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REPÉRAGES #01-2026 (accès libre)
Sept avis personnels sur sept nouvelles montres de ce début d’année

En toute transparence, avant d’être commentées et appréciées, ces nouveautés sont expliquées dans la jamais trop fleurie « langue de boîte » – cette langue de bois des « boîtes » d’horlogerie, celle de nos « amies les marques » ! Dans tous les styles et à tous les prix, venues de Suisse ou d’ailleurs, au masculin comme au féminin, que va-t-on découvrir dans les vitrines ? Quand on aime, on ne compte pas ! Voici donc le premier épisode de notre panorama des nouveautés de l’année 2026, avec nos commentaires critiques sur sept montres de sept marques : Breguet, Dior, Hublot, Momentum, Pequignet, Richard Mille et Unimatic…


Cette chronique vise à vous signaler quelques nouveautés parmi toutes celles qui affluent dans les vitrines horlogères : c’est, à ce jour, la plus complète des recensions que proposent les médias spécialisés, avec un peu plus de 2 000 pièces présentées chaque année. Soit, en moyenne, à peu près cinq nouveautés proposées par jour du calendrier : c’est exceptionnel – et même unique dans le paysage horloger ! Ces nouvelles montres sont commentées une par une : nous ajoutons à ces présentations des évaluations personnelles critiques, forcément subjectives et généralement pas complaisantes, mais toujours sincères, en bref, en vrac et toujours en toute liberté. Dans le formidable tsunami des nouveautés horlogères, cette sélection est déjà, en soi, une élimination du pire ou de l’insignifiant : il ne faut donc pas s’étonner que le meilleur y soit commenté plutôt positivement. Tout le monde l’aura compris : les absents ont toujours tort !

RICHARD MILLE RM 33-03

La nouvelle RM 33-03, montre automatique ronde fidèle aux exigences techniques et esthétiques sans compromis de la marque, illustre sa quête d'évolution constante. Succédant à la RM 33-02, elle gagne en complexité tout en préservant son ergonomie unique. Ici, les lignes sportives du boîtier tonneau viennent s’inscrire dans l’équilibre naturel d’une montre ronde. « Comme pour chaque montre de la collection, la synthèse entre élégance, technicité et ergonomie incarnée par la RM 33-03 témoigne de l’attention minutieuse portée à saconception », ajoute Cécile Guenat, directrice de la Création et du Développement chez Richard Mille. Au cœur de la RM 33-03 Automatique bat le nouveau calibre RMXP3 automatique squeletté, dont le micro-rotor monobloc décentré façonné en platine massif a permis un profil de seulement 3,28 mm. Monté sur des roulements à billes en céramique et à remontage bidirectionnel, ce rotor délivre une énergie optimale tout en préservant la compacité de l’ensemble du mouvement. Ce dernier repose sur une platine en titane traitée Titalyt, un procédé d’oxydation par électro-plasma qui renforce la dureté et la résistance du matériau. Réalisés dans le même titane, les ponts sont intégralement revêtus de PVD noir. L’alliance de ce matériau et de traitements de surface confère à l’ensemble une rigidité idéale et assure une planéité parfaite, conditions essentielles au bon fonctionnement du train derouage et à la précision de la mesure du temps. Une telle ingénierie de précision requiert un savoir-faire parfaitement maîtrisé, les composants fins étant naturellement sujets à la flexion et aux vibrations sous les contraintes mécaniques de l’usinage et les variations thermiques rencontrées lors des étapes de fabrication et de finition.

Autour du calibre prend place un disque de date en titane traité PVD noir. Semi-instantanée, la date apparaît au-dessus du guichet de couleur blanche situé à 5 heures. Fait rare chez Richard Mille, l’affichage de la petite seconde prend place à 6 heures – une complication traditionnelle qui, au-delà de son aspect esthétique, anime subtilement le cadran par son mouvement délicat. Cette mécanique s’anime grâce à un balancier à inertie variable oscillant à une fréquence de 3 Hz. Quatre petites masses disposées autour du balancier permettent l’ajustage très précis de la fréquence d’oscillation sans modifier la longueur du spiral. Cet organe régulateur contrôle avec précision l’énergie délivrée par le barillet à rotation rapide, assurant une réserve de marche de plus de 40 heures. Bien sûr, chaque montre Richard Mille conserve les techniques traditionnelles de Haute Horlogerie telles que le sablage, le microbillage, le satinage ou encore l’anglage, toutes réalisées à la main par des artisans. « L’idée est de mettre en valeur les volumes du calibre, précise Cécile Guenat. Par ailleurs, les pleins et les vides créés par l’importante squelettisation du mouvement participent à un jeu d’ombre et de lumière. » Soulignant l’architecture tridimensionnelle du calibre, les chiffres en or rouge 5N 18 carats montés sur des rails en titane positionnés entre le rehaut et le mouvement donnent l’illusion de flotter au-dessus du calibre. Véritable prouesse technique par sa finesse, ce cadran, à l’image des ponts, allie technicité et fonctionnalité. Déployé sur l’ensemble du calibre, il guide naturellement le regard vers le compteur de petite seconde.

