> 


@2013 : Qui pourraient bien être les personnalités horlogères de l'année ? Faites votre choix dans notre sélection...

Pour certains, c'est le pape François. Pour d'autres, Vladimir Poutine. Et pour la communauté horlogère ? S'il fallait une personnalité d'envergure internationale, ce serait Xi Jinping, l'homme qui a foudroyé les montres suisses en Chine. S'il fallait choisir un des acteurs de la scène horlogère, ce serait... (publicité Rolex 1942)   ▶▶▶ AUREL BACSL'alchimiste du marteau en or...◉◉◉◉ 100 …


Pour certains, c'est le pape François. Pour d'autres, Vladimir Poutine. Et pour la communauté horlogère ? S'il fallait une personnalité d'envergure internationale, ce serait Xi Jinping, l'homme qui a foudroyé les montres suisses en Chine. S'il fallait choisir un des acteurs de la scène horlogère, ce serait...

(publicité Rolex 1942)
  
 AUREL BACS
L'alchimiste du marteau en or...
◉◉ 100 000 francs suisses adjugés par minute de vente, 240 000 francs à chaque coup de marteau, 12 millions en deux heures pour les 50 Rolex Daytona de la vente Christie's « Lesson One », qui célébrait les cinquante ans de ce chronographe de légende (Business Montres du 10 novembre) : une vente mémorable, totalement hors normes, qui marquera non seulement l'année, mais aussi bien l'histoire des montres de collection que l'histoire de Christie's, dont Aurel Bacs dirigeait jusqu'à ces jours-ci le département Montres. L'aventure se termine sur un triomphe, avec le plus gros chiffre d'affaires horloger jamais réalisé en une année avec des montres vendues aux enchères, mais 2013 restera aussi comme l'année du départ d'Aurel Bacs, qui avait fait de Christie's le premier auctioneer mondial sur le terrain horloger. Pas sûr que ses successeurs parviennent à faire aussi bien, ou même presque aussi bien, dans les années à venir. Même s'il n'a rien inventé (ni les catalogues, qu'il a seulement rendu plus sérieux), ni les ventes thématiques (dont il prouve cependant la pertinence avec sa vente Daytona), ni la chasse aux records (sa gibecière en est pleine), Aurel Bacs aura marqué de sa rigueur le monde des enchères de montres : il a su faire des ventes un événement, tant par la mise en scène que par l'engagement personnel – au point d'en payer un prix physique qui réclamait une pause sabbatique. Son retour – ailleurs qu'aux enchères, mais toujours dans la montre – n'en sera que plus attendu...
 
 
 XAVIER DIETLIN
Le magicien qui ose...
◉◉ Baptisé ici même « vitriniste le plus déjanté de sa génération », Xavier Dietlin a plus que largement mérité, cette année, sa réputation d'empêcher de vitriner en rond : avec lui, on ne s'ennuie jamais. Il l'a prouvé avec sa Watch Capsule de Baselworld [une fantastique machine à rêver présentée sur le stand Hublot] comme avec toutes les vitrines interactives semées à tous les étages [dont quelques records de la spécialité]. Notamment la mise en scène de l'automate qui jouait au benneteau sur le stand de Jaquet Droz. On sait que la Watch Capsule, qui voyage à travers le monde, n'a cessé de s'améliorer depuis Bâle. Cet automne, l'« enchanteur Dietlin » nous présentait sa nouvelle vitrine de table, réponse intelligente au besoin d'exposition dans les dîners de collectionneurs à la mode. Pour 2014, son équipe est sur les dents pour de nouveaux concepts que tout annonce aussi décapants dans l'interactivité et dans le non-conformisme. Sans Xavier Dietlin, que la vie serait triste dans les salons et dans les vitrines des marques de montres qu'il sait illuminer de son génie exhibitionniste (voir les nombreux films que lui a consacré, tout au long de l'année, la chaîne images Business Montres Vision) !
 
