REPÉRAGES #02-2026 (accès libre)
Sept nouvelles montres commentées dans une ambiance de rentrée
En toute transparence, avant d’être commentées et appréciées, ces nouveautés sont expliquées dans la jamais trop fleurie « langue de boîte » – cette langue de bois des « boîtes » d’horlogerie, celle de nos « amies les marques » ! Dans tous les styles et à tous les prix, venues de Suisse ou d’ailleurs, au masculin comme au féminin, que va-t-on découvrir dans les vitrines ? Quand on aime, on ne compte pas ! Voici donc le deuxième épisode de notre panorama des nouveautés de l’année 2026, avec nos commentaires critiques sur sept montres de sept marques : Cavasino, Credor, Mido, Movado, Swatch, Undone et Vacheron Constantin…
Cette chronique vise à vous signaler quelques nouveautés parmi toutes celles qui affluent dans les vitrines horlogères : c’est, à ce jour, la plus complète des recensions que proposent les médias spécialisés, avec un peu plus de 2 100 pièces présentées chaque année. Soit, en moyenne, à peu près cinq nouveautés proposées par jour du calendrier : c’est exceptionnel – et même unique dans le paysage horloger ! Ces nouvelles montres sont commentées une par une : nous ajoutons à ces présentations des évaluations personnelles critiques, forcément subjectives et généralement pas complaisantes, mais toujours sincères, en bref, en vrac et toujours en toute liberté. Dans le formidable tsunami des nouveautés horlogères, cette sélection est déjà, en soi, une élimination du pire ou de l’insignifiant : il ne faut donc pas s’étonner que le meilleur y soit commenté plutôt positivement. Tout le monde l’aura compris : les absents ont toujours tort !

VACHERON CONSTANTIN Traditionnelle Quantième perpétuel ultra-plate
Vacheron Constantin rend hommage à son riche héritage technique et artisanal avec trois nouvelles interprétations de la Traditionnelle quantième perpétuel ultra-plate présentée dans un boîtier de 36,5 mm pour 8,43 mm d’épaisseur. Les modèles en or rose 18K 5N et en or blanc 18K sont les premières versions non serties de la collection Traditionnelle proposées dans ce diamètre. A ces deux pièces s’ajoute un second modèle en or blanc 18K orné d’une lunette sertie de diamants. Appréciée par les connaisseurs de classicisme horloger pour ses codes esthétiques raffinés et la maîtrise technique dont elle fait preuve, la collection Traditionnelle s’imprègne de cet esprit propre à la Haute Horlogerie du XVIIIe siècle, un esprit qui définit Vacheron Constantin depuis sa fondation en 1755. Avec une esthétique toujours au service de la fonctionnalité, la ligne classique de l’horlogerie traditionnelle se traduit ici en designs contemporains et élégants : boîtier rond à étages, fond cannelé, cornes droites et lunette fine. Les cadrans privilégient l’équilibre, la proportion et la lisibilité, avec minuterie chemin de fer, aiguilles Dauphine facettées et index bâton en or et en appliques.Le quantième perpétuel est profondément ancré dans l’histoire de la Maison. Le premier exemple réalisé par Vacheron Constantin est une montre d’observatoire à calendrier perpétuel de 1884, aujourd’hui conservée dans la collection privée de la Maison. Mécanisme complexe, le quantième perpétuel doit s’ajuster automatiquement aux irrégularités du calendrier grégorien — années bissextiles et longueurs variables des mois — sans nécessiter de correction manuelle avant 2100.