La RM 33-03 Automatique s’inscrit dans la continuité esthétique de son prédécesseur, dont elle fait évoluer les codes. Des matériaux innovants comme le titane et le Carbone TPT participent pleinement à l’identité de cette pièce : visuellement saisissants, ils se distinguent en outre par leur extrême légèreté et leur résistance aux rayures. Qu’il soit en Carbone TPT ou en titane grade 5, le boîtier se démarque par les lignes épurées de son design sportif, fusionnant la courbure emblématique des boîtiers tonneau de la marque avec les caractéristiques distinctives de ses montres rondes. Assemblée à l’aide des célèbres vis spline en titane propres à la marque, la structure tripartite du boîtier associe des finitions satinées et polies. Les deux versions affichent un diamètre de 41,7 mm pour une épaisseur de seulement 9,7 mm, des dimensions qui garantissent leur adaptation parfaite à tous les poignets tandis que leur extrême légèreté les fait presque oublier au porter. Prolongeant ces lignes uniques, celles du bracelet avec leurs crénelures à 6 et 12 heures créent une dynamique résolument originale. Fuyantes, elles contribuent à transmettre l’énergie du dessin du boîtier. La RM 33-03 Automatique est disponible intégralement en titane ou en Carbone TPT avec une carrure en or rouge, perpétuant la tradition Richard Mille de conjuguer matériaux d’exception et innovations techniques. Une alliance fidèle à la philosophie de la marque, faisant de la nouvelle RM 33-03 Automatique une leçon de confort contemporain au service d’un esthétisme et d’une technologie de pointe.

UN COMMENTAIRE ? Extension du territoire de la lutte chez Richard Mille, la gloire planétaire de l’horlogerie française, qui fait une infidélité à ses boîtiers tonneau fétiches avec une tentative [ce n’est pas la première] du côté des montres rondes avec cette RM 33-03 automatique dont le superbe boîtier en titane (41,7 mm x 9,7 mm d’épaisseur, étanche à seulement 30 m) abrite un mouvement automatique à microrotor en platine dont la minceur – 3,2 mm d’épaisseur – permet tout de même 42 heures de réserve de marche. Une montre très réussie, qui existe également dans une version carbone/or rouge, que Richard Mille nous propose autour des 140 000 euros (la version carbone/or rouge va chercher dans les 175 000 euros) : un prix très élevé, mais en phase avec l’offre général de Richard Mille, marque préférée des oligarques de cette planète. L’identité Richard Mille est confirmée par les vis présentes sur la lunette et par l’architecture très soignée du cadran ouvert sur le mouvement : le jeu des courbes qui s’équilibrent sait rester d’une rondeur fatale ! La qualité du design de cette Richard Mille qui a choisi de tourner rond est impressionnante dans son expression d’un style formel qui se rapproche du néo-classicisme tout en se permettant d’en transmuer les codes. On appréciera, entre quatre et cinq heures, le style oblong du guichet de la date et on ne regrettera finalement que l’étanchéité limitée, qui empêchera cette RM 33-03 d’être couronnée comme une des reines de la catégorie « sport chic »…

PEQUIGNET Royale Paris Manuelle 39,5 mm

La Royale Paris 39,5 mm se décline en une nouvelle version à remontage manuel. Avec elle, le temps se vit tout autant qu’il se mesure. Le remontage manuel instaure un rituel quotidien qui apporte à cette montre élégante, une dimension profondément personnelle. Il fait naitre une expérience presque intime avec celui qui la porte. Il offre à la Royale Paris Manuelle 39,5 mm toute la beauté d’un geste précis.Entièrement revisitée en 2025, la Royale Paris se distingue par un boîtier au design affirmé, caractérisé par ses cornes rapportées. Chaque détail a fait l’objet d’une attention extrême. La finition du boîtier poli-satiné offre un jeu subtil de textures et de reliefs. Elle est l’expression d’un travail de la matière exigeant et maîtrisé. On retrouve le cadran très architecturé si singulier, avec sa gouge circulaire sur son pourtour et sa petite seconde placée à 6 heures. Son centre estélégamment grainé. La version Royale Paris Manuelle 39,5 mm estdisponible exclusivement en blanc opalin. Une couleur qui signe cette montre à l’élégance sobre et intemporelle. La montre est animée par le prestigieux Calibre Royal Manuel, deuxième mouvement manufacturede la Maison Pequignet. Il offre une réserve de marche exceptionnelle de 100 heures. Comme toutes les Royale Paris, cette version àremontage manuel est équipée de bracelets inter- changeables qui encouragent à la personnalisation. La Royale Paris Manuelle 39,5 mm est emblématique de l’expression d’un luxe discret, d’un geste précis.