 
 RICARDO GUADALUPE
Le déblocage du capitaine...
◉◉ Tout le monde se posait des questions sur la transition chez Hublot, où il était évident que la succession de Jean-Claude Biver n'allait pas de soi, tant il est toujours difficile de succéder à un personnage aussi charismatique. En trois ans passés dans son fauteuil de CEo de la marque, Richardo Guadalupe a fini par lever toutes les hypothèques : visiblement, il « habite le costume » et les résultats toujours à la hausse de Hublot [selon nos estimation, + 12-14 % en 2013, presque une exception pour la branche horlogère de LVMH] ne font que confirmer un leadership qui semble désormais naturel. Très présent sur la construction de l'offre produit [il a une vista particulière dans ce domaine] et commercialement très affûté tout en étant respecté des détaillants, la réussite de la manufacture est désormais la sienne, même si l'ombre tutélaire de Jean-Claude Biver plane encore sur la maison. Il a su fendre l'armure et se libérer. C'était l'année Guadalupe, mais 2014 le sera encore plus, avec le Mondial de football au Brésil [dont il est personnellement un grand fan], mais aussi grâce à la relance du partenariat avec Ferrari (resigné pour cinq ans) et dans les retombées de la construction d'une manufacture bis, sur un concept ultra-moderne, dans le prolongement des actuels bâtiments de Nyon. Sans parler de tout ce qui est en train de se passer autour d'Anticythère [en tant que plongeur, il ne pouvait pas rater ça !] et des merveilles que Mathias Buttet (directeur de la R&D maison) mettra bientôt à sa disposition...
 
 
 VIANNEY HALTER
Le génial ermite de Sainte-Croix...
◉◉ Sept ans qu'on se contentait de re-re-re-regarder ses Antiqua – toujours bien prisées aux enchères – en se demandant si l'ermite de Saint-Croix nous reviendrait un jour avec une nouvelle montre. Il cachait bien son jeu, en nous dévoilant sans prévenir, au seuil de l'été, son tourbillon triple axe et quadrimensionnel (x + y + z + le temps) baptisé Deep Space en hommage aux séries de science-fiction qui l'ont aidé à revenir des confins ultra-galactiques (repérage Business Montres du 6 mai 2013 et dévoilement progressif au cours des semaines suivantes). Puis la magie Vianney Halter a opéré. Le « pape » secret de la nouvelle génération [celui qui a inspiré tant de jeunes créateurs] a imposé d'emblée ses codes et raflé sans hésitation le Prix de l'innovation au Grand Prix d'Horlogerie de Genève, en dépit d'un plateau d'innovations particulièrement relevé cette année. Il faut dire qu'il a du métier dans l'art de trousser un tourbillon sous bulle, tournant sur trois axes à trois vitesses différentes, avec des aiguilles qui sortent de la carrure et une décoration qu'on dirait inspirée par les chronomètres de marine d'il y a un peu plus de deux siècles – cette Deep Space étant leur lointaine descendante au poignet. Toujours aussi bad boy, il a intimé le respect aux suiveurs et muselé les critiques en vendant très rapidement les premières pièces qu'il a pu livrer. Pourvu qu'il ne nous inflige pas une nouvelle fois sept ans de réflexion !
 
 
 NAYLA HAYEK
La reine des pierres...
◉◉ Pour le Swatch Group, dont elle préside le conseil d'administration, les années à venir sont celles de tous les dangers, avec le péril très pressant des « montres intelligentes » (smartwatches) qui vont débarquer sur le marché et sérieusement grignoter la base de la pyramide des marques du groupe (Swatch, Tissot, Longines, Rado), mais aussi avec la grande guerre mondiale qui se dessine sur le marché de joaillerie. La survie du groupe sur ce terrain passe donc par la relance d'Harry Winston, maison très opportunément rachetée en début d'année (Business Montres du 14 janvier dernier) dont Nayla Hayek est la présidente. Son parcours joaillier, dans un univers dont elle n'avait pas vraiment la maîtrise, est jusqu'à présent sans fautes : elle a eu l'intelligence de commencer à apprendre le métier, sans déstabiliser les équipes et sans bousculer une image de marque qui est le meilleur atout de la maison. Ayant acquis Harry Winston à un prix relativement raisonnable [près d'un milliard de dollars, endettement compris], Nayla Hayek s'est surtout offert un balcon sur le marché de la haute joaillerie, dont elle est numéro quatre mondial. Les trois premiers (Cartier, Tiffany & Co, Bvlgari) vont se déchirer : Harry Winston ne peut que tirer profit de la grande empoignade entre « proctériens » du luxe (Business Montres du 25 septembre). 2014, l'année de toutes les chances ?
 
