REPÉRAGES #53-2025 (accès libre)
Sept jugements en toute liberté sur sept nouvelles montres qui affrontent leur destin pendant la Wonder Week
En toute transparence, avant d’être commentées et appréciées, ces nouveautés sont racontées ici du strict point de vue des marques. Elles sont expliquées dans la jamais trop fleurie « langue de boîte » – cette langue de bois des « boîtes » d’horlogerie, celle de nos « amies les marques » ! Dans tous les styles et à tous les prix, venues de Suisse ou d’ailleurs, au masculin comme au féminin, que va-t-on découvrir dans les vitrines ? Quand on aime, on ne compte pas ! Voici donc le cinquante-troisième épisode de notre panorama des nouveautés de l’année 2025, avec nos commentaires critiques sur sept montres de sept marques : Alpina, Bovet 1822, Hermès, Panerai, Parmigiani, Perrelet et Zenith…

Cette chronique vise à vous signaler quelques nouveautés parmi toutes celles qui affluent dans les vitrines horlogères : c’est, à ce jour, la plus complète des recensions que proposent les médias spécialisés, avec un peu plus de 2 100 pièces présentées chaque année. Soit, en moyenne, à peu près cinq nouveautés proposées par jour du calendrier : c’est exceptionnel – et même unique dans le paysage horloger ! Ces nouvelles montres sont commentées une par une : nous ajoutons à ces présentations des évaluations personnelles critiques, forcément subjectives et généralement pas complaisantes, mais toujours sincères, en bref, en vrac et toujours en toute liberté. Dans le formidable tsunami des nouveautés horlogères, cette sélection est déjà, en soi, une élimination du pire ou de l’insignifiant : il ne faut donc pas s’étonner que le meilleur y soit commenté plutôt positivement. Tout le monde l’aura compris : les absents ont toujours tort !
(les villes du monde selon Bovet : en bas de la page)
PANERAI Jupiterium
À travers les yeux de Galilée et l’expertise horlogère de Panerai, l’univers intriguant du Jupiterium se dévoile. Cette horloge-planétarium d’une grande complexité mécanique rend hommage au génie du physicien italien, dont l’esprit scientifique révolutionnaire a inspiré lamission de la Maison : rester à l’avant-garde de la recherche technique. Présentée au salon Watches and Wonders 2025, cette installation impressionnante, mesurant 75 cm de large pour 86 cm de haut et pesant environ 110 kg, reproduit les mouvements fascinants d’entitéscosmiques connues de l’humanité grâce aux découvertes de Galilée. « La présentation du Jupiterium au salon Watches and Wonders 2025 est un moment de fierté pour Panerai. Les mécanismes sophistiqués de ce chef-d’œuvre astronomique, de la précision des trajectoires à sa fonction rétrograde brevetée, mettent à l’honneur toute l’étendue de notre expertise technique. C’est une célébration de l’humanité et de sesexploits, mais aussi une illustration de notre volonté de donner corps à notre passion : repousser les limites de l’horlogerie », affirme Alessandro Ficarelli, CMO de Panerai. En 1610, les observations de Galilée apportent la preuve que la Terre n’est pas le centre de l’univers, remettant en cause le modèle géocentrique qui a longtemps prévalu. Avec son télescope, il identifie quatre satellites en orbite autour de Jupiter, plus connus aujourd’hui sous le nom de lunes galiléennes : Io, Europe, Ganymède et Callisto. Dans cet esprit, le Jupiterium vise à recréer la perspective géocentrique de l’astronome. La Terre est ainsi placée au centre de la sphère et de l’orbite des autres corps célestes.L’horloge affiche les positions relatives du Soleil, de la Lune et de Jupiter, mais aussi celles de ses quatre « étoiles médicéennes ». Leurs trajectoires sont guidées par un mécanisme à remontage manuel doté d’un calendrier perpétuel à affichage unilinéaire, qui entraîne le mouvement en temps réel des corps célestes. Le mécanisme cumule huit barillets – battant à une fréquence de 18 000 alternances par heure – chacun équipé d’un ressort de 4 mètres de long, soit un total de 32 mètres. Ils font partie intégrante du système de réserve de marche de 40 jours, qui fournit l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’horloge et à la bonne marche de ses complications.
Ne nécessitant aucun réglage avant 2099, ce mouvement Panerai à calendrier perpétuel affiche avec précision le jour, la date, le mois, l’année, et s’ajuste automatiquement pour tenir compte de la longueur variable des mois et des années bissextiles. Prêt à tourner jusqu’en 9999, le Jupiterium ne nécessitera à la fin de chaque siècle que l’intervention d’un horloger pour démonter le pont du mouvement et faire tourner le disque des centaines de 90°, lui permettant ainsi de continuer à égrener les années. La sphère céleste se compose de deux hémisphères, nord et sud, unis par un anneau symbolisant l’équateur terrestre et gravé des 12 signes du zodiaque. Elle effectue une rotation complète en 23 heures, 56 minutes et 4 secondes – soit un jour sidéral. Sur le Panerai Jupiterium, l’Italie figure en bonne place sur le modèle de la Terre placé au cœur de la sphère centrale bleue. Vue de face, l’Italie est orientée directement vers l’extérieur, ce qui permet aux observateurs de voir clairement le pays d’un point de vue terrestre. Cet alignement représente à la fois les origines italiennes de Panerai et la perspective de Galilée, honorant ainsi l’influence des découvertes du scientifique sur l’astronomie et la science. La fonction rétrograde du Panerai Jupiterium est une caractéristique horlogère particulièrement rare reproduisant le mouvement des planètes qui, vues de la Terre, semblent parfois se mouvoir « à reculons ». Ce phénomène appelé rétrogradation se produitlorsqu’une planète semble reculer par rapport aux étoiles en raison des positions et des mouvements relatifs de la Terre et de la planète sur leurs orbites respectives. Pour simuler le mouvement rétrograde apparent de Jupiter et de ses lunes, Panerai a développé un mécanisme breveté. Celui-ci crée une représentation visuellement exacte du ralentissement, du recul apparent, puis de la reprise de la trajectoire de Jupiter dans le ciel, phénomène dû au dépassement de Jupiter par la Terre sur son orbite. Cet effet est obtenu grâce à un système complexe d'engrenages et de contrepoids contrôlant la position et le mouvement des corps célestes. Ce dispositif breveté hauteprécision permet au Jupiterium d'illustrer fidèlement la rétrogradation, ajoutant sophistication technique et réalisme astronomique à l'horloge.La voûte céleste, avec ses constellations, tourne pour refléter le mouvement apparent des étoiles tel qu’il est observé depuis la Terre. Les 1 650 composants minutieusement façonnés sont principalement constitués de titane, choisi pour sa légèreté et sa durabilité afin de réduire le poids total du mécanisme et de le renforcer.
