REPÉRAGES #06-2026 (accès libre)
Sept annotations sans œillères sur sept nouveautés de ce mois de janvier 2026
En toute transparence, avant d’être commentées et appréciées, ces nouveautés sont expliquées dans la jamais trop fleurie « langue de boîte » – cette langue de bois des « boîtes » d’horlogerie, celle de nos « amies les marques » ! Dans tous les styles et à tous les prix, venues de Suisse ou d’ailleurs, au masculin comme au féminin, que va-t-on découvrir dans les vitrines ? Voici donc le sixième épisode de notre panorama des nouveautés de l’année 2026, avec nos commentaires critiques sur sept montres de sept marques : Aera, Gérald Charles, Maurice Lacroix, Omega, Roger Dubuis, Swatch et Yema…
Cette chronique vise à vous signaler quelques nouveautés parmi toutes celles qui affluent dans les vitrines horlogères : c’est, à ce jour, la plus complète des recensions que proposent les médias spécialisés, avec un peu plus de 2 000 pièces présentées chaque année. Soit, en moyenne, à peu près cinq nouveautés proposées par jour du calendrier : c’est exceptionnel – et même unique dans le paysage horloger ! Ces nouvelles montres sont commentées une par une : nous ajoutons à ces présentations des évaluations personnelles critiques, forcément subjectives et généralement pas complaisantes, mais toujours sincères, en bref, en vrac et toujours en toute liberté. Dans le formidable tsunami des nouveautés horlogères, cette sélection est déjà, en soi, une élimination du pire ou de l’insignifiant : il ne faut donc pas s’étonner que le meilleur y soit commenté plutôt positivement. Tout le monde l’aura compris : les absents ont toujours tort !

ROGER DUBUIS Excalibur Grande complication
Horloger passionné, M. Roger Dubuis a consacré sa vie à imaginer de nouvelles manières expressives de célébrer les complications les plus iconiques. Pour le 30e anniversaire de la Maison éponyme, les horlogers prouvent une fois de plus que le rêve et la sensibilité de celui qui les inspire sont toujours en mouvement. Ce garde-temps exclusif rend hommage à 30 ans d’aventure singulière au cœur de l’horlogerie. Estampillé par l’excellence de la certification Poinçon de Genève, ilcombine la rareté de trois prestigieuses complications avec un affichage bi-rétrograde signature. En haute horlogerie, chacune de ces complications est connue pour la grande complexité de sa conception. Être en mesure de les réunir ici témoigne de la maîtrise horlogère de Roger Dubuis. Fort de nombreuses années d’expérience au sein de l’industrie et riche d’une large connaissance, l’horloger a créé des garde-temps mêlant son exceptionnel savoir-faire mécanique et sa touche expressive distinctive. Avec ce nouveau garde-temps, la Maison met en valeur cette éthique durable dans la plus pure tradition Roger Dubuis. Jouer avec les mécanismes est profondément ancré dans l’ADN de la maison. Roger Dubuis était fasciné par l’univers des complications. Son amour pour cet art lui a permis de perpétuer sa valeur historique et de la faire évoluer, tout en transmettant ses connaissances aux générations futures. Dans le sillage de cette inspiration, les horlogers de Roger Dubuis ont présenté leur premier calibre Grande Complication entièrement produit en interne en 2009. Le titre « Grande Complication » est donné à une montre équipée d’au moins trois fonctions supplémentaires. Le calibre RD0829 répond à cette exigence en incluant trois des complications horlogères les plus prestigieuses, à savoir un calendrier perpétuel, une répétition minutes et un tourbillon volant à double micro-rotor. Aujourd’hui, en 2025, le deuxième calibre Grande Complication est né.Une fois encore, la construction réunit un calendrier perpétuel, une répétition minutes et un tourbillon automatique, dans un seul mouvement élaboré. D’une réserve de marche de 60 heures, le Calibre RD118 est sublimé par différents types de finitions. Le niveau de détail permet à la montre d’être estampillée de la prestigieuse certification poinçon de Genève, pour laquelle chacune des surfaces des 684 composants doit être méticuleusement décorée à la main. Ce label garantit aussi la provenance, la bienfacture et la précision horlogère d’une montre.