UN COMMENTAIRE ? Une bien jolie montre, très française d’esprit par la mesure de son architecture néo-classique, très hivernale avec son style givré et très raisonnable compte tenu d’un prix annoncé à partir de 3 900 euros (boîtier en acier de 39,5 mm x 11,5 mm d’épaisseur, étanche à 50 m et animé par un mouvement « manufacture » à remontage manuel pour 100 heures de réserve de marche). On pourra admirer la qualité de réalisation du cadran argenté/gréné, bien équilibré dans sa géométrie et cerné par une élégante creusure que rythment les index biseautés…

BREGUET Expérimentale 1

La manufacture Breguet annonce la création d’une ligne qui portera en elle les dernières innovations de la Recherche et Développement Breguet. Baptisée « Expérimentale », elle s’incarne par une première montre-bracelet au design novateur et audacieux. Elle prend la forme d’une pièce Marine. Réalisé en or Breguet, ce garde-temps se dote du tout premier tourbillon à échappement magnétique à haute fréquence (10 Hz) et avec une force constante transmise au balancier. Elle est certifiée du poinçon Breguet. La recherche et le développement sont au cœur de nombreuses créations Breguet depuis 250 ans. C’est l’esprit insufflé par Abraham-Louis Breguet lui-même, auteur à partir de 1775 de la plupart des inno­vations horlogères contemporaines : tourbillon, montre perpétuelle, échappement naturel,échappement à force constante, seconde d’observation (qui donnera vie au chronographe), pare-chute, spiral à courbe terminale Breguet, ressort-timbre (pour les montres à sonnerie), première montre-bracelet, etc. Pour matérialiser cette démarche de progression continue, la manufacture a souh­aité développer une collection parallèle à celles déjà existantes, baptisée Expérimentale. Cette série de pièces spéciales rend hommage aux créations d’A.-L. Breguet qui pass­aient toutes par une phase, parfois longue, d’expérimentation. Cette collection expérimentale est conçue pour accueillir les derniers développements techniques et esthétiques de la maison. C’est, dès aujourd’hui, un aperçu de ce que sera l’horlogerie Breguet de demain. C’est aussi, pour les collectionneurs, l’occasion d’acquérir en avant-première des garde-temps de très haut niveau, en série strictement limitée, dont le contenu scientifique sera développé dans les collections ultérieures de la maison.

