 mn), la plus haute vitesse jamais atteinte par un homme "seul" (au-delà du mur du son), premier retour de l'espace "en solitaire" sans assistance mécanique. Depuis Icare, c'est sans doute la première fois qu'un homme tombera ainsi du ciel ! À son poignet, sa Zenith Stratos [on la distingue sur l'image ci-dessus], accrochée par-dessus la combinaison, alors que la température de l'air sera aux alentours de -70°C, dans un quasi-vide spatial sans la moindre portance. C'est d'ailleurs cette absence d'air et de portance qui peut poser le plus de problèmes : comment stabiliser une chute sans appuis et comment résister à une panne du système de chauffage ou d'oxygénation de la combinaison ? Bonne chance, Felix ! Pour en savoir plus quasiment en temps réel sur cet exploit, qui était un des derniers grands défis de l'humanité : Zenith...
 
 
 
 
►►► LE DOCUMENT DU JOUR
Avec New Lux Co, LVMH s'offre une consolidation inattendue dans l'entrée de gamme...
••• La stratégie du groupe LVMH dans l'horlogerie est loin d'être limpide. En plus du pôle contrôlé de façon de plus en plus autoritaire par Francesco Trapani, qui en est le président, LVMH voit Louis Vuitton faire cavalier seul dans l'horlogerie [même géographiquement, puisque la marque a quitté La Chaux-de-Fonds pour venir chercher son Poinçon de Genève en banlieue genevoise], alors que les montres Fendi sont distribuées par Taramax, bras armé du groupe dans l'entrée de gamme [c'était une révélation Business Montres du 29 mars dernier : beaucoup de cadres du pôle horloger LVMH n'en savaient même rien !]. Et on ne commentera pas le fait que les montres Givenchy soient licenciées à Hong Kong ou les montres Kenzo chez GL, alors qu'on ne sait pas encore trop qui opèrera demain pour Berluti, Pucci, Loewe ou Céline...
••• La confusion ne va pas se trouver dissipée par un récent et très discret rachat opéré par L Capital, un des véhicules d'investissement du groupe quand il ne veut pas apparaître. Personne n'est encore au courant au sein du pôle horloger, parce que ça risque de compliquer certaines situations sur des marchés-clés. L Capital Management (par le biais de L Capital 3 : fonds commun de placement à risques) a tout simplement pris le contrôle du groupe TWC et de quelques autres structures (Swiss Fashion Time GmbH, PT Switzerland GmbH, PE Time Design GmbH, Swiss Watch Group FZCO, Fortune Concept Limited et PT Far East Limited). Pour les non-initiés, TWC – qu'on peut retrouver à Basdelworld chaque année – distribue dans le monde des licences horlogères comme Cerruti 1881, Christian Lacroix [qui se retrouve ainsi avec des montres sous contrôle LVMH, après avoir claqué la porte du groupe], Nina Ricci, Ted Lapidus ou Thierry Mugler. TWC distribue ainsi non seulement des montres, mais aussi des bijoux, de la maroquinerie et des lunettes et des accessoires de mode (enseigne Scooter). Le groupe TWC, qui appartenait à Alain Chaumet et à sa famille, est un des leaders français dans ce domaine. Swiss Fashion Time (entreprise bâloise) est l'opérateur de la marque suisse Aigner, avec une importante activité de grossiste. Les autres structures sont des small players locaux (distribution)...
 
LVMH étant une société cotée, il était nécessaire de masquer certaines données confidentielles...
Même remarque que ci-dessus pour les documents "caviardés"...
 