Façonner un calendrier perpétuel n’est pas une tâche aisée. Cependant, pour Roger Dubuis, la difficulté faisait toute la beauté du défi. Cette complication était sa préférée, et, en horloger particulièrement patient, il éprouvait un grand plaisir à consacrer des heures à la fabrication complexe du mécanisme. M. Dubuis savait que le calendrier perpétuel était très difficile à maîtriser et qu’il « faisait peur à tout le monde ». Son approche unique consistait précisément à ne pas se laisser intimider par ses émotions, mais à les écouter pour les mettre au profit de sa créativité. Le travail de toute sa vie est empreint de cette passion et de cette détermination. La fabrication d’un calendrier perpétuel nécessite en effet un niveau constant de persévérance dans la conception. Pour rendre compte de la complexité du calendrier grégorien, il doit être doté d’une mémoire mécanique irréprochable, afin de garantir sa précision pour des décennies. Cela inclut les calculs automatiques de la durée des mois, avec 28, 30 ou 31 jours, ainsi que l’ajustement des années bissextiles, qui ont lieu tous les quatre ans. L’Excalibur Grande Complication répond à ces exigences aussi nécessaires que complexes, et ne requiert aucune correction manuelle jusqu’en 2100, intervention dont l’effet durera 100 ans. Les performances de ce calendrier perpétuel vont encore plus loin, en présentant ses informations sur un affichage bi-rétrograde. Cette complication permet aux aiguilles du calendrier de se déplacer le long des échelles de dates semi-circulaires, avant de revenir immédiatement à zéro à la fin de leur cycle. Si la carrière de Roger Dubuis est pavée d’innovations significatives, le développement de l’affichage bi-rétrograde est sans doute l’une des plus marquantes. Dans les années 1980, il travaille aux côtés de Jean-Marc Wiederrect. Ensemble, ils créent de nombreux calibres et déposent plusieurs brevets véritablement novateurs pour l’époque. Parmi eux, le système d’affichage rétrograde, que les deux horlogers ont optimisé et modernisé avec tout leur talent.En 1995, Roger Dubuis utilise ce brevet conjoint pour créer sa toute première montre. Aujourd’hui, l’affichage bi-rétrograde de l’Excalibur Grande Complication inclut deux échelles individuelles, une pour le jour de la semaine et une autre pour le jour du mois. Toutes deux sont équipées des aiguilles squelettées de la collection Excalibur à saut semi-instantané. Ces deux échelles sont accompagnées d’un disque des mois placé entre 11 et 12 heures, et d’une petite indication des années bissextiles sur le côté. Dès le début des années 1980, M. Dubuis déploie toute sa créativité pour réinventer les codes esthétiques et les défis techniques de l’affichage bi-rétrograde. Ce nouveau garde-temps incarne la continuité et l’évolution de cet héritage. Héritage auquel la montre rend hommage en empruntant plusieurs codes esthétiques de Roger Dubuis, notamment la police historique et la forme expressive des échelles, larges sur l’extérieur et plus étroites au centre. Elle reprend ainsi le style traditionnel exact de la montre originale de la Maison de 1995. Autre touche caractéristique, le positionnement équilibré des complications sur le cadran. Bien que légèrement incliné d’un degré, l’alignement symétrique du calendrier perpétuel et du tourbillon automatique est un clin d’œil graphique aux créations passées de Roger Dubuis, comme la montre de poche Millésime de 2015.