Expression éloquente de la maîtrise technique de Vacheron Constantin, le calibre 1120 QP illustre à la fois l’expertise de la Maison en matière de quantièmes perpétuels et son savoir-faire historique dans les mouvements ultra-plats. Un domaine dans lequel elle a établi plusieurs records de finesse pour les montres-bracelets depuis les années 1930. Les mouvements ultra-plats doivent en effet répondre à un défi technique exigeant qui consiste à atteindre le meilleur équilibre entre finesse des composants et robustesse de la construction. Avec ses 276 composants et seulement 4,05 mm d’épaisseur, le calibre Manufacture 1120 QP à remontage automatique intègre, outre les indications horaires, un quantième perpétuel avec affichage du jour de la semaine, de la date et du cycle de 48 mois avec indication de l’année bissextile, ainsi que l’âge et les phases de lune. En symbiose avec la technicité du calibre, les finitions sont réalisées à la main selon les standards les plus exigeants de la Haute Horlogerie. Bien qu’invisible sous le cadran, la platine est perlée, tandis que le fond saphir dévoile des ponts anglés et décorés côtes de Genève, des chatons à rubis et de vis satinées ainsi que des roues d’engrenage à dents polies. La masse oscillante, également décorée côtes de Genève et ajourée en forme de croix de Malte, emblème de la Maison, est lestée en périphérie d’un segment en or 22 carats pour optimiser le remontage. L’élégance architecturale du mouvement et la qualité irréprochable de ses finitions trouvent leur pendant dans l’esthétique raffinée de la Traditionnelle quantième perpétuel ultra-plate.

Son boîtier de 36,5 mm de diamètre, idéalement proportionné pour les poignets masculins comme féminins, s’inspire des dimensions de la référence 43031 créée en 1983. Lors de son lancement, au plus fort de la « crise du quartz » marquée par un désintérêt croissant pour l’horlogerie mécanique, la référence 43031 a largement contribué à redonner ses lettres de noblesse à la Haute Horlogerie. Considérée comme le quantième perpétuel emblématique de Vacheron Constantin, elle est restée en production durant les deux décennies. Les proportions intemporelles et la silhouette tranchée du boîtier de la Traditionnelle quantième perpétuel ultra-plate sont soulignées par l’esthétique rigoureuse du cadran, en écho à celui de référence 43031. L’accent est mis sur l’équilibre des formes et la lisibilité des compteurs sur le fond opalin argenté traditionnel du modèle. La date, le jour de la semaine et le mois sont indiqués par aiguilles sur trois compteurs circulaires disposés en pyramide symétrique dans la partie supérieure du cadran, tandis que l’affichage combiné de l’âge et des phases de lune prend place à 6h. Le modèle en or rose met l’accent sur la cohérence et l’harmonie entre le boîtier, les aiguilles Dauphine facettées et les index bâton, tous façonnés en or rose 18K 5N. Le contraste provient du disque des phases de lune bleu foncé, assorti au bracelet en cuir d’alligator avec surpiqûres ton sur ton. Le modèle en or blanc joue subtilement sur les couleurs classiques avec des aiguilles et index en or rose 18K 5N, tandis que le disque des phases de lune affiche une teinte bleu clair. Le bracelet en cuir d’alligator d’une nouvelle nuance de brun clair, complète la composition. Le modèle en or blanc serti adopte une palette colorée minimaliste avec un boîtier, des aiguilles et des index en or blanc 18K. L’éclat froid des diamants en serti grain sur la lunette, les cornes et la couronne fait écho au ton argenté du cadran opalin. Le bleu foncé du disque des phases de lune est repris sur le bracelet en cuir d’alligator. En respectant les codes de la Haute Horlogerie traditionnelle dans une interprétation contemporaine, ces trois nouveaux modèles de la Traditionnelle quantième perpétuel ultra-plate de 36,5 mm incarnent la philosophie de la Maison consistant à trouver un équilibre harmonieux entre technique et esthétique, passé et présent.
UN COMMENTAIRE ? Une superbe montre de haute horlogerie compliqué comme on sait les faire – et qu’on adore les travailler – à Genève, avec ce qu’il faut de mécanique soignée et d’élégance dans la réalisation : rien que de très classique dans ce boîtier très portable de dimensions modestes (36,5 mm x 8,4 mm), en or blanc ou en or rose, étanche à 30 m et animé par un mouvement automatique disposant d’une réserve de marche d’environ 40 heures. Il faut compter, selon les versions, entre 90 000 euros (or blanc) et 100 000 euros (or blanc serti) pour ce chef-d’œuvre dont le moindre détail démontre le savoir-faire des équipes de la marque. Il est difficile de trouver un défaut à cette montre d’un style très équilibré dans ses lignes et son architecture graphique, mais risquons cependant une critique : pourquoi une montre aussi genevoise, donc aussi francophone, n’opte-t-elle pas pour un affichage des jours de la semaine, des mois et même des années (bissextiles) en français ?