Protégé par une glace et enchâssé sur un socle en acajou de 75 x 86 cm pesant environ 110 kg, le cadran est situé au pied de la sphère céleste. Sur fond noir, il présente de longs index bâtons et de grands chiffres arabes luminescents à 12 et 6 heures, garantissant une bonne lisibilité même en cas de faible luminosité. Les aiguilles des heures, des minutes et des secondes sont également revêtues de Super-LumiNova pour améliorer leur visibilité dans l’obscurité. Parmi les affichages utiles, citons aussi un indicateur jour/nuit et une jauge de réserve de marche linéaire portant l’inscription « 40 giorni » (40 jours). Le rehaut est gravé du nom « Jupiterium » tandis que la nature du mouvement est indiquée en italien, « Calendario Perpetuo ». Le jour, la date, le mois et l’année sont disposés sur un affichage linéaire. Cette majestueuse horloge-planétarium réunit quelques-unes des innovations techniques les plus remarquables de Panerai. Dotée d’une impressionnante réserve de marche et d’un calendrier perpétuel sophistiqué, elle repousse les frontières de l’horlogerie traditionnelle en transformant ces innovations en une installation architecturale saisissante qui stimule l’imagination et suscite l’émerveillement face aux mystères de l’univers.
UN COMMENTAIRE ? Pour s’arracher à l’ornière où la marque semble enlisée depuis quelques années, Panerai entend bien se refaire une santé grâce à ses racines patrimoniales, à commencer par sa génétique florentine et aux perspectives astronomiques liées à cette tradition. Ce n’est sans doute pas le plus facile à « vendre » des vecteurs de légitimité de la marque, dont ce n’est d’ailleurs pas la première création mécanico-astronomique, mais l’initiative est consistante sur le plan horloger puisqu’il s’agit d’un calendrier perpétuel au très long cours et d’un certain poids (comptez un bon quintal et une musculature en bon état pour utiliser la clé de remontage qui réclame 110 tours pour assurer la tension des 32 mètres de ressorts)…
PARMIGIANI Tonda PF Chrono 40 mm No Date Mineral Blue
Dimensions, substance, style : trois mots qui définissent le Tonda PF Chronographe, un instrument de mesure d’une sophistication absolue. Un mouvement manufacture intégré certifié COSC, un boîtier redimensionné à 40 mm, et une exécution superlative fidèle aux standards de Parmigiani Fleurier. La question de la taille du boîtier de montre fait partie de ces sujets organiquement récurrents animant l’horlogerie, suivant les variations de goûts et de tendances. Pour Parmigiani Fleurier, la question s’est posée en d’autres termes : donner vie à un chronographe doté des valeurs d’élégance, de raffinement, doté d’une âme et de sens. La nouvelle Tonda PF Chronographe est le fruit de cette réflexion. Son boîtier de 40mm se coule sur tous les poignets avec confort, répond aux exigences d’une parfaite ergonomie et convient à tous ces instants qui forgent quotidiennement la vie individuelle, formelle ou plus décontractée. Dans sa quête de la pureté chère à Parmigiani Fleurier, la marque fait écho à la dimension de la montre, dont l’affichage ne comporte pas d’indication de date pour laisser place aux sous-compteurs chronographiques destinés à la mesure du temps. Au-delà de l’instrument de mesure, cette nouvelle création est un marqueur d’époque, le reflet des sensibilités esthétiques et des évolutions culturelles. Elle incarne la dualité du temps : Chronos, qui s’accélère et se mesure, et Kairos, qui suspend l’instant et invite à en saisir toute la profondeur. Le cadran Mineral Blue exprime cette tension entre mouvement et contemplation. Inspiré du ciel, il apaise la frénésie du chronographe et invite à ralentir, à se recentrer sur l’essentiel. Cette couleur en perpétuelle mutation sous la lumière, associée au guilloché Grain d’Orge, magnifie les textures et révèle un relief vivant, vibrant. Une ouverture vers l’infini, un équilibre parfait entre la maîtrise du temps et l’émotion qu’il suscite. Une mesure ultra-précise exceptionnelle : le mouvement chronographe intégré haute fréquence PF070 (36 000 alternances par heure) qui anime la Tonda PF Chronograph est certifié par le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres (COSC), référence internationale en matière de performance et de précision. Avec une épaisseur de seulement 6,95 mm, ce mécanisme ultra-performant offre une réserve de marche de 65 heures et bénéficie des finitions propres à la marque : ponts satinés biseautés à la main et masse oscillante ajourée en or rose 22 carats poli et sablé.