La première pièce de cette nouvelle ligne constitue le dernier chapitre des célébrations des 250 ans de la manufacture Breguet. Mais c’est, dans le même temps, le chapitre introductif de son avenir. Une création inaugurale dont la vocation est de paver le futur de la maison. L’Expérimentale 1 n’est d’ailleurs pas une réalisation spontanée : elle est elle-même le fruit de nombreuses années de R&D qui, dans l’ombre, ont donné vie aux montres actuelles que sont notamment les Classique, Tradition, Marine et Type XX. Le programme Expérimentale vise à mettre dorénavant en lumière cette R&D qui éclaire l’horlogerie de ses travaux sur les matériaux, l’électromagnétisme, la mécanique vibra­toire ou l’acoustique. Pour ce premier volet, la manufacture Breguet a matérialisé deux intentions. La première, fondamentale, mère de toutes les batailles techniques, est la quête de la précision. La seconde consiste à dresser un pont entre héritage et avenir. La démarche se déploie pour cela dans le cadre du 250e anniversaire de la maison. Souligner le caractère historique de l’Expérimentale 1 est apparu comme une évidence. Ce lien mémoriel s’incarne par l’inscription de la pièce dans la collection Marine. Rappelons qu’après sa nomination au Bureau des longitudes de Paris en 1814, A.-L. Breguet se voit décerner par Louis XVIII le titre d’Horloger de la Marine royale. Cette distinction est la plus prestigieuse qu’un horloger pouvait recevoir, tant la notion même d’horlogerie de marine impliquait de compétences scientifiques. C’est dans la continuité de cette consécration que se place l’Expérimentale 1. Elle remet à son tour au premier plan les avancées techniques qui écrivent dès aujourd’hui les futurs chapitres de la haute horlogerie. L’Expérimentale 1 repose sur plusieurs fondations esthétiques. Elles se complètent et dialoguent en un tout unique et harmonieux. Pour ce premier opus, les designers ont pris inspiration dans l’histoire de la collection Marine. L’Expérimentale en reprend certains codes : boîtier sportif, cornes rapportées, bracelet caoutchouc (pour la première fois interchangeable), et un soin maximal apporté à la lisibilité - toutes les indications sont luminescentes. D’un point de vue historique, elle interprète les codes esthétiques de la référence 3448, notamment au niveau de son affichage cadran et de l’architecture de son mouvement. Plus loin, l’Expérimentale 1 trouve écho auprès de la référence 1747, créée en 1997, année marquant le 250e anniversaire de la naissance d’A.-L. Breguet. Il s’établit ainsi une correspondance naturelle avec l’Expérimentale 1, révélée en 2025 pour les 250 ans de la naissance de la manufacture qui porte son nom depuis 1775. Autre lien manifeste : la 1747 était la première montre-bracelet à affichage type Régulateur de l’histoire récente de la maison. L’Expérimentale 1, elle aussi de type régulateur, en est la fille légitime. La filiation se termine enfin par l’authentique Chronomètre de Marine N°104 réalisé en son temps par A.-L. Breguet. Le grand horloger est, à l’époque, exilé de France, où gronde la Révolution. La pièce est commencée dans l’atelier qu’il avait créé provisoirement au Locle. Le N°104 est le premier chronomètre de marine connu de Breguet, comme l’Expérimentale 1 est la première pièce de pure R&D signée Breguet ; enfin, le N°104 fait usage de chiffres arabes Breguet (les chronomètres de marine ultérieurs auront des chiffres romains), dont l’Expérimentale 1 fait également emploi.

Sur le plan technique, c’est avec la même évidence que s’est imposé le choix des singularités qui concourent à une meilleure précision. La précision était, et restera, le moteur de l’innovation Breguet. C’était la raison d’être de la quasi-totalité des innovations d’A.-L. Breguet, horloger ayant œuvré toute sa vie au perfectionnement de l’art horloger. On note d’ailleurs que Breguet n’a de son vivant déposé que de rares brevets - l’é­poque l’exigeait peu. Deux ont marqué leur temps. Le premier, sur la force constante, le 9 mars 1798. Le second, sur le tourbillon, le 26 juin 1801. Deux siècles plus tard, la manufacture Breguet reprend à son tour la route du grand horloger en poussant plus loin ces deux travaux fondamentaux sur le tourbillon et l’échappement à force constante. Ils constituent, avec l’échappement magné­tique, le cœur de l’Expérimentale 1. Ses composantes ont été pensées, comme les créations originales d’A.-L. Breguet, pour apporter une véritable valeur ajoutée au produit. L’Expérimentale 1 inaugure le chemin vers une nouvelle ère horlogère où la maison mettra en valeur les fruits de ses recherches horlogères et scientifiques. La quête de précision ne peut se résumer à un problème unique, avec une solution unique. Elle combine au moins trois variables. La première : la constance de l’amplitude du balancier. Ce dernier se place en aval du barillet, dont le couple diminue à mesure que la réserve de marche se réduit. Il est donc par nature très délicat pour le balancier de conserver une amplitude constante si l’énergie qu’il reçoit ne l’est pas. La deuxième : l’influence de la gravité terrestre. Elle influence particulièrement l’ensemble du régulateur (balancier et spiral), affectant sa marche. La troisième : la résistance aux chocs. Toute montre contemporaine subit des accélérations traduites en multiples de l’accélération gravitationnelle terrestre « g ». Plus brutalement, elle peut endurer des chocs - le simple fait de poser sa montre sur une surface dure en est un. Chaque choc et chaque mouvement pénalise la marche régulière de la montre. Et affecte donc sa précision. Poser les termes de cette équation horlogère permet de comprendre les trois choix techniques retenus par Breguet pour les résoudre. Ils sont réunis dans une seule et même solution, aussi élégante qu’ingénieuse : un tourbillon 10 Hz à échappement magnétique à force constante. Le magnétisme : il permet de donner au balancier une impulsion stable sur l’en­semble de la réserve de marche. Mais également de découpler la fonction d’impulsion de la rotation de la roue d’échappement, de la cage de tourbillon et du reste du rouage. Le tourbillon brasse en 60 secondes les diffé­rentes positions verticales que peut prendre la montre. Il permet donc de moyenner naturellement les variations de marche dues à la gravité La haute fréquence permet au balancier de revenir plus rapidement à son amplitude normale après avoir été perturbé par un choc.