MIDO Ocean Star 200C
Noir crépuscule, rouge incandescent : la nouvelle Ocean Star 200C de Mido évoque les couchers de soleil tropicaux. Elle se distingue par une combinaison de couleurs unique, tout en offrant la fiabilité inébranlable d’une montre sportive ultra-performante — étanche jusqu’à 200 mètres, standard minimum chez Mido pour sa collection Ocean Star. La nouvelle Ocean Star 200C capture l’émotion du crépuscule. Les flots miroitent, le soleil disparaît, rougeoyant. Son cadran noir mat est décoré des vaguelettes signature de la collection. Tout autour, une lunette en céramique écarlate – à rotation unidirectionnelle – renforce son ADN marin. Depuis 1930, année de l’invention du système Aquadura, Mido maîtrise la résistance à l’eau. Surnommée à l’époque le « King of Waterproof Watches », la marque suisse a depuis continué à enrichir son savoir-faire historique en étanchéité, notamment grâce à des matériaux innovants. Ainsi Mido utilise de l’acier inoxydable pour le boîtier, de la céramique d’une dureté extrême pour la lunette. Du Super-LumiNova blanc sur les indications d’affichage la rend adaptée à toutes les situations, même après le tomber du jour. Pour une touche plus sophistiquée, Mido pare cette Ocean Star 200C d’aiguilles de couleur or rose et d’un bracelet en cuir brun aux surpiqûres blanches.

La personnalité unique de cette reine des mers pulse au rythme de l’excellent Calibre 80. Équipé d’un spiral Nivachron high-tech, ce mouvement automatique suisse de dernière génération s’avère particulièrement résistant aux chocs, aux variations de température et au magnétisme. De quoi braver les flots, avec la sérénité que confère la maîtrise des éléments, de la mesure du temps et de l’élégance. L’Ocean Star 200C aime les océans, et cela se voit ! Clin d’œil aux mers, un décor de vaguelettes anime son cadran noir mat. Sa lunette à rotation unidirectionnelle est équipée d’une bague de céramique rouge, graduée pour décompter le temps, et ornée d’un point luminescent de Super-LumiNova® à 12 heures. Les index appliqués, garnis de Super-LumiNova® blanc, garantissent une parfaite lisibilité, même dans l’obscurité. Pour une note plus raffinée, Mido a apporté une touche de couleur or rose sur les aiguilles, ainsi que sur le pourtour des index. Le jour et la date apparaissent dans un guichet à 3 heures. Forgée dans l’acier inoxydable, pour un diamètre de 42,5 mm, l’Ocean Star 200C résiste aux profondeurs, avec une étanchéité jusqu’à 200 m (20 bars) – prouesse rendue possible par un fond à vis et une couronne vissée. Sur le fond, apparaît l’emblématique étoile de mer de la collection, gravée en relief et polie. Mido équipe l’Ocean Star 200C du redoutable Calibre 80. Sa masse oscillante, décorée de Côtes de Genève, gravée du logo MIDO, reflète le soin apporté aux moindres détails – même cachés au cœur de son boîtier. Par ailleurs, la fiabilité de ce mouvement automatique dépasse les standards, avec une réserve de marche allant jusqu’à 80 heures, ainsi qu’à un spiral en Nivachron™, résistant aux champs magnétiques. Excellente sportive, l’Ocean Star 200C affirme son caractère élégant et bien trempé à la fois, relevée d’une touche de couleur flamboyante, avec sa lunette en céramique rouge.