UN COMMENTAIRE ? Un chronographe de facture classique et de style néo-classique, qui s’inscrit dans l’actuelle vague du « sport chic » et décontracté dont il respecte les codes (boîtier acier de taille raisonnable avec bracelet intégré, étanchéité à 100 m, cadran finement guilloché et délicatement teinté et mouvement chronographe certifié chronométré). Seul le prix n’est pas très raisonnable pour un « trois-compteurs » en acier, puisqu’il faudra poser 35 500 euros sur la table pour pouvoir chronographier la cuisson des tagliatelle et celle des œufs coque – ce qui n’est pas un prix de reconquête pour une marque qui se cherche un nouveau destin commercial…
PERRELET Turbine Chrono Neo
Perrelet, marque horlogère suisse riche de près de 250 ans d'histoire, propose une vaste gamme de collections adaptées à toutes les occasions et capables de satisfaire les besoins d'un large public : des lignes classiques Double Rotor et Weekend, au style casual-chic de la LAB Peripheral, en passant par la plus célèbre et iconique Turbine, qui s'est renouvelée au fil des ans en termes de matériaux, de dimensions et de fonctions. Dans le passé, la Turbine a également interprété des complications prestigieuses telles que le tourbillon et le chronographe. La volonté d'innover et de surprendre les amateurs de montres et les collectionneurs n'a jamais cessé chez Perrelet. Après environ huit ans, la Maison présente aujourd'hui un chronographe de nouvelle génération : la Turbine Chrono Neo, un garde-temps en trois variantes et avec des améliorations intéressantes, idéal pour les sportifs et parfait pour ceux qui préfèrent une tenue vestimentaire décontractée et informelle. Le chronographe est un instrument utile pour la mesure précise des temps écoulés. Traditionnellement, ce temps est lu sur des compteurs secondaires qui, selon leur conception, ne sont pas toujours immédiatement visibles à l'œil. La Turbine Chrono Neo évolue pour fournir une lecture instantanée de l'intervalle de temps associé à l'événement pour lequel elle a été activée. Par rapport à son prédécesseur, cette nouvelle création a été actualisée et revisitée, adoptant un matériau plus moderne, un diamètre plus petit, une aiguille centrale des minutes du chrono et des variations de couleurs dans des tons indémodables. Pour la première fois, elle est également équipée d'un bracelet intégré en titane doté d'un système "easyclip" qui peut être aisément remplacé par un bracelet en caoutchouc souple sans nécessiter l'intervention d'un technicien ou d'outils spéciaux.
De nombreuses améliorations par rapport à la Turbine Chrono d'il y a quelques années, qui démontrent une fois de plus la grande capacité de Perrelet à se renouveler pour répondre aux besoins d'un public contemporain, tout en respectant son ADN et la tradition horlogère du « Swiss Made ». La Turbine Chrono Neo est logée dans un boîtier en titane grade 2 poli/brossé, reprenant le style de la Turbine EVO, modèle qui a marqué le renouvellement de cette célèbre ligne en 2019, à l'occasion du 10e anniversaire de la technologie Turbine. Son diamètre a été réduit à 42 mm contre 47 mm pour son prédécesseur. L'utilisation du titane, un matériau résistant à la corrosion et beaucoup plus léger que l'acier, et les proportions bien pensées rendent le boîtier particulièrement confortable au poignet. Il est étanche à 5 atm et possède une carrure caractérisée par de larges rainures. Les mêmes rainures sont présentes sur la couronne de couleur noire, évasée et personnalisée avec le « P » du logo gravé au laser. La lunette qui affiche l'échelle tachymétrique, également en titane, est brossée et traitée en DLC noir, tout comme les poussoirs du chronographe. Situés à 2 et 4 heures, ils activent, arrêtent et remettent à zéro le chronographe. Faciles à manipuler, ils ont la forme de parallélépipèdes aux bords biseautés et à la finition polie/brossée. Un verre saphir antireflet protège le cadran et le fond du boîtier, laissant apparaître le mouvement automatique qui anime cette dernière née de la collection Turbine. La Turbine Chrono Neo est équipée d'un bracelet en titane à 5 rangées de maillons polis/brossés avec un fermoir papillon activé par un discret poussoir sur le côté. Elle est livrée avec un bracelet caoutchouc additionnel assorti à la teinte des cadrans inférieurs, qui peut être facilement monté sans outil grâce à un système « quick-release ». Un mélange de détails bien pensés qui allient harmonieusement style moderne et fonctionnalité pratique.