Parfois, écouter est aussi beau que de regarder. Avec l’Excalibur Grande Complication, c’est une réalité, grâce à la complication de la Répétition Minutes intégrée au calibre. Inventée pour indiquer l’heure pendant la nuit, avant l’avènement de l’éclairage électrique, la Répétition Minutes est considérée comme l’une des complications horlogères les plus difficiles à maîtriser. Pour y parvenir, l’horloger doit se faire musicien, en microréglant minutieusement les sons, comme si la montre était un instrument. Ici, la sonnerie du triton est activée par le poussoir sur le côté gauche du boîtier. Les informations de chaque came sont lues mécaniquement par le système principal de levier-palpeur de la Répétition Minutes, qui la transmet aux râteaux, ce qui permet aux marteaux de frapper les gongs. Tout comme l’Excalibur Diabolus in Machina de 2020, la Répétition Minutes de Roger Dubuis se distingue par sa musicalité et l’attention particulière apportée à la mélodie. La sonnerie joue un intervalle assez déroutant, qui va à l’encontre de toutes les attentes. Connu sous le nom « l’accord du diable » ou « Diabolus in musica » au Moyen-âge, cet intervalle triton sonne avec un ton bas pour les heures, plus élevé pour les minutes et deux tons pour les quarts d’heure. Composé de trois tons ou six semi-tons, l’accord du diable était proscrit dans les œuvres religieuses. Pourtant, cet intervalle dissonant a toujours joué un rôle crucial dans les compositions depuis lors, donnant typiquement ses nuances et ses couleurs à la structure de la musique blues. Roger Dubuis a doté cette complication de Répétition Minutes d’une autre fonction avancée. Pour plus de sécurité, le dispositif du « tout ou rien » permet de s’assurer que la sonnerie n’est activée que si le poussoir est enfoncé jusqu’en butée, ce qui supprime ainsi le risque d’endommager le mécanisme en le déclenchant accidentellement.

Pour M. Dubuis, un tourbillon était un moyen idéal de gagner de l’espace dans un calibre, pour ajouter des complications et laisser libre-cours à l’expression esthétique. L’Excalibur Grande Complication incarne parfaitement cet état d’esprit. Comme tous les tourbillons Roger Dubuis, celui-ci est volant. Positionné entre 5 et 6 heures, il affiche une construction signature. De la cage polie miroir, inspirée de la croix celtique, à l’utilisation ingénieuse du titane léger et non magnétique, ce tourbillon témoigne de l’approche aussi innovante que fascinante de la Maison. Ce mécanisme qui défie la gravité est devenu un emblème de la Maison et fait désormais partie du paysage artisanal de Roger Dubuis. Présentée au salon international Watches and Wonders 2025 à Genève, l’Excalibur Grande Complication est disponible en édition limitée de 8 pièces. Seuls quelques passionnés exclusifs pourront donc profiter de cette création rare. Le boîtier de 45 mm en or rose est accompagné d’un bracelet interchangeable en cuir de veau brun 3D, doté d’une boucle ardillon en or rose, tandis que le fond en verre saphir transparent offre une vue imprenable sur le mécanisme. Roger Dubuis a toujours voulu créer des garde-temps que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Alors que la Maison fête son 30e anniversaire, cette montre rend un bel hommage à ce rêve et à l’approche alternative de ses cofondateurs en matière d’horlogerie. Une approche qui stimule toujours l’imagination de ses horlogers.
UN COMMENTAIRE ? On peut parler d’involution plutôt que d’évolution. Après des années où elle a failli perdre son âme dans des productions baroques et boursouflées dont les épaisseurs sont aujourd’hui totalement démonétisées par la vogue des montres vintage qui en reviennent aux formes ultra-minces des années 1960, la maison Roger Dubuis renoue avec l’héritage d’un de ses fondateurs, le génial maître-horloger Roger Dubuis, virtuose des mécaniques bi-rétrogrades, si furieusement tendance à la fin des années 1990. Le paradoxe et qu’on a collé cet affichage, si à l’aise dans des boîtiers tonneaux, dans un boîtier rond où il faut le déformer pour qu’il tienne. Si les pièces de ces huit pièces uniques peuvent varier selon le métal du boîtier et son enrichissement joaillier, il ne s’en situera pas moins aux alentours de 800 000 euros, ce qui le réservera à une catégorie très spéciale d’opulents oligarques qui n’ont plus forcément la tête à ces compilations de complications mécaniques (boîtier massif en or non moins massif de 45 mm x 17,4 mm, étanche à 50 m et animé par un mouvement automatique donné pour 60 heures de réserve de marche). Dommage que la montre soit si « brutale » dans son allure : ce mouvement méritait un peu plus d’élégance fonctionnelle…