UN COMMENTAIRE ? On peut commencer par parler du style de cette Ocean Star 200C proposée par Mido, mais c’est surtout son prix qui fait la différence et qui emporte l’adhésion : un peu moins de 1 200 euros pour une « plongeuse » élégante de cette qualité, c’est assez rare pour être souligné. On remarque d’abord la montre par sa lunette en céramique rouge, qui n’est pas si fréquente dans cet univers de sport chic nautique. On distingue ensuite l’or rose des aiguilles : une bonne idée avec la lunette d’un beau rouge. Avec le Super-LumiNova des chiffres, des index et des aiguilles, c’est la fête des Lumières dans la pénombre. De quoi faire une forte impression au poignet. C’est alors qu’on voit clapoter les vagues qui décorent le cadran noir d’une montre étanche à 200 m (boîtier en acier de 42,5 mm x 12,3 mm d’épaisseur) motorisé par un mouvement automatique Calibre 80 de nouvelle génération (spiral Nivachron) qui dispose de 80 heures de réserve de marche – le jour de la semaine [pourquoi en anglais, et pas en français ?] et la date sont en prime ! La maison suisse Mido (qui appartient à l’écurie du Swatch Group) nous prouve une fois de plus que les montres suisses de qualité ne sont pas forcément inaccessibles, surtout quand elles sont séduisantes…

UNDONE Urban Sport Speedy
L'Urban Sport Speedy combine un boîtier en acier inoxydable de 41,8 mm, un mouvement hybride mécanique-quartz, une lunette tachymétrique et bien plus encore... conçue pour vous accompagner dans tous vos déplacements. Inspirée par l'âge d'or de la course automobile, la Speedy allie un design sportif et rétro à des performances fiables au quotidien. Sa lunette tachymétrique et son bracelet rallye rappellent le style classique du sport automobile, tandis que le mouvement mécanique à quartz flyback japonais TMI VK64 offre un chronométrage précis et fiable. Protégée par un boîtier en acier inoxydable et un verre bombé K1, avec un profil de 13,5 mm et une étanchéité à 30 mètres, elle est conçue pour vous accompagner du lundi au dimanche.
UN COMMENTAIRE ? Il s’agit ici de se faire plaisir, juste plaisir, et non de spéculer sur une icône surévaluée. Pas plus qu’il ne s’agit de choisir un objet de parade statutaire et un fétiche de réassurance ostentatoire. Il est seulement question seulement de se faire un petit plaisir horloger, un plaisir à soi, pour soi, en cumulant les marqueurs esthétiques qu’on savoure sur une montre vintage, mais dans une version plus fiable et plus contemporaine. Quels détails « génétiques » retenir ? Le format, modéré sans être mesquin : un boîtier en acier noirci de 41,8 mm x 13,5 mm d’épaisseur [étanchéité à 30 m, ce qui est assez ridicule pour une « sportive chic » baptisée « Sport Speedy »], soit une montre qui a la présence au poignet sans être gênante. Le style : deux compteurs, avec des marquages de type instrumentaux (noir sur blanc) et un traitement ivoiré des index et des gravures de la lunette extérieure graduée – à croire que la montre a déjà subi l’épreuve du temps et des UV. L’esprit chronographe : pas pour chronométrer la cuisson des pâtes ou des œufs coque, mais pour l’allure des deux poussoirs, le tout évoquant irrésistiblement les chronographes militaires de l’âge d’or et plus précisément la « Speedy », icône bien connue de la conquête spatiale. Le bracelet : sportif, percé, repercé, dans un goût automobile très marqué. Le mouvement : pas de quoi bouleverser tout le monde, mais très traditionnel avec un mécaquartz supposé cumuler les avantages du quartz et la lente fluidité des mouvements mécaniques. Le tout pour un peu plus de 250 euros : un achat d’impulsion pour le simple plaisir d’adresser une prière aux dieux des belles montres, en les suppliant d’inspirer aux jeunes créateurs contemporains le goût d’en refaire qui soient portables, agréables à regarder et porteuses de sens…

CAVASINO FT60-S