••• Exit, donc, une des dernières entreprises familiales de la distribution horlogères française. Pas toujours heureux dans ses diversifications (notamment avec le rachat de Japy), Alain Chaumet a néanmoins réussi quelques "gros coups". Ces dernières années, il avait commencé à passer la main à son fils, Aymeric, mais le groupe TWC (Paris-Morteau), qui réalise environ 8 millions d'euros (pour la seule distribution horlogère) pour 1,5 million de résultat avait tendanciellement vu sa profitabilité s'éroder. Les autres sociétés du groupe représentent un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros pour L'Amy (2 millions de résultat) ou 75 millions d'euros pour The Watches Collection (fabrication, avec un effectif de 153 personnes), qui affiche 4 millions de profits (également en baisse). Passons pour mémoire d'autres holdings financières, plutôt profitables.
••• Avec TWC et le nouvel ensemble New Lux Co, L Capital – comprenez LVMH – s'offre une consolidation non plus dans le luxe, mais dans la mode horlogère et dans l'entrée de gamme. Ce qui permettra au groupe d'apprendre un nouveau métier et de se repositionner dans une distribution wholesale qui lui est aujourd'hui étrangère. Si la récession s'installe durablement sur les marchés européens, c'est cette entrée de gamme qui deviendra stratégique, ne serait que pour tenir la dragée haute aux autres opérateurs qui se consolident [voir le récent rachat de la maison Augis 1830 par Le groupe Galeries Lafayette : révélation Business Montres du 2 octobre]. Très intelligemment, le management de TWC reste intégré dans cette espèce de joint-venture à 50-50, ce qui permettra d'assurer une transition en douceur jusqu'à ce qu'une équipe du groupe LVMH entreprenne un jour de consolider tout l'opérationnel horloger...
••• Tout ceci, vous l'avez compris, absolument non officiel et non autorisé, mais on aura du mal à contester les documents ci-dessus, puisés à la meilleure source, et pas dans les poubelles de L Capital, rue François-1er, à quelques mètres de l'état-major LVMH de l'avenue Montaigne...
 
 
 
►►► L'INFO TECHNIQUE DU JOUR
Ceux qui ont peur du noir doivent-ils miser sur le rouge ?
••• Un test passionnant, celui des couleurs du Super-LumiNova, qui sont une des avancées techniques récentes les plus intéressantes de ces dernières années pour l'esthétique horlogère. Le rouge tient cinq fois moins longtemps que l'ivoire, alors que le bleu tient deux fois moins longtemps. Ce qui permet de relativiser les performances des montres "professionnelles" qui multiplient les touches de couleurs différentes pour leurs affichages : une demi-heure après le flash d'excitation lumineuse, le rouge a déjà perdu 80 % de sa luminescence visible, quand le vert n'en a perdu que 20 %. Dommage...
 
 
••• Toujours pour le plaisir des yeux, le tableau de résultat d'un autre test : on y découvre que la luminescence relative reste tout de même dépendante de la durée d'exposition à la lumière (naturelle ou artificielle) et son intensité. Après dix minutes d'excitation lumineuse, les gains de stabilité de cette luminescence demeurent marginaux (source : LumiNova, Suisse)...
 
 
 
 
►►► L'INTERROGATION ÉCRITE DU JOUR
Tout ce qu'il fallait retenir des informations de ces derniers jours...
••• SÉANCE DE RATTRAPAGE : tout (ou presque) de ce que vous avez pu découvrir avant tout le monde, la semaine dernière, en exclusivité, en priorité ou en toute liberté (compilation Business Montres du 6 octobre)...
••• PÉRISCOPE : tous les liens utiles et les lectures qui éclairent l'actualité des montres, de l'anniversaire de James Bond à la dégradation de l'économie chinoise, en passant par les nouvelles modes un peu partout dans le monde, les études sur le luxe et les nouvelles du front inernational (Périscope)...
••• À DÉCOUVRIR # 7 : les sept nouveautés qui ont marqué les vitrines horlogères. Cette semaine : Harry Winston, Graham, Girard-Perregaux, Burberry, Alpina, deLaCour, Longines (Business Montres du 5 octobre)...
••• ENCHÈRES AUTOMNE 2012 : comment Aurel Bacs organise une véritable "traite des blanches" pour faire tourner les compteurs chez Christie's (Business Montres du 7 octobre)...
••• ROCK'N'ROLL # 96 : atterrissage immédiat pour la marque berlinoise Askania, qui s'offre une intelligence campagne de publicité créative, capable de fusionner les deux identités de la marque (Business Montres du 6 octobre)...
••• ATLANTIC-TAC # 12 : l'actualité des montres comme vous n'avez jamais osé demander qu'on vous la raconte. Chaque vendredi, c'est la chronique horlogère du portail d'informations Atlantico (Business Montres du 5 octobre)...
••• BUSINESS MONTRES VISION : quelques vidéos récentes sur la soirée Hublot à Las Vegas, la nouvelle The Britain signée par Burberry, la haute joaillerie Piaget, la montre Pierre Arpels chez Van Cleef & Arpels, l'histoire du monogramme chez Louis Vuitton, le cadran en béton osé par Girard-Perregaux pour son hommage à Le Corbusier, la passion et les pulsions chez Roger Dubuis (Business Montres Vision : tout un programme !)...
 