AERA M-1 Field « Dune »
Nous avons également donné au modèle M-1 Field un nouveau look discret. Le cadran noir standard a été remplacé par une teinte rose poudré, le transformant en une montre de terrain adaptée au désert qui se fondrait parfaitement dans le sable. La M-1 Dune rend hommage aux Land Rover SAS de la fin des années 60, reprenant leurs tons uniques de coucher de soleil, et est produite en édition limitée à seulement 300 exemplaires. La couleur d'origine de la SAS n'était pas prête à l'emploi, les militaires devaient donc la créer eux-mêmes. Pour ce faire, ils mélangeaient un apprêt à l'oxyde rouge et de la peinture blanche mate avec une petite quantité de noir. Il n'y avait pas de proportion définie, les variations de rose d'un véhicule à l'autre étaient donc considérables. Pour la M-1 Dune, nous avons opté pour une teinte crépusculaire claire. Elle change subtilement en fonction du ciel et de la lumière. Sous un soleil éclatant, elle prend une teinte presque sableuse, tandis que dans une lumière plus chaude, au crépuscule et à l'aube, les tons roses ressortent. Nous aimons penser que c'est exactement ce que le SAS aurait voulu, servant de camouflage adaptable pour les habitants du désert. Cela donne une nouvelle profondeur au cadran bombé monobloc caractéristique de la M-1. La teinte rose pâle permet de voir facilement les bords incurvés du cadran, qui s'harmonisent parfaitement avec le verre saphir bombé qui le recouvre. La montre est ainsi facile à lire sous tous les angles, ce qui est renforcé par les grands chiffres, réalisés à la main en Super-LumiNova. Le logo Aera est quant à lui découpé dans du Globolight™ solide, qui brille d'un vert vif lorsque le soleil finit par se coucher. Le sous-cadran montre la trotteuse qui glisse, alimentée par le mouvement à remontage manuel Sellita SW216-1 Elabore et sa réserve de marche de 42 heures. La bague extérieure est une autre référence aux inspirations militaires de la M-1. Il s'agit d'une caractéristique des montres de terrain classiques uu milieu du siècle, ici subtilement placée autour du bord bombé du cadran, exagérant sa courbure.

Le mouvement est logé dans un fond vissé en deux parties, ce qui lui permet d'atteindre une étanchéité de 100 mètres. Vous remarquerez également un numéro de série unique gravé sur le fond du boîtier, correspondant à celui figurant sous les cornes, à l'instar des voitures classiques aux « numéros correspondants ». Le design Aera est pensé sous tous les angles, c'est pourquoi nous avons passé trois ans à perfectionner la forme des cornes au poignet, afin que chaque montre soit confortable à porter tout au long de la journée. Les montres de terrain ont toujours été des équipements durables, sur lesquels comptent ceux qui se trouvent dans des situations compromettantes sur terre, en mer ou dans les airs. La M-1 Dune ne fait pas exception. Comme toutes les montres Aera, son boîtier est fabriqué en acier inoxydable 904L, une alternative plus dure et plus durable à l'acier 316L, utilisé par la grande majorité des horlogers. Notre acier est plus difficile à usiner, mais l'effort supplémentaire en vaut la peine. Il contient plus de chrome et de nickel que les alliages de qualité inférieure, ce qui le rend plus résistant à la corrosion et à une exposition prolongée à des conditions extrêmes. En bref, il est conçu pour durer toute une vie, sa longévité nous rappelant qu'il faut bien utiliser notre temps. La M-1 Dune est limitée à 300 exemplaires, lancés en plusieurs phases.
UN COMMENTAIRE ? À défaut d’être d’une rigoureuse historicité, le narratif « SAS + soleil couchant » est bien amené et plutôt convaincant, et en tout cas plus original que l’incantation rituelle aux légendes militaires colportées par l’horlogerie contemporaine. Il faut compter dans les 1 800 euros pour ce boîtier en acier de 39 mm x 13,1 mm d’épaisseur, étanche à 100 m et animé par un mouvement automatique suisse (Sellita SW216) à remontage manuel, prévu pour 42 heures de réserve de marche. Excellents bracelets italiens pour une montre assemblée en Suisse à défaut d’être Swiss Made…