Depuis le début des années 2010, la manufacture n’a donc cesséde perfectionner sa maîtrise du champ magnétique. Il est au­ jourd’hui étendu à l’usage de l’échappement, mais son principe fondateur reste le même : créer un champ et des interactions magnétiques maitrisés. Il s’agit ici de deux roues d’échappement dotées chacune d’une piste magnétique, au centre desquelles bat une ancre avec palettes magnétiques également. L’idée est de s’inspirer des échappements à force constante. Au-dessous d’un certain couple de fonctionnement, le tourbillon s’arrête très rapidement. Au-dessus de ce seuil, le balancier oscille à son amplitude maximale. Ce nouvel échappement permet également de découpler les impulsions transmises au balancier, la rotation de la roue d’échappement et donc du reste du rouage. L’inertie de la cage de tourbillon n’a, contrairement à un mouvement à ancre suisse, presque plus aucune influence. C’est en découplant ces deux fonctions que Breguet a su réaliser un tourbillon doté d’un oscillateur à 10 Hz dans de telles dimensions, laissant également libre cours aux choix de design en plaçant par exemple son balancier déporté du centre de rotation de la cage. Grâce à cette fréquence élevée, la rotation de l’ensemble du tourbillon se fait avec une telle fluidité que les pas sont imperceptibles pour l’œil. Comparé à la plupart des tourbillons traditionnels cadencés à 2,5 Hz, c’est donc un saut d’un facteur 4. Cette fréquence, 10 Hz, est même très largement supérieure à la plupart des échappements à ancre suisse classiques, sans tourbillon, dont la quasi-totalité bat à 3 ou 4 Hz. Le tourbillon à échappement magnétique 10 Hz est ainsi plus stable et plus précis que la plupart des montres-bracelets contemporaines. La montre-bracelet Expérimentale 1 est d’ailleurs certifiée du poinçon Breguet, catégorie « Scientifique », soit avec une précision de marche garantie sur 24 heures de +/- 1 seconde. La construction du mobile d’échappement est également atypique. Entre ses deux roues d’échappement équipées d’une piste magnétique, une roue d’arrêtage intermédiaire assure en outre que le dispositif ne subisse aucun saut non désiré. Les autres composants du tourbillon sont, pour la plupart, amagnétiques, afin d’éviter toute interaction pouvant perturber le bon fonctionnement de celui-ci. Ainsi, le spiral est en silicium ; la roue de seconde fixe, en LIGA (NiP12) ; les autres composants, en titane (grade 2, grade 5) ou nivagauss.

L’Expérimentale 1 s’exprime au travers d’une boîte en or Breguetde 43,5 mm de diamètre. C’est un format inspiré des canons de la collection Marine. Côté design, la pièce s’inspire de la montre de poche 3448. Elle en reprend les codes, l’affichage type régulateur et la symétrie du mouvement, pour les porter à un niveau inédit, en fusionnant face et envers. L’Expérimentale s’affiche pleinement. Grâce à un cadran en saphir, il est donc possible de voir l’intégralité du mouvement. L’affichage est de type régulateur : heures à 6 heures, minutes décentrées, secondes sur le tourbillon à midi. Cet affichage, déjà éprouvé en son temps par A.-L. Breguet, permet une meilleure lecture de l’heure, et concourt ainsi à la précision d’usage de la montre. L’Expérimentale 1 reprend aussi à son compte un double barillet breveté, comme la Breguet N°3448, mais cette fois à deux étages montés en série, composés chacun d’un double ressort séparé par une entretoise en saphir, et disposé de part et d’autre de l’axe des minutes, à 3 et 9 heures. Ce mécanisme à double ressort permet d’obtenir la meilleure optimisation énergétique par rapport à l’encombrement à disposition. On retrouve enfin des codes traditionnels et retravaillés d’une montre Breguet : carrure cannelée à doubles biseaux, 6 cornes rapportées dont deux pour le mécanisme d’interchangeabilité, les quatre autres sont facettées alternant des finitions polies sablées et satinées ainsi qu’un insert en or Breguet traité ALD bleu, aiguilles bleues à pomme évidée et SLN, signature secrète sur le cadran saphir, chiffres Breguet. Mais, au-delà, le lexique esthétique de l’Expérimentale 1 est complètement réinventé. On note en premier lieu la construction des ponts en or massif, dont les courbes douces ont cédé la place à une géométrie à angles vifs. Leur surface est satinée. Tous les angles sont repris et polis miroir main pour accentuer la rigueur de leur motif. L’or Breguet, ainsi associé au revêtement bleu Marine, se révèle dans toute sa complexité, avec chaleur, éclat et intensité. On note aussi la teinte bleue des ressorts de barillet, une première chez Breguet. `Le cadran en saphir repose sur quatre piliers en or. Il porte les indications horaires, formées par trois cercles liés et luminescents. La grande minuterie périphérique enserre la ronde des heures, à 6 heures. Le tourbillon, lui, semble s’en échapper. À midi, il trône, libre, aux deux tiers dans la minuterie, au dernier tiers au-dessus d’elle. C’est là, à l’aplomb de la platine en or Breguet, que la manufacture a choisi d’implanter le cartouche Expérimentale 1, coiffant symbo­liquement la totalité de la composition - et plus particulièrement son tourbillon à échappement magnétique 10 Hz à force constante. Ce dernier se constitue d’un large pont poli bercé, au centre duquel repose la petite seconde.