 
 
►►► LA SÉRIE LIMITÉE DU JOUR
Le marketing du grand secret à la mode Greubel Forsey...
••• Il n'y en avait qu'une aux Ambassadeurs ("Espace connaisseurs" de Genève) : elle est déjà vendue ! Il en serait de même pour une autre repérée aux Ambassadeurs de Zurich, mais il paraît qu'il en reste une chez Marcus à Londres : ce sera tout pour l'Europe, John Simonian veillant jalousement sur les siennes à Los Angeles. Ce double balancier incliné à 20° bénéficiait déjà d'une enviable réputation chez les collectionneurs de la marque, qui considère le tandem Greubel Forsey comme le duo Patek Philippe des débuts du XXIe siècle : quand une pièce passe sur le marché, on la préempte sans discuter. C'est ce qui explique le succès étonnant de la marque aux enchères – marché presque chimiquement pur pour l'offre et la demande entre amateurs – où les prix sont plus que consolidés, y compris sur des places comme Hong Kong qui offre généralement une prime aux "valeurs sûres" des grandes marques traditionnelles suisses. Un succès sous le marteau qui contraste avec les rotations beaucoup plus difficiles des ventes Greubel Forsey en boutique : c'est à ce phénomène qu'on repère les nouvelles "vraies marques de collectionneurs". En plus, quand Greubel Forsey ne réalise que six pièces d'une série de "montres expérimentales", cela ne fait guère qu'une ou deux par continent : c'est donc la ruée !
••• Cette montre n'est pas un tourbillon ! C'est même une montre relativement "simple", si tant est que ce mot ait un sens pour une paire de balanciers inclinés à 20° : la série EWT (Experimental Watch Technology) n'a d'ailleurs pas de vocation commerciale – comme cela se trouve confirmé par le boîtier spécial "hors collection" (43,5 mm), par les aiguilles minimalistes (squelettées)  et par le "cadran de travail", volontairement dépouillé, technique et presque "écrit" comme un mode d'emploi [une méthode déjà utilisée, voici 22 siècles, par les concepteurs de la "machine d'Anticythère"]. Cette série des EWT a toujours considérée par Robert Greubel et Stephen Forsey comme un "laboratoire" de poignet pour étudier différentes options mécaniques pour se rapprocher de la précision ultime. Ces montres EWT sont cependant des montres terminées, avec des finitions de très haute horlogerie, dont l'ADN Greubel Forsey est intégralement respecté – ne serait-ce que par l'inclinaison de l'échappement qui est le péché mignon des deux créateurs éponymes (on leur doit déjà un tourbillon ainsi disposés (T24S), deux tourbillons à 30° (DT30°), un quadruple tourbillon (QDT) qui présente lui aussi deux balanciers avec des angles bizarres [une pièce dans le style de cette EWT avait été présentée à Balseworld en 2009]...
 