Des pièces horlogères uniques, éditées en série limitée numérotée, des objets d’art et de désir qui ont une âme, réservés aux amateurs de luxe authentique… Après 17 ans d’expérience dans les aspects techniques de la Haute Horlogerie suisse, Didier Cavasino décide de fonder sa marque, réunissant la quintessence d’un artisanat d’art d’exception. L’aboutissement pour un expert de l’ingénierie de précision et l’occasion de mesurer sa vision de la perfection. Parfois, les destins se décident dès l’enfance. Né en 1985 à Marseille, Didier Cavasino a toujours eu une passion pour la mécanique, curieux de comprendre le fonctionnement des inventions les plus complexes de l’intelligencehumaine : aéronautique, automobile et horlogerie, évidemment. Depuis son plus jeune âge, les montres restent son objet d’étude de prédilection. Il faut dire que l’héritage familial y est pour beaucoup,puisqu’il est issu d’une famille d’artisans spécialisés dans les instruments de mesure. Son arrière-grand-père a consacré toute sa vie à sa passion de la mécanique, apposant son nom sur des balances commerciales dont la précision a fondé la confiance dans le commerce pendant des décennies. De la mesure de la masse à celle du temps, il n’y a qu’un pas… Mais la précision absolue reste la pierre angulaire du savoir-faire. Didier Cavasino se donne les moyens de ses ambitions et poursuit son rêve. Ingénieur formé à l’École des Arts & Métiers de Metz, il complète son parcours par un master en Gestion de projet, gestion de la qualité et de mécanique en Allemagne. Tout naturellement, il rencontre sa véritable vocation en Suisse, dans la Haute Horlogerie. Auprès des marques les plus emblématiques de cette industrie séculaire, sa passion pour l’ingénierie de précision devient obsession.

Au fil des années, sa fascination reste intacte. Émerveillé par les mouvements mécaniques fonctionnant sans batterie, il explore inlassablement l’enchevêtrement parfait des rouages, décrypte la complexité hypnotique des tourbillons et décode le pouvoir mystérieux de la symétrie. Pour lui, la plus belle des mécaniques exige de se surpasser dans les moindres détails. Si chaque défi technique est une opportunité de repousser les limites de l’artisanat, chaque finition doit raconter une histoire d’élégance ultime. Seule la fusion parfaite de l’esthétique et de la mécanique peuvent susciter une admiration sans partage. Les garde-temps Cavasino incarnent la quintessence d’un savoir-faire artisanal ancestral, aux gestes patiemment transmis de génération en génération. Ils sont manufacturés par les meilleurs artisans suisses, qui perpétuent la noblesse d’une tradition horlogère hors du temps. En réunissant leurs talents, en partageant leur engagement indéfectible pour relever les défis les plus audacieux, Didier Cavasino a créé un cercle d’artisans d’élite, dédié aux amateurs d’objets rares. Ensemble, ils écrivent un nouveau chapitre de de la Haute Horlogerie suisse en l’enrichissant d’une vision créative contemporaine unique. « Je ne vois pas mon métier comme un travail, mais comme l’accomplissement de ma passion de tou- jours. Chaque jour, j’ai le privilège de travailler aux côtés de talents exceptionnels qui transforment la technique en art. Plus que des partenaires, ce sont des amis. Ensemble, nous visons l’excellence » (Didier Cavasino)…
UN COMMENTAIRE ? Retenez bien ce nom dont vous n’avez sans doute encore jamais entendu parler : Didier Cavasino est un de ces jeunes espoirs de la jeune horlogerie indépendante française (il est né en 1985 à Marseille) qui ne doute de rien, et surtout pas de leur vocation à créer quelques-unes des plus belles montres du monde. Il s’est forcément établi en Suisse, dans cette vallée de Joux qui jouxte la frontière française et qui abrite déjà quelques-unes des plus belles marques suisses (Audemars Piguet, Jaeger-LeCoultre, Breguet, Blancpain entre autres) et des dizaines d’ateliers de célébrissimes artisans indépendants, comme celui de Philippe Dufour pour ne citer que le plus prestigieux. C’est dans cet écosystème horloger unique au monde – depuis le XVIIIe siècle – que Didier Cavasino a conçu sa première collection, un tourbillon volant FT-60S de toute beauté (boîtier en titane, en acier, en or rose ou en platine de 38,7 mm x 10,4 mm, étanche à 30 m et animé par un calibre « manufacture » à deux barillets qui dispose de 70 heures de réserve de marche). Le style est résolument néo-classique (avec la touche contemporaine d’un tourbillon à une heure), mais les prix sont très agressivement modernes, puisqu’il faudra aligner entre 85 000 euros et 110 000 euros (selon le métal du boîtier) pour passer au poignet une