GÉRALD CHARLES Maestro 2.0 Météorite
Avec la Maestro 2.0 Meteorite, Gerald Charles ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de cette collection. Il s’agit de la première montre météorite GC avec un indicateur de petite seconde, façonnée d’après l’architecture de l’emblématique boîtier de la Maestro. Plus qu’un matériau singulier, la météorite devient une toile propice à l’expression créative qui transpose l’histoire du cosmos en œuvre d’art contemporaine. Sur le cadran se déploie un récit vivant: la puissance, la tension et la transformation saisies à l’instant précis où une météorite entre en collision avec la Terre. Ce message fait écho à l’imagination ludique de M. Gérald Charles Genta, qui considérait le cadran comme une scène d’expression artistique. Ce moment trouve son expression artistique dans deux modèles : le modèle noir qui incarne l’instant de l’impact, avec une météorite sombre révélant des éclats rouges provenant de la platine anodisée et un indicateur de petite seconde à 6 heures au dégradé flamboyant s’anime dans un boîtier en acier Darkblast. Le modèle argenté évoque le calme après l’explosion, le moment où la matière se refroidit et se cristallise, offrant un cadran en météorite argenté à des accents dorés dans un boîtier en acier poli. La météorite utilisée pour la Maestro 2.0 provient de la Muonionalusta, dont l’âge est estimé à plus de 4,5 milliards d’années, ce qui en fait l’un des matériaux les plus anciens trouvés sur Terre. Celle-ci est tombée dans le nord de la Suède, et la quantité de météorite présente sur notre planète est extraordinairement rare, bien plus limitée que celle de l’or ou du diamant. Cette rareté confère à chaque pièce produite une valeur d’autant plus singulière. Qui plus est, le travail de la météorite est un défi délicat. C'est un matériau hautement ferreux, extrêmement dur, qui ne peut être taillé comme la pierre. Seule l’électro-érosion peut lui donner la forme de la Maestro, en le découpant en couches ultrafines. Durant ce procédé, chaque fragment doit rester entièrement immergé dans un liquide protecteur afin d’éviter toute oxydation immédiate. Ce savoir-faire, qui consiste à façonner la météorite selon la géométrie complexe de la Maestro et à graver les rayons de l’explosion à 6 heures avec une précision quasi chirurgicale, représente l’une des expressions les plus avancées de Gerald Charles.

Ce qui a commencé comme une simple demande (un cadran Maestro en météorite - s'est rapidement mué en une vision bien plus ambitieuse. Le PDG Federico Ziviani a mis au défi l’équipe de création de repousser les limites, en exprimant un moment, et pas seulement un motif. Le créateur Octavio Garcia, ami de longue date de la famille Ziviani et chef de l’équipe de création de GC, a collaboré avec M. Genta. Directeur de la création d’Audemars Piguet pendant de nombreuses années, il a rencontré M. Genta lors du 40e anniversaire de la Royal Oak et connaît intimement le langage stylistique de la Maestro. M. Garcia a donc conçu une construction à double strate frappante: une fine plaque de météorite posée sur une plaque de base en aluminium: rouge pour le modèle noir, argentée pour le modèle argenté. Les ouvertures radiales viennent percer le cadran pour révéler la platine de base chargée qui se trouve en dessous, évoquant ainsi les ondes de choc de l’impact. À 6 heures, un affichage sculptural des petites secondes anime l’explosion, tandis que la géométrie emblématique de la Maestro canalise l’énergie vers le haut dans un flux dynamique et ascendant. Les chiffres romains et les index paraissent décalés, inclinés, déplacés, comme s’ils avaient été physiquement repoussés par la force de l’explosion. La finition exclusive Darkblast évoque la fumée et la poudre libérées après l’impact, tandis que les petites secondes sculpturales symbolisent le mouvement perpétuel: l’expansion continue de l’explosion elle-même. « Honorer M. Genta, c’est aussi honorer son utilisation pionnière de l’acier et l’esprit créatif qu’il a libéré. Chez Gerald Charles, réinventer l’histoire fait partie de notre philosophie de l’unicité, et la Maestro 2.0 Meteorite incarne bien cette vision. Ces montres ne sont pas simplement fabriquées avec de la météorite, elles racontent l’histoire de son voyage. En donnant à une météorite vieille d’un milliard d’années la géométrie iconique de la Maestro, nous faisons entrer l’histoire cosmique dans le présent, transformant un fragment de l’univers en art à porter » (Federico Ziviani, PDG de Gerald Charles.
UN COMMENTAIRE ? Cette petite seconde « explosive » sur tapis de météorite est une superbe idée d’Octavio Garcia, sachant que la petite seconde est visuellement particulièrement adaptée à la configuration de ce superbe boîtier asymétrique, pour lequel il faut compter – c’est variable selon les versions – autour des 20 000 euros pour bénéficier d’une telle expressivité stylistique au poignet (boîtier ultraportable en acier de 39 mm x 41 mm x 9 mm d’épaisseur, étanche à 100 m et motorisé par un mouvement automatique de belle prestance, prévu pour 50 heures de réserve de marche. Beau travail – rarement tenté – de déformation graphique des chiffres romains. Une montre on ne peut plus convaincante des immenses champs d’exploration qui s’ouvrent aux horlogers qui veulent bien se donner la peine de prendre des risques…