Le cadran multicouche est animé par l'emblématique turbine à 12 pales, signature incontournable de Perrelet depuis 2009, date à laquelle cette technologie a été brevetée. Conçue dans un but purement esthétique, elle est réalisée en aluminium anodisé noir. Dotée de contrepoids sous les lames qui lui permettent de tourner au moindre mouvement du poignet et de revenir à sa position de repos lorsque l'énergie cinétique est épuisée, elle révèle le décor du cadran inférieur. Plus la rotation est rapide, plus la visibilité de l'ensemble du décor est optimale. Sur la Turbine Chrono Neo, cet élément reproduit la silhouette de la fascinante hélice en trois teintes distinctes : bleu électrique, vert gazon et un gris clair plus discret. Fonctionnalité et praticité vont de pair. Les mêmes accents de couleur contrastés sur le cadran dominé par le noir mettent en valeur le compteur du chronographe 60 minutes sous la forme d'une aiguille centrale avec une pointe triangulaire qui brille dans l'obscurité grâce à l'application de Super-LumiNova®. Cette aiguille balaie le rebord à l'intérieur de l'anneau des heures, indiqué par l'applique « Min » entre 12 et 1 heure, et pointe vers les index, qui sont mis en évidence en couleur sur une échelle de 5 minutes. La fine aiguille des secondes est également assortie à la couleur du cadran inférieur. Exception faite pour la version avec sous cadran gris qui est dotée d'une aiguille de couleur rouge vif. Comme toujours, la lecture de l'heure est assurée par un mélange de chiffres arabes et d'index réguliers sur fond gris, à la fois en relief et luminescents comme les aiguilles. La Turbine Chrono Neo est animée par le calibre automatique P-361, composé de 175 pièces. Doté d'un balancier qui bat à une fréquence de 28'800 alternances par heure (4 Hz), il est protégé contre les chocs accidentels par Incabloc®, l'un des systèmes les plus populaires et les plus fiables de l'horlogerie, qui empêche la casse en absorbant les chocs. Remonté à fond, le barillet assure une réserve de marche de 42 heures. Doté des fonctions heures et minutes, des compteurs chrono 60 secondes et 60 minutes avec aiguilles centrales, il affiche également la date dans le guichet à 6 heures. Les finitions impeccables du calibre sont visibles à travers le fond en verre saphir : la platine et les ponts rhodiés et grenés circulaires, la masse oscillante rhodiée ajourée ornée du motif Côtes de Genève et du logo Perrelet. Cette dernière est montée sur des roulements à billes afin de réduire les frottements lors des oscillations générées par le mouvement inconscient du poignet, qui fournissent l'énergie à la montre.
UN COMMENTAIRE ? Attention supplémentaire : la Turbine Chrono Neo est livrée dans un coffret tactique avec un bracelet en caoutchouc supplémentaire fixé par une boucle ardillon. Comptez dans les 5 900 euros pour ce boîtier en titane de 42 mm, étanche à 50 m, dont le mouvement automatique est calé sur 42 heures de réserve de marche. Trois options de cadran sont disponibles : cadran inférieur avec turbine bleu-électrique, cadran inférieur avec turbine vert gazon et cadran inférieur avec turbine gris clair…
ALPINA Heritage Topic Proof Handwinding
Avec 142 ans d’histoire, Alpina détient un patrimoine dont on ne soupçonne pas encore toute la richesse. En son cœur bat la Tropic-Proof. Emblématique de l’esprit Alpina, conçue au mitan des années 1960, elle incarne la montre d’aventurier. Boîtier ultra robuste signée du maître F. Borgel, mouvement Swiss Made déjà doté de deux jours de réserve de marche et design orienté vers la lisibilité, elle a pavé la voie de l’Alpina moderne. La maison lui rend aujourd’hui un hommage d’une sincère fidélité avec deux variantes (cadran blanc ou noir) toujours en 34 mm de diamètre, aiguilles dauphine, boîte acier et mouvement manuel, sur bracelet Alcantara. 1965 : vingt ans après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle génération est née. Elle découvre un monde pacifié, largement ouvert, servi par des moyens de transport sans commune mesure avec les trains à vapeur de la première moitié du siècle. Les vols transatlantiques sont devenus fréquents. La conquête de l’ouest s’équilibre avec une ouverture sans précédent vers l’est, à la découverte de l’Afrique, de l’Asie et d’un Sud encore largement inexplorés par des Européens en quête d’horizons nouveaux. Nouveaux et, pour la plupart, tropicaux. Si le premier opus de la saga James Bond, en 1962, s’implante en Jamaïque, et « Goldfinger » deux ans plus tard au Mexique, ce n’est pas tout à fait un hasard... C’est dans cet état d’esprit qu’Alpina conçoit sa Tropic-Proof. En quelle année exactement ? Difficile à dire. Les principes de collection, de gammes, de lignes produits et d’inventaire n’avaient pas la même rigueur qu’aujourd’hui. Bien que l’histoire retienne un lancement officiel en 1968, des indices suggèrent que la mention « Tropic-Proof » existait déjà au début des années 1960. L’analyse des numéros de série (entre 760XXX et 809XXX) suggère plutôt une production dès 1965. « Tropic-Proof » atteste alors d’un certain type de construction de la montre. Il se caractérise avant tout par l’emploi d’un boîtier estampillé « FB ». Il s’agit de François Borgel. Le genevois était au début du 20e siècle - donc dès les premières heures de la montre-bracelet - un artisan boîtier de premier plan, auquel de nombreuses marques - dont Alpina - confiaient la réalisation de boîtes à toute épreuve, notamment à fond vissé. La mention « Tropic-Proof » emporte aussi avec elle l’usage de calibres suisses d’excellente facture, comme le calibre manuel Alpina 598R. Conçu dès les années 50 et exploité sans discontinuer, il était devenu en 1965 un modèle de fiabilité et de robustesse.