UN COMMENTAIRE ? Une nouvelle ligne de haute horlogerie prospective, soit un positionnement original pour une manufacture qui dispose de nombreux dossiers techniques d’avant-garde, initialement destiné à une super-méga-complication mécanique qu’il s’agissait de dédier à Nicolas Hayek : faute de pouvoir compiler intégrer dans une même montre mécanique assez d’avancées mécaniques pour surpasser la fameuse « montre Marie-Antoinette », on va donc les débiter par tranches ! Il faut compter dans les 320 000 euros pour ce boîtier musclé en « or Breguet » de 43,5 mm x 13,3 mm d’épaisseur, étanche à 100 m et animé par un mouvement à remontage manuel à double barillet qui dispose de 72 heures de réserve de marche). Cette montre à affichage de type régulateur est le premier échappement magnétique à force constante de l’histoire horlogère. Intéressant tourbillon 10 Hz utilisé comme base de temps principale…

UNIMATIC Modello Tre Fixed Bezel Rally (U3FB-AAS)

Unimatic présente deux éditions spéciales développées en collaboration avec Automobili Amos, créées spécialement pour le rallye East African Classic Safari 2025 auquel participera le fondateur d'Automobili Amos participera. Conçues pour résister aux conditions extrêmes de l'un des rallyes d'endurance les plus difficiles au monde, la Modello Tre Fixed Bezel réf. U3FB-AAG en Verde Foresta et la Modello Tre réf. U3FB-AAS en Safari Dust allient l'héritage du sport automobile au design emblématique d'Unimatic. Développée en collaboration avec Automobili Amos, maître de la culture italienne du restomod, cette édition reflète l'esprit anti-conformiste et artisanal de la marque et marque la troisième collaboration entre les deux maisons. Les deux références sont construites autour de la plateforme Modello Tre à lunette fixe, avec un boîtier de 40 mm en acier inoxydable 316L sablé, une lunette monobloc fixe avec un tachymètre profond gravé à l'acide et un chronographe discret à sous-cadran. Conçues pour le chronométrage des rallyes, les montres utilisent le calibre mécano-quartz VK64. L'heure est affichée par des aiguilles des heures et des minutes fantômes remplies de Super-LumiNova® GL orange foncé, associées à une aiguille des secondes inversée et à des accents chronographes orange safari pour une visibilité maximale lors des étapes poussiéreuses et sous une lumière changeante.

Un verre saphir antireflet à double dôme de 2,5 mm, des poussoirs vissés robustes de 5,5 mm, une couronne vissée de 8 mm et des joints de haute qualité garantissent la fiabilité dans des conditions difficiles, chaque montre étant testée individuellement à une pression de 300 mètres. Les cadrans reflètent l'environnement du rallye lui-même : la version Verde Foresta évoque l'intensité du vert profond des terrains boisés d'Afrique de l'Est, tandis que la couleur Safari Dust s'inspire des étapes désertiques brûlées par le soleil et des pistes de gravier ocre. Les deux variantes présentent des rails des secondes couleur sable, des bordures orange subtiles et le minimalisme précis et fonctionnel caractéristique du langage chronographe d'Unimatic. Chaque pièce est équipée d'un bracelet à double boucle rapide en TPU de couleur assortie, Verde Foresta pour le modèle U3FB-AAG et Safari Dust pour le modèle U3FB-AAS, avec des éléments métalliques sablés signés UNIMATIC. Le fond vissé solide porte l'emblème du volant Automobili Amos gravé ainsi que son numéro individuel progressif. Les montres sont livrées dans un étui robuste Unimatic x Automobili Amos, accompagnées d'une carte de garantie avec un sceau d'identification unique et couvertes par une garantie mondiale de 24 mois.