SWATCH Peachy Weave
Cette montre présente un cadran vert foncé texturé, sublimé par des chiffres blancs, des aiguilles des heures et des minutes bleu clair qui brillent dans l'obscurité et une aiguille des secondes rouge. L'ensemble est logé dans un boîtier orange clair transparent au fini mat. Son bracelet, également orange clair et texturé, s’accompagne d’un passant assorti et d’une boucle transparente mate de la même teinte.
UN COMMENTAIRE ? Une association de couleurs dans le vert et l’orange, avec un résultat ne manque pas d’originalité pour une montre féminine qui ne cache la modestie de ses ambitions (il faut compter dans les 65 euros pour ce boîtier en polymère de 25 mm x 7 mm d’épaisseur, étanche à 30 m et animé par un mouvement électronique). Ainsi passent les saisons avec Swatch, dans un élan qui tend à sublimer les tendances du moment, pour donner « du peps à chaque look »…

MAURICE LACROIX 1975 Master Grand Date Rétrograde
Depuis sa fondation en 1975, Maurice Lacroix a imaginé de nombreuses montres réinterprétant l’affichage du temps. En 1999, la marque présente la Calendar Retrograde, puis trois ans plus tard la Double Retrograde (2002), toutes deux équipées de calibres Maison. Au fil des années, la Manufacture a acquis un savoir-faire approfondi dans le développement de garde-temps dotés de cette complication, garantissant à chaque modèle fonctionnalité, lisibilité et fiabilité. Si les indications rétrogrades demeurent relativement rares dans l’industrie horlogère, Maurice Lacroix est aujourd’hui synonyme de cette complication recherchée. La marque des Franches-Montagnes présente aujourd’hui un nouveau modèle : la 1975 Master Grand Date Rétrograde. Cette montre est équipée d’un large verre saphir bombé qui capte la lumière et améliore la lisibilité. Elle associe une indication rétrograde à un affichage de grande date. En mettant à profit toute son expertise technique, l’équipe créative de Maurice Lacroix a conçu une montre dans laquelle esthétique et fonctionnalité sont pleinement optimisées. La 1975 Master Grand Date Rétrograde est le fruit de ce travail minutieux et son cadran squeletté révèle plusieurs composants habituellement dissimulés. La partie inférieure de la platine principale est visible côté cadran et présente une finition sablée avec un traitement en rhodium noir, mettant en valeur les indications positionnées au-dessus. Les ponts à décor trait tiré, avec une finition rhodiée, reposent sur la platine et créent un élégant contraste chromatique. Les aiguilles des heures et des minutes, de forme trapézoïdale, sont dotées de Super-LumiNova blanche. Lors de la phase de développement, la Manufacture a travaillé le design des ponts côté cadran, en affinant leur épaisseur, en soignant la symétrie et en optimisant la fonctionnalité de l’affichage. Vu de profil, le verre saphir bombé révèle un fascinant jeu de niveaux : profondeur, couleurs, textures et angles, ainsi que plusieurs processus mécaniques en action.