Alpina est alors une maison qui choisit de ne pas se spécialiser trop tôt vers, par exemple, la montre de plongée. Elle propose au contraire des montres robustes et résistantes aux climats tropicaux, adaptées aux aventuriers et aux grands voyageurs, à un prix raisonnable. La Tropic-Proof possède donc en elle l’âme d’Alpina : une montre anti-choc, anti-magnétique, en acier inoxydable, et étanche. Tout ce qui caractérise la mythique Alpiner 4 et qui, par extension, constitue l’ADN de la maison. Les deux nouvelles versions aujourd’hui présentées sont les dignes légataires de cette aventure horlogère. Aucune « Tropic-Proof » n’avait été rééditée depuis 1965. Alpina a ainsi porté une attention toute particulière à respecter son héritage. Fait rarissime en horlogerie : ces deux rééditions ont une boîte qui s’inspire de l’originale. Elles mesurent donc toujours 34 mm de diamètre et sont en acier inoxydable. Il en va de même pour le verre. S’il n’est plus en résine pour des raisons évidentes de résistance aux chocs comme aux UV, sa nouvelle version en saphir anti-reflet conserve sa fameuse géométrie glassbox, avec ce profil courbe aux abords de la lunette qui facilite la lecture du cadran selon tous les angles. Pour ses deux rééditions, Alpina propose les variations des cadrans d’époque : noir et blanc. Les aiguilles dauphine polies à la main sont les mêmes qu’en 1965. Le tritium d’alors est aujourd’hui naturellement remplacé par de la matière luminescente. Les index sont fidèlement reproduits, avec le singulier emploi de double index non seulement à midi, mais aussi à 3h, 6h et 9h. Au cœur de ces deux séries non limitées bat le calibre AL-480. Comme à l’époque, il est lui également à remontage manuel. Il offre 42 heures de réserve de marche. Par respect pour le fond plein d’antan visant à garantir l’étanchéité de la Tropic-Proof de 1965, la réédition de 2025 en fait le même usage, simplement ornée de la mention « Heritage ». Les deux pièces partagent un bracelet en alcantara beige surpiqué à boucle ardillon.
UN COMMENTAIRE ? Dans le grand élan STP (S’il te plaît en trois lettres : la simplicité, la taille et le prix) qui est la tendance horlogère dominante de ce printemps, Alpina s’illustre par cette montre heures-minutes-secondes de style néo-vintage, proposée dans un boîtier modeste (34 mm, étanche à 30 m), avec un mouvement à remontage manuel, un cadran simplissime e un prix plutôt contenu (un peu moins de 1 800 francs suisses). Pas de quoi générer un irrésistible coup de cœur, mais pas non plus de quoi provoquer un sursaut d’indignation : « Ni cet excès d’honneur, ni cette indignité », comme le disait Racine dans Britannicus (1669)…
HERMÈS Maillon libre (Le temps suspendu)
En 2025, Le temps suspendu ouvre de nouvelles parenthèses. Plus qu’une approche purement mécanique, cette impertinence invite à s’affranchir des conventions temporelles et à saisir l’instant. Dans une course effrénée où chaque seconde est comptée, Hermès offre à son porteur le temps qui compte. Le temps suspendu, initié en 2011, est une expression ludique du temps Hermès. Il incarne un temps ami, un temps qui se joue des conventions pour mieux célébrer le moment présent. En cultivant ce paradoxe : le temps que l’on oublie est celui que l’on chérit. Alors que la journée se termine, l’heure se cache dans une broche pour homme ou un pendentif pour femme. Le temps flotte dans la distance qui sépare les deux individus : Maillon libre, la versatile, ordonne ce moment. L’instant. La nuit tombée, le ciel est noir,mais le sable qui recouvre le sol irradie. Cette lumière irréelle bouleverse la pesanteur et les corps de l’homme et de la femme s’élèvent pour virevolter, oubliant les lois de la gravité. Libres, ils tournent très vite en scintillant, puis s’éclipsent, l’un après l’autre. Le ciel s’illumine enfin, le sol s’éteint, la polarité s’inverse.
Avec la nouvelle collection Maillon libre, Hermès explore des territoires nouveaux. Elle réinterprète le maillon chaîne d’ancre iconique, en montre bracelet et en broche. À travers ces deux pièces, cette ligne se distingue par sa radicalité et sa multiplicité de portés, opposant douceur et tension, dans un esprit contemporain et universel.La montre-bracelet, à la fois énigmatique et singulière, séduit par sa complexité de fabrication, ses pierres de centre, diamants ou tourmalines terracotta, et ses formes ondulatoires. Quant à l’heure, discrète, presque imperceptible, grâce à un boîtier incorporé au design du bracelet, elle ajoute une touche de malice et de surprise. La montre-broche, l’un des accessoires masculins les plus anciens, objet nomadepar excellence, se porte seule ou se transforme en pendentif grâce à son lien en cuir, clin d’œil à l’héritage maroquinier-sellier de la maison.Maillon libre est une collection expressive et précieuse où l’élégance s’accorde au rythme d’un temps empreint d’étonnement.