UN COMMENTAIRE ? Peu importe que cette montre soit dédiée à l’atelier automobile italien Automobili Amos, qui voulait une édition limitée pour sa participation au rallye d’endurance East African Classic Safari : ce qui est important, c’est qu’elle soit plus Unimatic et italienne que jamais dans son identité ! Et ce chronographe l’est dans son boîtier en acier satiné/sablé de 40 mm x 12,9 mm d’épaisseur sans le dôme, étanche à 300 m, avec sa lunette tachymétrique fixe, son cadran Safari Dust deux compteurs aux accents orangés [un intéressant « style safari »] sous un épais verre en dôme et son mouvement mécaquartz VK64 – la référence du genre, avec une précision de l’ordre de vingt secondes par mois pendant au moins trois ans ! Au poignet, l’allure de cette Modello Tre Fixed Bezel Rally (U3FB-AAS) est à la fois très classique, mais on devine très vite qu’il y a quelque chose de plus dans cette montre : question de couleur, question de sobriété, question de grande classe horlogère. La preuve de cette originalité : l’aiguille « sucette Lolipop » des secondes est inversée – pointe en avant ! Avec ce parti-pris orangé, qui est exactement la couleur du soleil qui se couche sur la savane, une montre qu’on a tout de suite très envie de tester dans la poussière des pistes africaines : Heia Safari !

MOMENTUM M-Ocean Eclipse Solar

Conçu pour les poignets plus petits sans compromettre les performances, le M-Ocean Eclipse Solar intègre toutes les capacités de montre de plongée dans un boîtier élégant de 38 mm. Alimenté entièrement par la lumière, il n'a jamais besoin d'une batterie. Le verre saphir pratiquement anti-rayures et le cadran Super-LumiNova le rendent facile à lire dans n'importe quelle lumière, tandis que la lunette unidirectionnelle précise et la couronne vissée offrent une étanchéité fiable à l'eau de 200 m (660 pied)s. Assez résistant pour les plongées en eau libre, assez raffiné pour un usage quotidien. Soutenu par la garantie solaire simple de 6 ans de Momentum, l'Eclipse Solar est disponible avec un élégant bracelet en acier, un bracelet en caoutchouc classique ou un bracelet en caoutchouc Goma lisse de fabrication italienne pour un look élégant.

UN COMMENTAIRE ? Une « plongeuse » très classique, qui se distingue cependant par sa technologie « solaire » (remontage par la lumière du soleil ou d’un éclairage électrique : mouvement japonais Seiko-Epson VS22) et un prix très attractif (il faut 255 euros pour ce boîtier de 38 mm x 11,5 mm étanche à 200 m et alimenté par toute énergie lumineuse). Franchement, que pourrait-on exiger de plus de pour la moitié d’un billet de 500 euros ?

HUBLOT Classic FusionYohji Yamamoto All Black Camo

Hublot et la légendaire marque japonaise Yohji Yamamoto s’associent une fois de plus pour redéfinir l’art du noir. Pour la quatrième fois depuis leur première collaboration en 2020, ils permettent au noir d'être plus qu’une simple couleur, et de devenir la Classic Fusion YohjiYamamoto All Black Camo. Cette édition est limitée à 300 exemplaires, où chaque texture et chaque contraste ne sont pas laissés au hasard. La céramique noir mat sculpte le boîtier de 42 mm en lui conférant lumière et profondeur, tandis qu’un motif camouflage monochrome vient lui offrir rythme et mouvement. Le tissu et le caoutchouc, quant à eux, se fondent harmonieusement dans le bracelet. Cette collaboration va au-delà de la mode ou de l’horlogerie. C’est une question de vision. Jusqu’où peut-on dépouiller un objet pour n’en garder que l’essence ? Hublot et Yohji Yamamoto ont bâti leur héritage sur les mêmes fondements : remettre en question la véritable signification du luxe. Les deux créent par la déconstruction. Hublot a rompu pour la première fois avec la tradition suisse en 1980 avec son Art de la Fusion, alliant l’or au caoutchouc et ainsi l’innovation à l’héritage. Depuis ses débuts lors de la Paris Fashion Week en 1981, Yohji Yamamoto a redéfini les conventions de la mode, utilisant le noir comme une réponse à l’excès et aux normes du chic.