C’est cette approche particulière du design qui confère au modèle une forte cohérence esthétique. Forte de l’expérience acquise avec l’Aikon Master Grand Date, Maurice Lacroix a doté ce nouveau modèle d’une grande date extrêmement lisible. Deux disques indiquent les dizaines et les unités, tandis que le mécanisme reste entièrement visible, permettant d’en admirer le fonctionnement. De la même manière, l’indication rétrograde, placée dans la partie inférieure du cadran, indique le jour de la semaine de façon intuitive. L’aiguille bleue débute son parcours hebdomadaire en indiquant le « lundi », puis progresse vers la droite. À la fin du cycle, à l’issue du dimanche, l’aiguille revient instantanément en arrière pour entamer une nouvelle semaine. En seulement 50 ans, Maurice Lacroix a développé pas moins de 26 calibres Masterpiece ainsi que de nombreux mouvements manufacture alliant fonctionnalité et spectacle mécanique. Pour ce modèle, la Manufacture jurassienne a créé un module exclusif combinant deux complications : une grande date et un affichage rétrograde du jour. Le boîtier en acier inoxydable de 42 mm, enrichi d’une alternance de surfaces brossées et polies, est doté d’un fond transparent permettant d’admirer le calibre Masterpiece ML302, décoré de Côtes de Genève, de perlage et de colimaçon. La montre est associée à un bracelet noir en cuir de veau à texture façon alligator, orné du logo M embossé. Grâce au système Maurice Lacroix Easy Strap Exchange, le bracelet peut être remplacé facilement et sans outils, en quelques gestes simples.
UN COMMENTAIRE ? L’avantage de maisons indépendantes comme Maurice Lacroix, c’est qu’elles poursuivent imperturbablement leur petit bonhomme de chemin, certes sans grand éclat, mais aussi sans faiblesses, ni concessions à l’air du temps. Pour ceux qui aiment les montres squelettées, dont l’enchevêtrement mécanique assume la mise en valeur d’une complication intelligente (la grande date et le jour de la semaine rétrograde, souligné par son aiguille bleue). Il faut compter dans les 7 500 francs suisses (positionnement pas particulièrement attrayant) pour ce boîtier en acier de 42 mm x 12,7 mm d’épaisseur, étanche à 50 m et mécanisé par un mouvement automatique qui propose 38 heures de réserve de marche.

YEMA Skin Diver Slim Bronze CMM.20 (édition limitée)
Équipée de notre calibre Manufacture micro-rotor, la Skin Diver Slim Bronze CMM.20 en édition limitée est une interprétation moderne des modèles skin divers emblématiques YEMA des années 1960. La particularité et la singularité des index du cadran aux formestriangulaires et anguleuses associés à l’intégration de chiffres arabesoffrent une excellente lisibilité. Les index appliqués sont égalementlégèrement surdimensionnés et s’affinent vers le centre du cadran afin de sublimer le jeu d’aiguilles, en forme de flèche pour les minutes, de crayon pour les heures et de lollipop pour la trotteuse. Tous les éléments sont généreusement garnis de Super-LumiNova vert lime d’inspiration vintage et soulignés par un liseré doré. Parfaitementéquilibrés, les index luminescents affirmés et les aiguilles larges serépondent avec une harmonie totale. La base du cadran en émail présente une surface gris foncée en finition mate, renforce le look rétro et contribue à accentuer le jeu de lumière des index appliqués et aiguilles à finition dorée, qui se détachent sur le fond sombre du cadran.La lunette tournante se distingue par son aspect « faded ghost »d’inspiration vintage. Entièrement fabriquée en saphir, elle est en parfaite harmonie avec le cadran gris foncé et la finition brossée du boîtier. Cette lunette redessinée dispose d’une rotation unidirectionnelle, d’une graduation 0-60 et d’un repère luminescent à 12 heures traité avec du Super-LumiNova Grade A, éléments indispensables pour une montre de plongée professionnelle.