UN COMMENTAIRE ? Non content de suspendre le temps, Hermès le resculpte avec une liberté créative qui va jusqu’à réinventer, pour les hommes, la montre qui se porte ailleurs qu’au poignet [pourquoi pas ?]et, pour les femmes, des bracelets où la montre n’est plus qu’un prétexte à des rêveries sur l’éternité et la fragilité des heures [réflexions qui ne pouvaient être très précieusement exprimées]. Ce n’est plus de l’horlogerie, c’est un jeu qui bouscule en toute impertinence les codes de cette horlogerie et de ce temps qui est d’autant plus intense qu’on peut parfois le suspendre (Lamartine : « Ô temps, suspends ton vol ! »)…
ZENITH G.F.J. (nouvelle collection 160e anniversaire)
En fondant sa manufacture en 1865, Georges Favre-Jacot s’était fixé un objectif ambitieux : créer « la montre parfaite », alliant finesse, précision et fiabilité absolue. Une quête d’excellence inscrite jusque dans le nom de sa marque, Zenith, qui évoque le point culminant du ciel. Pour célébrer son 160e anniversaire, Zenith rend hommage à cet héritage avec un modèle intemporel, animé par un mouvementd’exception. La G.F.J., dont le nom reprend les initiales de son fondateur, incarne l’élégance et la sobriété d’un design épuré. Elle redonne vie au mythique calibre 135, le mouvement le plus primé de l’âge d’or des concours de chronométrie des observatoires. Il y a plusieurs décennies, les concours de chronométrie des observatoires jouaient un rôle central dans l’horlogerie. Bien plus qu’un simple exercice scientifique, ces compétitions représentaient un enjeu deprestige majeur. Les observatoires étaient les garants ultimes de la précision, validant le savoir-faire des horlogers les plus talentueux. Conscientes de l’impact de ces distinctions, les maisons soumettaient à ces épreuves des mouvements spécialement conçus pour l’excellence.Dès 1897, Zenith s’engage dans cette quête de précision et se forge une réputation inégalée. Au fil des décennies, ses mouvements remportent un record absolu de 2 333 prix de chronométrie, un exploit sans équivalent dans l’histoire de l’horlogerie. Parmi ces distinctions, un mouvement brille plus que tous les autres : le mythique calibre 135. Imaginé par Ephrem Jobin à la demande de Charles Ziegler, alors Directeur Technique de Zenith, ce mouvement est conçu pour exceller dans les prestigieux concours de chronométrie organisés par les observatoires de Neuchâtel, Genève, Kew Teddington et Besançon. Son nom fait référence à ses dimensions : 13 lignes (soit 30 mm, la taille maximale autorisée pour la catégorie montres-bracelets du concours de Neuchâtel) et 5 mm d’épaisseur. Fabriqué entre 1949 et 1962, ce calibre se décline en deux versions distinctes : une versioncommerciale (calibre 135), et une version spécialement optimisée pour les compétitions (calibre 135-O), réservée aux concours de chronométrie. Avec 235 distinctions, le calibre 135-O s’impose comme une référence absolue. Grâce au travail méticuleux des célèbreschronométreurs de Zenith, Charles Fleck et René Gygax, il réalise un exploit inégalé : décrocher cinq premiers prix consécutifs dans la catégorie montres-bracelets à l’Observatoire de Neuchâtel, entre 1950 et 1954.
En 2022, Zenith fait revivre la légende du calibre 135-O à travers une collaboration d’exception avec Kari Voutilainen et Phillips, en association avec Bacs & Russo. Dix mouvements historiques, issus des années 1950-1954, période où ils ont enchaîné les victoires aux concours de chronométrie, sont restaurés et sublimés par le maître horloger Kari Voutilainen. Produite en édition ultra-limitée, cette réinterprétation a immédiatement séduit les collectionneurs les plus exigeants. Les icônes traversent le temps, et l’un des plus grands privilèges d’un riche héritage est de pouvoir le partager. Aujourd’hui, Zenith va encore plus loin en donnant un nouveau souffle au calibre 135, en le réimaginant avec une approche contemporaine. Son architecture et son esthétique restent fidèles à l’original, mais son ingénierie a été entièrement repensée pour l’adapter aux standards horlogers les plus exigeants du XXIe siècle. Parmi les évolutions majeures, la roue de centre décalée libère l’espace nécessaire pour un balancier surdimensionné, améliorant la précision et la stabilité du mouvement. Plus qu’une simple réédition, c’est une véritable réinterprétation, intégrant des matériaux et des technologies de pointe. Le barillet assure désormais une réserve de marche de 72 heures, contre 40 heures pour la version originale des années 1950. Son train de rouage optimisé améliore l’efficacité du mouvement grâce à une géométrie retravaillée. Battant à une fréquence de 2,5 Hz, le balancier est désormais équipé de vis de réglage et d’un spiral Breguet. Autre élément signature du 135-O, le régulateur à double flèche permet un réglage extrêmement précis. Un mécanisme stop-seconde a été ajouté pour garantir un réglage à la seconde près, tandis que l’axe du balancier bénéficie désormais de chatons montés sur ressorts, renforçant ainsi la résistance aux chocs. Chaque mouvement est ajusté pour garantir une précision de +/-2 secondes par jour, et bénéficie de la certification COSC. Fidèle à son héritage, le calibre 135 arbore une finition sobre et sophistiquée, où chaque détail témoigne du savoir-faire horloger d’exception de Zenith. Les ponts, finement décorés d’un guilloché « brique », évoquent la façade emblématique de la Manufacture Zenith, où les briques rouges et blanches forment les initiales G.F.J., en hommage à Georges Favre-Jacot. Le barillet arbore une finition satinée circulaire, tandis que la roue de couronne, polie noir, capte la lumière avec une profondeur saisissante. Enfin, les rubis de grande taille ajoutent une touche d’élégance et de sophistication, sublimant chaque détail du mouvement. Après 160 ans, l’ambition de créer une montre atteignant le Zénith de la perfection continue d’animer les horlogers de la Maison.