Pour les deux créateurs, le noir n’est pas une absence, c’est une essence. Hublot a été le pionnier du concept All Black en 2006, lorsque la marque a choisi de définir la lumière par le volume et la texture, au-delà de la couleur. Lorsque Yohji Yamamoto a présenté pour la première fois sa collection à Paris en 1981, ses silhouettes noires ont été considérées comme révolutionnaires, une déclaration antimode qui séparait clairement la création de l’ornementation. Chez Hublot, le noir est sculpté à travers la matière : céramique mate, saphir fumé, surfaces qui jouent avec les ombres. Pour Yohji Yamamoto, le noir est tissé dans le tissu : laine, soie et coton se superposent pour permettre la respiration et le mouvement. Tous deux traitent le noir comme à la fois visible et invisible. « Pour Yohji Yamamoto, le noir révèle ce qui compte vraiment, il purifie la forme, laissant parler la silhouette et la texture. Chez Hublot, nous traitons le noir comme un matériau vivant, sculpté, superposé, plissé, dans lequel chaque surface interagit différemment avec la lumière. Ce projet marque notre toute première collaboration sur un modèle Classic Fusion, et ensemble, nous partageons la conviction que le luxe n’est pas ce qui brille, mais ce qui dure », a déclaré Julien Tornare, Hublot CEO.

Le camouflage, réinventé dans l’esthétique de Yohji Yamamoto, permet une étude du mouvement et de la matière. Sur la Classic Fusion Yohji Yamamoto All Black Camo, le motif apparaît sous forme de relief monochrome, noir sur noir, dynamique sous une lumière changeante. « Le noir est à la fois discret et arrogant », affirme Yohji Yamamoto. Le boîtier en céramique noir mat de 42 mm absorbe la lumière et sculpte les ombres. Le cadran camouflage noir sur noir change subtilement d’aspect en fonction des mouvements, animé par le contraste. Le fond de boîtier en saphir fumé dévoile le calibre automatique Hublot MHub1110 et son rotor squeletté tout en préservant son mystère grâce à une esthétique monochrome. Le bracelet, confectionné à partir de tissu et de caoutchouc, fait écho à la couture tactile du créateur japonais et à la précision technique de Hublot. La signature de Yohji Yamamoto est intégrée au design de chacun des 300 écrins All Black personnalisés.

UN COMMENTAIRE ? Une Hublot résolument classique, mais sans excès, avec cependant une touche avant-gardiste dans le parti-pris achromatique : il faut compter dans les 12 000 euros pour ce boîtier en céramique de 42 mm x 10,4 mm d’épaisseur, étanche à 50 m et motorisé par un mouvement automatique « manufacture » prévu pour 48 heures de réserve de marche). Le cadran « camouflage » noir et gris est très réussi. Reste à savoir si les amateurs de montres sont encore sensibles à un discours disruptif autour du « noir intégral », concept déjà vu et revu au cours de ces dernières années, et si, précisément, ils n’ont pas envie d’un peu de gaieté colorée à leur poignet…

DIOR D de Dior acier/nacre blanche (nouvelle collection 2026)

Reconnaissable au premier coup d'œil grâce à ses courbes raffinées et ses deux aiguilles épurées, La D de Dior, lancée en 2003, est devenue une icône. Première montre-bijou imaginée par Victoire de Castellane, directrice artistique de Dior Joaillerie, elle célèbre la féminité plurielle et la liberté de jouer avec les matières, les couleurs et les proportions. Cette saison, le design s'amuse avec les codes, adoptant des variations résolument modernes. Le Cannage, signature historique et intemporelle de Dior, devient un motif graphique, presque hypnotique. En or ou en acier, ponctuées de diamants, ces pièces exceptionnelles allient virtuosité et élégance. À la fois talisman secret et objet de collection, elles arborent un cadran en nacre irisée qui donne vie à l'abstraction géométrique du motif emblématique. Hommage à la réinvention, ce garde-temps se décline également dans une version arc-en-ciel aux reflets changeants, telle un ruban en mouvement capturant la lumière (édition limitée de 30 montres). Associé à un bracelet en satin rose, il scintille de pierres précieuses : saphirs, améthystes, tsavorites, tourmalines et émeraudes. Icône extraordinaire, il affirme plus que jamais l'excellence et l'audace de la Maison.

UN COMMENTAIRE ? Certes, le mouvement (suisse) est à quartz, mais ce boîtier Swiss Made en acier de 19 mm étanche à 30 m, qui ne compte pas moins de 53 diamants (dont 13 pour la couronne), mérite le détour, ne serait-ce que par sa bonne idée d’intégrer le cannage emblématique de Dior sur la nacre du cadran aussi bien que sur l’acier du bracelet en acier. Les prix varient selon les modèles de cette nouvelle série de très séduisantes D de Dior, disponibles à partir de 4 700 euros…

COORDINATION ÉDITORIALE : JACQUES PONS



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