des cinquante montres de cette série limitée. Les vingt premières pièces de la première série en titane ont été préemptées par les collectionneurs sur la seule foi d’un bouche-à-oreille qui vantait le très haut niveau de qualité des finitions superlatives et d’une décoration qui surpasse les meilleures exécutions dans ce domaine. L’horlogerie française peut se flatter de quelques-uns des meilleurs talents horlogers de cette planète : dommage qu’ils ne trouvent pas en France le même écosystème traditionnel et artisanal qu’en Suisse – vous n’imaginez pas à quel point cette vallée de Joux est peuplée de jeunes créateurs français ! Cavasino : vous avez bien retenu ?

MOVADO Musée Impérial (Museum Imperiale)
Le Museum Imperiale élève la sophistication quotidienne avec une silhouette épurée et moderne, des matériaux sportifs raffinés et une évolution du design emblématique de Movado. Cette montre en acier inoxydable de 40 mm est dotée d'un cadran bleu soleil de ton moyen avec des détails de fenêtre de date, d'un bracelet sculptural à trois rangées, d'accents Swiss Super-LumiNova et d'un boîtier d'exposition. Le motif de point signature de Movado est étendu du cadran à la lunette en acier Dura 904. Un mouvement automatique de fabrication suisse pilote cette montre, alimentée par le mouvement de votre poignet.
UN COMMENTAIRE ? Il faut compter un peu moins de 2 000 euros pour cette montre au boîtier en acier de 40 mm, étanche à 100 m et animée par un mouvement automatique suisse disposant de 41 heures de réserve. On appréciera cette réinterprétation moderne de l’iconique montre Museum de Movado (créée en 1981), dans une édition nourrie des codes contemporains du « sport chic » (bracelet métallique intégré, lunette ponctuée de « points » quI rappellent le « point » emblématique du cadran, cadran soleillé bleu, etc.). Héritage et avant-garde : une des meilleures recettes Swiss Made de 2026 ?
CREDOR Goldfeather
Cette montre comporte un cadran créé en collaboration avec Hataman Touen, un atelier prestigieux réputé pour la porcelaine Imari Nabeshima. En tant que porteur de l'artisanat traditionnel, Hataman Touen continue de défendre les designs classiques de la porcelaine Imari Nabeshima tout en répondant à de nouveaux défis en matière de création, animés par une poursuite incessante de l'excellence en matière de matériaux, de techniques et d'esthétique. Cet esprit résonne profondément avec la propre révérence de Credor pour l'artisanat dans l'horlogerie, et grâce àl'harmonie de leurs philosophies communes, une expressionremarquable de la beauté japonaise a été obtenue. Le cadran présente une gradation distinctive caractéristique de la porcelaine Imari Nabeshima, créée par un riche ton bleu cobalt sur une base en porcelaine blanche translucide. Un motif alternatif se compose d'un motif de plume bleue sous les index et d'un motif de plume transparente entre eux, qui se combinent pour créer une interaction harmonieuse. Pour atteindre cette profondeur captivante, la gradation, les index et deux variations de plumes sont appliqués sur des couches distinctes du cadran glacé. Les plumes et la gradation bleu foncé sont appliquées avant le vitrage, tandis que les plumes et les index transparents sont ajoutés sur la surface vitrée. Tout au long de ces étapes, le cadran subit cinq tirs, créant des tons bleus légèrement nuancés et une finition élégante. Le cadran commence comme un plus gros morceau de porcelaine, qui subit le processus de cuisson, avant d'être précisément réduit à une épaisseur d'environ un millimètre grâce à des techniques de meulage avancées. Ce processus est essentiel, car un cadran en porcelaine mince comme celui du Goldfeather serait autrement vulnérable à la déformation à des températures élevées. En contrôlant soigneusement ce processus délicat, le cadran résiste non seulement à la déformation pendant la cuisson, mais atteint également la courbure gracieuse qui définit l'esthétique de la plume d'or. Le calibre 6890 est un mouvement mécanique ultra-mince d'une épaisseur de seulement 1,98 mm. Il s'agit d'un mouvement spécial qui ne peut être assemblé que par des maîtres artisans expérimentés. Le logo de Hataman Touen est subtilement représenté au dos du boîtier à côté de « Limited Edition ».