 
••• Les deux balanciers inclinés à 20° de cette EWT ont plusieurs avantages : ils optimisent le réglage dans à peu près toutes les positions (ni verticales, ni horizontales), en limitant les frictions excessives sur tel ou tel pivot [les tests COSC démontrent parfaitement que les différentes positions d'une montre influent terriblement sur sa précision : le fameux -4 secondes/+ 6 secondes par jour est une moyenne, pas un maximum par position]. Ce n'est évidemment pas au porter quotidien que l'effet positif de cette inclinaison ni verticale ni horizontale des balanciers peut jouer, mais au repos – qu'on dorme ou qu'on se contente de taper sur un clavier [De Bethune ou Richard Mille ont tenté de résoudre ce problème avec leur adaptateur de remontage]. Du coup, Greubel Forsey peut se permettre, sur de longues durées, des performances chronométriques de haute précision, nettement supérieures aux exigences du COSC. La régularité dans la précision est assurée par un différentiel sphérique qui "fait la moyenne", le style mécanico-fonctionnel de l'échappement étant renforcé par le pont poli miroir de ce double balancier, logé pour la petite seconde à 8 h (ci-dessus : remerciements à notre ami Ian Skellern pour cette image). On retrouve là le style "chic d'établi" des "montres d'observatoire" que Robert Greubel et Stephen Forsey ont beaucoup étudié dans le passé...
••• Cette stratégie de la discrétion et ce marketing du secret sont d'une efficacité diabolique : il suffit de dire qu'il n'y en aura pas pour tout le monde pour que les (riches) collectionneurs fassent le siège des détaillants susceptibles d'avoir un de ces montres. Atout supplémentaire : la pièce est très esthétique [ce qui n'est pas toujours le cas chez Greubel Forsey, sans boursouflure sur le cadran], avec une géniale simplicité apparente (trois aiguilles, sinon rien) et un très visible parti-pris de sobriété anti-ostentatoire. On se contentera de critiquer les quatre polices de caractères différentes du cadran (4 pour un total de 8 mots!), alors même qu'on aurait pu garder le style "gravure dans le dur" (en bas-relief sur fond sablé) qu'on retrouve au dos de la montre (ci-dessous) pour la marque et la mention "balanciers inclinés 20°"...
 
 
 
 
►►► LE S.O.S. DU JOUR
Au secours, les Chinois ont commencé à guérir de leur rage de consommer...
••• Un vrai scandale : la Golden Weej n'est plus ce qu'elle était ! Depuis la crise de 2008, la frénésie annuelle d'achats qui saisit les Chinois pour la Fête de Lune et les vacances nationales d'octobre était, pour les marques suisses, l'occasion de vider les tiroirs et de se refaire une santé en trésorerie juste avant la fin de l'année. Manque de chance, cette année, tout le monde fait grise mine : comme Business Montres l'expliquait récemment (2 octobre), rien ne va plus en Chine : ni le luxe, ni les montres suisses n'ont la cote. Le comité central a même frappé d'interdiction (de port, pas encore d'importation) Rolex, Omega et Vacheron Cosntantin. Le vrai grand chic est anti-ostentatoire : si on peut se faire photographier en vélo [même si c'est un vélo de luxe], c'est mieux qu'en Audi, et avec une montre chinoise, c'est encore meilleur (Business Montres du 15 septembre). L'époque du bling-bling est révolue, comme le signifiait le défilé no logo et sans monogramme de Louis Vuitton (Business Montres du 5 octobre)...
 
 
••• Comment s'étonner, dans ces conditions, que les ventes soient en reflux à Hong Kong, qui était pourtant le bastion du shopping chinois (Bloomberg) ? Alors que la semaine était loin d'être terminée, Reuters annonçait déjà 15 % de baisse, avec des effet de transfert vers les zones à monnaie faible, comme l'Union européenne. Cette tendance à la baisse est d'ailleurs ancienne et sans interruption depuis plusieurs mois, comme le notait récemment Jing Daily. Les autorités économiques de Hong Kong parlent déjà d'une "récession technique", même si les détaillants locaux affichent un sourire de circonstance pour exprimer à quel point tout va bien dans le meilleur des montres. On en saura plus dans quelques jours, à l'heure du vrai bilan de cette première Golden Week de pré-crise, sinon d'après-bulle...
 