 
 XI JINPING
L'écrabouilleur des petits Suisses...
◉◉ 习近平, président de la République populaire de Chine, est aussi président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois : autant dire qu'il cumule tous les pouvoirs pour éradiquer la corruption, combattre l'esprit de lucre, promouvoir la nouvelle austérité prolétarienne et faire la chasse aux montres suisses qui ont eu l'impudence de ceindre les poignets des vaillants représentants du peuple. Business Montres s'en est alarmé il y a plus d'un an, alors que le ciel était dénué de nuages, mais tout le monde admet aujourd'hui que cette campagne anti-corruption a été ravageuse pour les « cadeaux de corruption » qui tiraient la demande et qui étaient devenus le principal moteur de croissance de l'industrie des montres. Xi Jinping, c'est le nouveau « fléau de Dieu » de l'horlogerie suisse, l'Attila de la montre de luxe, l'homme qui a fait de la croissance à deux chiffres un souvenir légendaire pour les longues soirées de l'hiver horloger. Son dernier exploit : obliger les journalistes à passer un examen de compétences idéologiques portant sur leurs connaissances en communisme ! Un nouveau tour de vis du pouvoir central, qui pourrait même concerner les correspondants de la presse étrangère : dire que certains avaient oublié que la Chine était un régime communiste autoritaire. Ça promet pour 2014...
 
 
 JEAN-PIERRE LUTGEN
Le Belge qui rêve en couleurs...
◉◉ 10 millions de montres vendues en quelques années pour le patron belge d'Ice-Watch, une marque qui a désormais doublé Swatch en production annuelle et qui devance cette marque sur la plupart des marchés où les deux maisons sont en concurrence : qui aurait cru, voici cinq ans, que l'univers des montres en plastique bariolé pouvait engendrer un tel succès ? Jean-Pierre Lutgen est encore loin d'avoir ouvert les principaux grands marchés (Etats-Unis, Chine, Russie, etc.), mais il a déjà ouvert deux boutiques en Suisse et multiplié les partenariats dans tous les demandes (de BMW au nageur Florent Manoudou, en passant par Shy'm et les deux Guetta), non sans faire un pied-de-nez aux convenances horlogères en lançant une collection Ice-Swiss. Faute de pouvoir endiguer cette vague, le Swatch Group lui fait des procès et les copieurs l'imitent en repompant des codes qu'il avait lui-même compilé pour caler son concept – une vraie histoire post-moderne ! Quand on vend plus de montres que Rolex en Allemagne, on peut tout se permettre, même d'inviter la reine des Belges à Hong Kong (Business Montres du 5 décembre). Un cadeau royal pour couronner une année 2014 qui restera comme la meilleure de sa prometteuse carrière horlogère...
 
 
 PHILIPPE PEVERELLI
La chrysalide anti-crise...
◉◉ Passé par l'école Chopard (rigueur, discrétion et discipline) et reformaté par l'école Rolex (discipline, discrétion et rigueur), qui lui a confié les rênes de Tudor, Philippe Peverelli a pris le temps de bien caler les bases de la renaissance d'une petite soeur devenu soudain aussi séduisante – mais dans un genre différent – que sa célèbre grande soeur. En 2014, il aura (ré)ouvert le marché américain, si stratégique pour le groupe Rolex, consolidé ses partenariats, présenté une collection d'une homogénéité exceptionnelle (dans la qualité), initié la maison-mère aux subtilités de la céramique et prouvé sa légitimité sur son territoire de référence en remportant le prix Revival au Grand Prix d'Horlogerie de Genève, où il participait pour la première fois. Coup de maître pour un coup d'essai, mais ce n'est que la confirmation d'une progression spectaculaire de la marque depuis trois ou quatre ans : désormais, Tudor peut régater sans complexes avec Omega ou TAG Heuer, avec d'excellents arguments en termes de positionnement, d'esthétique et de rapport qualité-prix. La dynamique est certaine, la progression consistante et la légitimité retrouvée : il ne lui reste que le monde à conquérir...
 