UN COMMENTAIRE ? Le nom de la pointe de diamant la mieux taillée de toute l’horlogerie japonaise (propriété du groupe Seiko) est, en fait, un nom français : « Credor » pour condenser « Crêtes d’or », nom qui fait référence aux sommets enneigés de vallées suisses illuminées par le soleil levant. En revanche, les montres témoignent d’un sens très japonais de la haute horlogerie, dans l’exécution du mouvement comme dans le soin apporté à la décoration du cadran. Cette montre Goldfeather est tout sauf banale, en dépit d’une allure ultra-classique : deux aiguilles, boîtier en acier assez mince de 43,2 mm x 8,3 mm d’épaisseur et mouvement « à l’ancienne » qui se remonte manuellement (37 heures de réserve de marche) avec une précision qui n’a rien d’exceptionnel [+25/-15 secondes par jour : ce n’est pas l’exploit, tout comme l’étanchéité à 30 m à peine suffisante pour se laver le mains – et encore !]. La vraie originalité, c’est le cadran en porcelaine de l’atelier Imari Nabeshima, d’une impeccable réputation locale dans un pays qui sait respecter et honorer les grands artisans : on admirera la délicatesse du bleu de cobalt « dégradé » et la finesse du motif de « plume » (positif et négatif) qui enrobe les index. Du grand art à la japonaise, de même que les lignes fluides mais très tendues et néanmoins sensuelles du boîtier relèvent du grand art de ce qui se fait de meilleur en termes de design horloger. Dernier plaisir : le prix, resté relativement modéré (comptez dans les 12 000 euros si vous parvenez à trouver une des soixante pièces de cette série limitée de Goldfeather, qui n’a rien de doré en dépit de son nom). En version Swiss Made, cette montre aurait aisément coûté le double. Moralité : les Suisses ont du souci à se faire, comme ils pourront le vérifier au printemps, puisque Credor exposera ses montres en même temps que Grand Seiko au salon genevois Watches & Wonders…

SWATCH Wavelengths of Coral
Cette montre est dotée d’un cadran rose transparent, orné de rayures roses et de chiffres blancs imprimés. Les aiguilles jaunes des heures et des minutes phosphorescentes, ainsi que l’aiguille bleu clair des secondes, indiquent l’heure sous un verre biosourcé logé dans un boîtier biosourcé rose transparent mat. Le bracelet rose transparent mats’accompagne d’un passant et d’une boucle ton sur ton.
UN COMMENTAIRE ? La tradition Swatch est de retour, avec une montre facturée 85 euros pour un boîtier en matériau biosourcé de 34 mm x 8,7 mm d’épaisseur, étanche à 30 m et doté d’un mouvement électronique suisse (bracelet en silicone). L’avantage avec Swatch, si la couleur ne vous plaît pas, c’est qu’on trouvera toujours un modèle comparable dans une autre teinte…

COORDINATION ÉDITORIALE : JACQUES PONS