 
 
►►► LE SALON HORLOGER DU JOUR
Monaco, son Rocher, son luxe et ses salons de luxe...
••• Le rendez-vous du jour, c'est le WPHH de Monaco (World Presentation of Haute Horlogerie, au Forum Grimaldi) : le groupe Franck Muller y tient son grand salon d'automne, pendant méditerranéen du WPHH genevois de début d'année. Au programme de cette édition, en plus de Rolls noires qui promènent les invités et des soirées dans les palaces : de passionnantes nouveautés chez Franck Muller (tourbillon ultra-rapide – cinq secondes – déjà dévoilé par Business Montres, tourbillon géant dans une nouvelle boîte, nouvelle collection de joaillerie, etc.), une présentation de la collection Roberto Cavalli (déclinaison horlogère de la marque dans l'univers de la haute horlogerie) et des nouvelles collections Smalto (marque qui fêtera l'année prochaine ses cinquante ans), en plus de quelques nouveautés chez les petites marques (ne pas manquer les montres de joaillerie Backes & Strauss). Ce WPHH sera une bonne occasion de tester la distribution asiatique, qui sera très présente à Monaco, alors qu'un reflux très net semble s'amorcer sur les rivages du Pacifique et l'intérieur de la Chine...
••• À ne pas manquer pendant ce WPHH : le stupéfiant tourbillon cinq secondes, vrai TGV de la nouvelle haute horlogerie créative (tourbillon à grande vitesse : vidéo dès que possible dans Business Montres), et tous les tourbillons de la collection Franck Muller, qui a fait de cette complication un repère identitaire dans la mécanique extrême. Des propositions d'autant plus intéressantes que la logistique de production a été repensée : non seulement Franck Muller peut vendre toutes ces nouveautés, mais la marque peut surtout les livrer dans des quantités appréciables à un moment où les marques suisses sont étranglées par leur pénurie de mouvements...
••• Ne pas manquer, non plus, les nouvelles collections Roberto Cavalli by Franck Muller, placées sous le signe de la panthère [pour les lignes accessibles] et sous le signe de l'octogone [pour les séries plus haut de gamme]. La réussite est au rendez-vous, avec des pièces très "commerciales" à des prix réalistes. Dans l'univers de la fashion de luxe, cette irruption de Roberto Cavalli va bousculer quelques positions acquises...
 
 
 
►►► LES ACTUALITÉS DU JOUR
Notées à la volée, en vrac et en toute curiosité éditoriale...
 
••• FRÉDÉRIC JOUVENOT :le jeune créateur horloger indépendant revient sur le devant de la scène avec une nouvelle complication, qui ne sera  ni haute sautante, ni grande date (pré-alerte ci-dessous)...
 
 
••• TAG HEUER (1) : plutôt gonflée par les temps qui courent, l'ouverture d'une boutique TAG Heuer à Téhéran ! En tout cas, ce n'est pas très géopolitiquement correct [d'autant que ce sera la plus importante boutique au Proche-Orient], mais Jean-Christophe Babin n'aime rien tant que d'agir à contre-cycle et à contre-courant,surtout sur des marchés où l'économie réelle [celle de l'argent qui circule] est beaucoup plus florissante que l'économie administrée. En tournée au Proche-Orient, le président de TAG Heuer a récemment pu vérifier que les marques suisses se retiraient sur la pointe des pieds de tous ces marchés "sensibles" (notamment le Swatch Group, nettement échaudé par sa gaffe iranienne : Business Montres du 25 août). Ce qui libère des parts de marché et, surtout, des "parts d'estime" : en témoigne le succès local du MikrotourbillonS (double tourbillon : le premier à révolution une minute au centième de seconde pour la chronographie, le seconde à révolution cinq secondes pour la chronométrie certifiée COSC) – une montre à 220 000 CHF dont il s'est déjà vendu vingt-cinq pièces !
 
••• TAG HEUER (2) : cette boutique TAG Heuer de Téhéran n'est que la dernière venue d'une impressionnante série de rentrée (ouvertures à Venise et à Munich), qui sera suivie par l'ouverture de la boutique de Genève (en octobre). Série qui devrait se terminer en fin d'année sur un total de 27 boutiques ouvertes en 2012. Sous réserve d'estimation plus précises, TAG Heuer doit en être aujourd'hui à un total d'environ 160 boutiques (20 en Chine, plus 8 à Hong Kong et Macao, 6 à Singapour, 3 en Corée, 5 en Australie, 10 au Japon, 5 en Inde, 11 aux Etats-Unis, 12 en Europe de l'Ouest, 3 en Russie, 13 au Proche-Orient et 8 en Amérique latine). Par comparaison, Omega doit disposer d'environ 250 boutiques dans le monde et Rolex d'environ 70... 
 