En hommage à cet héritage unique, Zenith a conçu une pièce horlogère qui va à l’essentiel, où chaque détail reflète la quête absolue de perfection. Fidèle à l’époque du calibre 135, la nouvelle G.F.J. capture l’esprit des années 1950, mariant subtilement l’élégance vintage à des touches contemporaines. Son boîtier en platine de 39 mm, rond et élancé, se distingue par une lunette étagée et des cornes incurvées à paliers, offrant une silhouette fine et sculpturale. Son profil délicat est sublimé par un jeu de finitions contrastées, alternant surfaces brossées et polies. La couronne crantée, quant à elle, arbore fièrement les initiales G.F.J. Sous son verre saphir bombé, la G.F.J. révèle un cadran bleu profond, couleur emblématique de Zenith, symbolisant son lien avec le ciel et sa quête perpétuelle de précision. Sa construction en trois parties crée une impression de profondeur captivante, tandis que chaque élément méticuleusement travaillé lui confère une élégance raffinée. Sur l’anneau extérieur, un guilloché « brique » rend hommage à la façade iconique de la Manufacture Zenith. Des index facettés en or blanc ponctuent l’ensemble, accompagnés d’un discret chemin de fer composé de 40 perles en or blanc, appliquées à la main. La partie centrale, réalisée en Lapis-Lazuli bleu profond, est traversée de fines incrustations de pyrite dorée, évoquant naturellement un ciel étoilé. Chaque cadran est unique, marqué par les nuances et les textures naturelles de cette pierre précieuse. Enfin, à 6 heures, le grand compteur des secondes en nacre apporte une touche de douceur et d’éclat. Les heures, les minutes et les secondes sont affichées par de fines aiguilles bâton en or blanc, épurées et élégantes, parfait reflet de l’esprit intemporel de cette création d’exception. La Zenith G.F.J. s’accompagne de trois bracelets interchangeables, chacun offrant une allure distincte : un bracelet en alligator bleu profond pour une touche classique et sophistiquée, un bracelet en veau noir au style intemporel, et un bracelet en veau bleu « Saffiano » au fini texturé, apportant une note plus contemporaine. L’ensemble est complété par une boucle ardillon en platine, finement gravée des initiales G.F.J. et du motif « brique ». Pour ceux qui recherchent une alternative encore plus exclusive, un bracelet en platine à sept rangs, dont les maillons centraux reprennent ce même motif emblématique, est disponible sur demande. « Le calibre 135 fait partie des rares mouvements qui ont marqué l’histoire de la chronométrie par leur niveau d’excellence et leur reconnaissance unanime. Bien plus qu’une prouesse technique, il est devenu un véritable symbole de précision. Lui redonner vie pour notre 160e anniversaire est une façon d’honorer cet héritage et de le transmettre à une nouvelle génération de collectionneurs. Avec la G.F.J., nous ne nous sommes pas contentés de rendre hommage à ce mouvement légendaire; nous l’avons réimaginé pour en faire une création qui perpétue son héritage tout en s’inscrivant dans l’horlogerie d’aujourd’hui. Nous en sommes extrêmement fiers » (Benoît de Clerck, CEO de Zenith). Édition limitée à 160 exemplaires…
UN COMMENTAIRE ? La nostalgie est toujours ce qu’elle était, mais elle n’est plus très bon marché, puisqu’il faut compter dans les 50 000 euros pour cette édition limitée à 160 exemplaires de cette légendaire « G.F.J. » à trois aiguilles dans son boîtier en platine de 39 mm, étanche à 50 m, dont le mouvement sait de souvenir des héroïques combats horlogers pour l’ultra-précision chronométrique (on peut encore compter sur ses 72 heures de réserve de marche). En quête de nouvelles icônes, Zenith se repositionne auprès des collectionneurs opulents sur les grandes avancées de son histoire, mais cette passion nécrologique est-elle bien suffisante pour retrouver de nouvelles parts de marché auprès des nouvelles générations ?
BOVET Récital 30
Entre terre et ciel… Après son acquisition en 2001, Pascal Raffy, propriétaire de la Maison, observe avec fascination les cieux et leur lien sacré avec la Terre. Pour stimuler sa créativité, M. Raffy passe du temps dans la cour du château Bove à observer les étoiles, et se promène à travers la forêt qui recouvre les montagnes du Jura. Sa source d’inspiration : la nature qui l’entoure, la même qui, en 1822, voit la création de la Maison par Edouard Bovet et ses frères. Là-bas, M. Raffy se plonge dans les voyages d’antan, lorsqu’Edouard voyage de Fleurier, en Suisse à Londres, en Angleterre, puis Guangzhou, en Chine. À pied, à cheval, en calèche et en bateau, il fait preuve d’une extraordinaire bravoure en s’aventurant si loin de chez lui. M. Raffy imagine souvent ce qu’Edouard a pu rencontrer, avec les étoiles comme guide, traversant pays et fuseaux horaires, à la découverte, aussi, de la véritable nature du temps. Depuis qu’il a repris les rênes de la Maison Bovet, M. Raffy s’attache à préserver l’héritage laissé par la famille Bovet, en créant des garde-temps dont l’excellence traverse les contrées et qui affichent plusieurs zones horaires et indications célestes essentielles. La Maison propose ainsi plusieurs garde-temps pourvus de trois fuseaux horaires (en l’honneur des trois villes qui l’ont vue naître : Fleurier, Londres et Guangzhou) et plusieurs autres à double fuseau horaire, en plus de ses garde-temps à heure universelle, parmi lesquels le Récital 18 Shooting Star, le Récital 26 Chapter Two, l’Orbis Mundi et, bien sûr, le Récital 28 Prowess 1. Depuis qu’il a commencé à imaginer des garde-temps Bovet, M. Raffy se tourne vers le ciel en quête de nouvelles manières d’interpréter le temps. Cartes célestes, équation du temps, phases de lune de haute précision, représentations du ciel nocturne, temps sidéral, solstices et équinoxes de printemps et d’automne trouvent leur place sur les chefs-d’œuvre horlogers de la Maison, pour n’en citer que quelques-uns. Voici certains des garde-temps révolutionnaires qui ont précédé cette avancée : Récital 18 Rising Star, Récital 20 Astérium (prix « Calendrier et Astronomie » GPHG 2023), Récital 22 Grand Récital (récompensé par la plus haute distinction du GPHG, « l’Aiguille d’Or », en 2018), Récital 26 Chapter One (premier boîtier en saphir), Récital 26 Chapter Two (prix « Exception Mécanique » GPHG 2020), Récital 28 Prowess 1 (prix « Exception Mécanique » GPHG 2024)…