 
 MICHELE SOFISTI
Le stratège d'une renaissance...
◉◉ Le pari d'une relance de l'ensemble Girard-Perregaux + Jeanrichard était risqué au sein d'un groupe Kering dépourvu de la moindre expérience dans la haute horlogerie. Il faut toujours du temps aux étas-majors pour « apprendre le métier », mais Michele Sofisti, qui dirige les montres Gucci [marque-fétiche du groupe Kering] et qui est devenu le responsable des activités horlogères au sein du groupe, ne manque pas de patience, ni de goût pour la pédagogie. Il a donc remis Girard-Perregaux en ordre de bataille : l'Aiguille d'Or attribuée à l'échappement Constant lors du dernier Grand Prix d'Horlogerie de Genève témoigne de la reconnaissance générale pour le travail accompli. Il a également repensé la stratégie de Jeanrichard, manufacture intelligemment repositionnée à l'orée du luxe horloger, avec un design aussi désirable que le prix moyen des collections. Il a enfin réorganisé l'outil industriel d'une manufacture qui s'enlisait et qui patinait – même si on tarde à discerner les résultats effectifs de ce reformatage. L'ancien « Biver Boy » – du temps d'Omega et du Swatch Group – a trouvé son autonomie, même s'il continue à recruter de préférence parmi les membres de la « bande à Bibi ». De leur côté, les collectionneurs recommencent à y croire. Bref, les indicateurs sont au vert et la haute horlogerie Kering va pouvoir accélérer. Mais, au fait, que devient Gucci ?
 
 
 LE CHOIX DE BUSINESS MONTRES
S'il n'en restait qu'un, ce serait lui...
◉◉ Un seul choix : ce serait Aurel Bacs (désormais ex-Christie's), pour ses « historiques » adieux aux larmes de Genève (Business Montres du 11 novembre) et pour le résultat exceptionnel qu'il a offert sur plateau à Christie's en 2013, année record elle aussi « historique »: c'est bien la première fois qu'on voyait applaudir à tout rompre, debout, une salle de collectionneurs et d'enchérisseurs auquel l'auctioneer venait de soutirer un peu plus de 42 millions de dollars. S'il y avait un marteau d'or pour récompenser les meilleurs animateurs de salles des ventes, il le mériterait. Après avoir dispersé une grosse dizaine de milliers de montres de collection en une décennie, Aurel Bacs méritait un peu de repos. L'homme de l'année tire donc sa révérence. Son retour post-sabbatique en 2014 n'en sera que plus impressionnant [inutile de raconter où et pour faire quoi : chaque chose en son temps], mais il peut déjà se flatter d'une quantité de « records du monde » sous le marteau qu'il ne sera pas facile d'égaler et qui lui serviront de viatique pour pour continuer un brillant parcours horloger. De toute façon, on l'aura toujours sous la main, à Genève, puisqu'il présidera, en 2014 comme depuis quelques années, le jury du Grand Prix d'Horlogerie de Genève...
 
 
D'AUTRES SÉQUENCES RÉCENTES
DE L'ACTUALITÉ DES MONTRES ET DES MARQUES...
Partagez cet article :

Restez informé !

Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter et recevez nos dernières infos directement dans votre boite de réception ! Nous n'utiliserons pas vos données personnelles à des fins commerciales et vous pourrez vous désabonner n'importe quand d'un simple clic.

Newsletter