Conçue avec les caractéristiques d’une montre de plongée professionnelle, le boîtier en bronze de 39 mm (47 mm de corne à corne) se distingue par ses cornes incurvées de 20 mm et ses finitions brossées en contraste avec ses biseaux polis. Instantanément reconnaissable grâce à l’absence du protège couronne et avec une épaisseur contenue de seulement 10 mm, le boîtier acier a été affiné pour accueillir notre calibre micro-rotor CMM.20, tout en préservant une étanchéité 300 mètres grâce à son fond de boîte saphir et sa couronne vissée. La Skin Diver Slim présente un design de boîtier élégant et sophistiqué tout en gardant les caractéristiques et fonctionnalités des montres de plongée mécaniques modernes. Le fond du boîtier présente un fond transparent en saphir qui permet d’admirer notre calibre Manufacture CMM.20 dans toute sa splendeur ainsi que de préserver une étanchéité de 300 mètres. Chaque boitier est gravé d’un numéro de série unique correspondant à celui de sa carte de garantie 5 ans, et le numéro correspondant de l’édition limitée sur un total de 200 pièces.
UN COMMENTAIRE ? Quel bonheur de retrouver l’esprit des années 1960 dans cette Skin Diver : à l’époque, le mot était inconnu pour désigner les « plongeuses », mais les montres étaient déjà là avec tous les codes sportifs qui ont infusé depuis d’autres univers de l’horlogerie ! Quel plaisir de sorter une montre aux dimensions très justes (boîtier en bronze de 39 mm x 10 mm, étanche à 300 m et alimenté par un des meilleurs mouvements « manufacture » de l’offre contemporaine des micro-rotors, avec 70 heures de réserve de marche pour une précision chronométrique de l’ordre de -3/+7 secondes/jour – on peut l’admirer à travers le fond saphir). Il faut compter dans les 2 300 euros pour cette édition limitée de 200 montres, qui fait revivre l’esprit des belles « plongeuses » de l’âge d’or, au moment précis où elles ont commencé à devenir des montres plus urbaines que strictement professionnelles…

OMEGA Speedmaster Moonwatch (éditions 2026)
Omega débute l'année 2026 avec deux nouvelles montres Speedmaster Moonwatch, chacune réinterprétant le look classique du chronographe avec une configuration de cadran inversée. Les nouveaux modèles sont dotés du cadran à gradins caractéristique de la Moonwatch, assemblé à partir d'une double plaque. La plaque supérieure est polie noire, avec une finition vernie et laquée pour un éclat supérieur, et comprend des cadres de sous-cadrans plaqués rhodium. La couche de base des sous-cadrans est quant à elle blanche, également avec une finition vernie et laquée. La minuterie est transférée en blanc sur le cadran principal, tandis que les sous-cadrans présentent des minuteries transférées en noir. Un détail commun aux deux versions qui renforce l'esthétique inversée et la lisibilité. En combinaison avec le cadran noir et blanc, les nouvelles montres comprennent des lunettes en céramique noire remplies d'une échelle tachymétrique en émail blanc. La face avant est dotée d'un verre saphir bombé résistant aux rayures et traité antireflet. Au poignet, les montres se distinguent par leurs bracelets polis-brossés, créés dans le style Moonwatch standard et dotés du système de réglage confortable breveté par Omega.

Les deux modèles de 42 mm de la gamme comprennent une version en acier inoxydable. Toutes les aiguilles et tous les index sont rhodiés et recouverts de Super-LumiNova blanc. Également, une version en or Moonshine 18 carats, l'alliage d'or jaune durable propre à Omega. Le cadran comprend des aiguilles des heures et des minutes, des aiguilles de sous-cadrans et des index, tous en or Moonshine 18 carats avec Super-LumiNova blanc, ainsi qu'une aiguille centrale de chronographe en or Moonshine PVD. Ces montres Speedmaster Moonwatch Professional sont toutes équipées du calibre Omega Co-Axial Master Chronometer 3861, l'évolution la plus avancée du célèbre calibre 321 auquel les astronautes de la NASA ont fait confiance sur la Lune. Cette qualité mécanique permet aux montres de bénéficier d'une garantie de 5 ans, ainsi que de la certification Master Chronometer qui garantit le plus haut niveau de précision, de performance et de résistance magnétique de l'industrie horlogère suisse.
UN COMMENTAIRE ? Inusable Speedmaster qui se regénère saison après saison, dans une fantastique variété de cadrans qui racontent tous une partie du non moins fantastique récit du débarquement sur la Lune (six réussis au bilan de la Speedmaster) et une part de la légende horlogère du XXe siècle centrée autour de cette montre. Il faut compter un peu plus de 10 000 euros pour la version en acier (48 000 euros pour la version en or « Moonshine ») dans son boîtier de 42 mm x 13,3 mm, étanche à 50 m et dotée d’un mouvement chronographe co-axial à remontage manuel certifié au plus haut niveau de chronométrie possible et avec le meilleur niveau de protection paramagnétique possible en Suisse. Les années passent et la Speedmaster raffermit chaque année son statut iconique en attendant de fêter les six décennies du débarquement sur la Lune…

COORDINATION ÉDITORIALE : JACQUES PONS