••• VALBRAY : la jeune marque (ex-française, désormais suisse), qui a posé son identité avec des montres à "obturateur" (double affichage à l'aide d'un diaphragme de seize "lames" ultra-fines), décline à présent son concept Oculus en version fluo. Cette Hypnosis a choisi le Super-LumiNova bleu pour se mettre en valeur [voir, ci-dessus, notre tableau sur le comportements des couleurs luminescentes], avec de beaux effets graphiques et chromatiques dans la pénombre [ci-dessus : notre tableau sur la persistance luminescente]. Cachée et dévoilée apr l'obturateur, qui peut totalement masquer le fond du cadran, la couleur chargée de lumière est enserrée dans une résille de "nid d'abeille" : les micro-perforations de cette structure dessinent une sorte de vitrail horloger sur le cadran, qui se trouve totalement illuminé "de l'intérieur". L'avantage du concept Oculus, c'est qu'on peut débrayer cette luminescence en fermant l'obturateur : parfait pour attirer l'attention sur un dance floor, ce feu d'artifices permanent peut se révéler gênant dès qu'on a quitté la boîte de nuit. Sur la table de chevet, on ne voit que ça. Imaginez que Monsieur ait cette Hypnosis et Madame une Tondo by Night De Grisogono : plus besoin de lumières tamisées pour passer aux choses sérieuses ! Edition limitée à 100 pièces. On pourra découvrir cette Hypnosis à Monaco, pendant l'exposition organisée pour les dix ans de la boutique Temps & Passion (Patrick Moro)...
 
••• TEMPS & PASSION : Patrice Moro, une des plus sympathiques "grandes gueules" de l'horlogerie azuréenne, fête cette année les dix ans de sa boutique Temps & Passion (boulevard des Moulins). Une "raclette party" est prévue à la mi-octobre pour les clients et les amis : de quoi s'amuser à rompre un peu plus les codes du luxe, déjà mis à mal dans une boutique qui est devenue, au fil des années, une véritable "association de malfaiteurs" – entendez le repaire de tous les corsaires de la nouvelle horlogerie, ceux qui dynamitent en permanence le bon goût des "marques de papa, sinon de grand-papa". Quand on connaît le nombre de tourbillons alternatifs qui ont été vendus par Patrice Moro (qui est horloger de formation), on comprend qu'il a su partager sa passion pour le temps avec des clients eux aussi non conformistes et venus de tous les horizons...
 
••• TECHNOMARINE (1) : lancement d'une grande chasse au trésor, avec une cagnotte de 30 000 dollars à gagner et une tête de mort en or à emporter (nombreuses animations sur le site de la marque et sur les médias sociaux). À lui seul, le bracelet talisman à tête de mort dorée mérite le passage chez les détaillants TechnoMarine (on se souvient de la campagne lancée cette année à Baselworld). Le concours est ouvert depuis le 1er octobre et il sera clos le 21 décembre : il s'agit de trouver les indices qui peuvent mener à un trésor.
 
••• TECHNOMARINE (2) : le thème du concours est basique. Un riche héritier, collectionneur d'art contemporain, du nom de Paul est à la recherche depuis de nombreuses années d'un crâne en or massif que son père a confectionné à l'époque. Pour seul indice : une montre TechnoMarine léguée par son père. Sur le cadran : une carte au trésor ! Mène-t-elle au crâne en or ? Très vite, Paul se rend compte que cette carte ne suffit. Il lui faut se rendre à l’évidence : il a besoin de l'aide de la communauté des acheteurs de montres TechnoMarine... "Vivez une aventure qui vous emmènera jusque à une île perdue au large du Pacifique... Le mystère vous mènera au bout du monde, mais la réponse pourrait bien se trouver juste à votre poignet". C'est plutôt réservé à ceux qui ont l'intention de s'équiper en TechnoMarine d'ici à la fin de l'année, donc excellent pour les ventes de Noël...
 
 
••• MARKETING HORLOGER (1) : au programme de la Journée internationale du marketing horloger (JIMH) de La Chaux-de-Fonds (8 novembre), tout sur le "marketing expérientiel". Avec, par ordre d'apparition à l'écran : Kalust Zorik (JIMH), Claire Roederer (Ecole de Management de Strasbourg), Claude-Henri Chabloz, Président (Concours international de chronométrie), Emmanuel Vuille (Greubel Forsay), François Junod (automatier-sculpteur) Ange Barde (pilote automobile et CEO Ange Barde), Jean-Marc Wiederrecht (Agenhor), Jorge Moura (Le Carrousel des Montres), François Courvoisier (Institut du Marketing Horloger), Raynald Aeschlimann (Omega), Vincent Perriard (HYT), Marco Gabella (Watchonista) Cédric Lacroix (chocolats Cailler), Dominique Fornage (expert en vin), Philippe Bardet (Interprofession du Gruyère), Yvan Arpa (Artya), Manelik Sfez (Global Blue)...
 
••• MARKETING HORLOGER (2) : au programme de la Journée de recherche en marketing horloger (JRMH, 7 novembre, La Chaux-de-Fonds), François Courvoisier (Haute école de gestion Arc, Neuchâtel), Michel Langlois (UQAM, Montréal), Philippe Boutié (LAMTAR, Paris) et Elisabeth Deschênes (ZA Branding, Montréal) sur le thème "Expérience de marque : l'horlogerie retarderait-elle ?", Viviane Chen (IESEG School of Management, Paris) sur le thème "From Producing Collectable Watches to Creating Collectable Watchmaking Experiences", Gachoucha Kretz (ISC School of Management, Paris et HEC Paris) sur le thème "Brand love : comprendre comment les consommateurs tissent des liens d'amour avec les marques de luxe horlogères", Matthieu Corthésy (Université de Neuchâtel) sur le thème "Horlogerie de luxe et médias sociaux : comment plonger l'utilisateur dans l'univers de la marque sur Facebook ?", Nathalie Veg Sala (Université du Maine, Le Mans) sur le thème "De la Haute couture à la Haute horlogerie : l'expérience authentique en boutique peut-elle légitimer les extensions de marques ?", Maria Bashutkina et François Courvoisier (Haute école de gestion Arc) sur le thème "Marketing expérientiel en ligne et e-communication des marques horlogères suisses" et Pablo Brice de Diesbach (Emotion and Atmosphere) et Kim Claes (INSEAD Fontainebleau) sur le thème "Online social media : contributions of experiential marketing to brand building in a social network, theory and application to the Swiss watch sector"...
 
••• MARVIN : au lieu de relancer une nouvelle édition du chronographe Sébastien Loeb avec sa neuvième étoile de champion du monde (il a sacré pour la neuvième fois ce week-end en Alsace), Marvin a lancé une nouvelle version de l'édition précédente, en jouant sur la couleur pour conserver l'esprit de cette nouvelle étoile pour le champion le plus "gradé" de toute l'histoire du sport automobile...
 
••• OMEGA : 255 000 dollars (aux enchères) pour la Planet Ocean utilisée par Daniel Craig dans son nouveau film jamesbondien Skyfall. Les fonds iront à une organisation charitable. Une nouvelle preuve qu'on vend aux enchères non des produits, mais avant tout du rêve et des légendes...
 
••• GROUPAMA : ce qui a choqué les analystes dans la presque "faillite" de Groupama (Atlantico), c'est que la défaillance annoncée succédait à une impressionnante série de messages rassurants envoyés par la direction. Du coup, la sanction n'a pas traîné, cette dégradation par Fitch laissant entrevoir désormais un effet de dominos qui pourrait toucher d'autres institutions financières [on reparle de Lehman Brothers]. Gare au jour où les exportations horlogères vont plonger alors que les directions des marques et des groupes persistent à annoncer que tout va très bien, Madame la Marquise !

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