Aujourd’hui, le Récital 30 intègre cette illustre famille, une révolution en matière d’heure terrestre qui place l’innovant système d’heure universelle sur rouleaux au service d’un garde-temps plus petit, parfaitement adapté au quotidien. Le défi de l’heure d’été : depuis l’adoption de l’heure d’été, aucun garde-temps universel n’a été en mesure de s’adapter aux aléas du changement d’heure dans chaque pays, qu’il change d’heure ou non (seuls quelque 70 pays changent d’heure, selon des modalités variables). Tous les garde-temps à heure universelle sont ainsi rendus inexacts par le passage à l’heure d’été : leur mécanisme est soit réglé pour l’heure d’été, les décalant d’une heure par rapport au reste du monde, soit sur l’heure standard, les décalant d’une heure pour les pays qui appliquent le changement d’heure… Jusqu’à ce que le Récital 28, puis le Récital 30 ne sortent des ateliers de la Maison ! Une nouvelle solution : grâce à son ingénieux système de rouleaux emprunté au Récital 28, le Récital 30 s’adapte à chaque changement saisonnier : UTC – temps universel coordonné ; AST – heure d’été d’Amérique ; EAS – heure d’été d’Europe et d’Amérique ; EWT – heure d’hiver d’Europe Les 24 fuseaux horaires qui couvrent la Terre, ainsi que New Delhi, sont ainsi exacts à longueur d’année. Le Récital 30 se concentre sur les éléments essentiels pour suivre l'heure terrestre mondiale. Les rouleaux recouvrent la quasi-totalité du cadran, réaffirmant sa première vocation, avec un indicateur jour/nuit relié à l’heure locale en guise de point central. Pas de doute, le Récital 30 est le partenaire idéal des voyageurs du monde. Le système d’heure universelle du Récital 30 : chacun des 26 rouleaux possède quatre positions, toutes contrôlées par les poussoirs sur le côté droit du boîtier : UTC, pour le temps universel coordonné, AST, pour l’heure d’été d’Amérique, EAS, pour l’heure d’été d’Amérique et d’Europe, et enfin EWT, pour l’heure d’hiver d’Europe. Le poussoir supérieur actionne la rotation des cylindres de 90 degrés, permettant d’ajuster les 24 fuseaux horaires à chaque changement saisonnier. Le poussoir inférieur avance le cadran universel central 24 heures d’une heure par pression, pour une extraordinaire simplicité d’usage. Le Récital 30 se décline en deux versions, accordant chacune une place de choix à New Delhi sur leur cadran. L’Inde est soumise à un décalage horaire unique de 30 minutes, un défi qu’a souhaité relever M. Raffy. Sur la déclinaison à temps universel coordonné, New Delhi apparaît ainsi en noir sur le cadran avec un indicateur flèche jaune ou rouge, tandis qu’une seconde aiguille des minutes (jaune ou rouge) se charge de marquer le temps pour ce fuseaux (avec son décalage horaire de 30 minutes). Sur une autre version, dédiée aux collectionneurs résidant en Inde, les aiguilles des heures et des minutes principales pointent cette fois l’heure de New Delhi (là aussi, jaunes ou rouges, coordonnées à l’indicateur de New Delhi sur le cadran). L’heure universelle est décalée de 30 minutes avec une seconde aiguille (en argent sur le boîtier titane, en or sur sa déclinaison or rouge 18 carats) indiquant les minutes pour le reste du monde. « L’Inde connaît un développement rapide sur la scène internationale. Je souhaitais mettre à l’honneur cette formidable région du monde sur le Récital 30, explique M. Raffy. En Inde, les collectionneurs sont de véritables passionnés qui exigent le meilleur. Je suis fier d’intégrer ce décalage unique de 30 minutes, un fait rare. »
Forte de son attachement à sa manufacture verticalement intégrée et à son savoir-faire artisanal, la Maison propose une offre unique de personnalisation et de pièces sur mesure. Avec une production entièrement faite de la main des artisans Bovet, les créations sur mesure sont les bienvenues, un exercice auquel se prête volontiers le Récital 30. Les collectionneurs peuvent ainsi personnaliser le nom des villes, faire leur choix parmi un éventail de teintes pour habiller le cadran 24 heures et la minuterie, et même alterner entre la version indienne et la version universelle s’ils changent de région à l’avenir. Une première dans l’histoire de la Maison, Bovet habille le Récital 30 de boîtiers produits en interne, dans ses ateliers de Tramelan. Le boîtier titane du Récital 30 sera ainsi fabriqué intégralement par les artisans Bovet, tandis que le boîtier or rouge 18 carats sortira de la manufacture de Tramelan dès 2026. Tous deux intègrent un fond transparent en glace saphir, une innovation imaginée par BOVET dans les années 1800 pour mettre en lumière toute la splendeur de ses mouvements gravés et soigneusement décorés. En matière d’arts horlogers, internaliser la production du plus grand nombre de composants est un gage de qualité, offrant aux artisans tout le contrôle dont ils ont besoin pour garantir l’excellence des boîtiers et autres pièces. La production artisanale des boîtiers du Récital 30 favorise également les interactions entre le bureau technique, les ingénieurs, l’équipe de production et les artisans horlogers. « J’aime proposer de nouveaux défis à mes artisans, » confie M. Raffy. « Chez Bovet, art et innovation sont indissociables. Chaque jour est une quête de l’exceptionnel. Le boîtier est un défi en soi, intégrant une glace saphir bombée et des aiguilles de forme particulière pour offrir une fenêtre sur le monde, tout en respectant l’esthétique vintage de la pièce. Dès le départ, il était évident que le boîtier et le design du Récital 30 devaient être exceptionnels, inattendus et porteurs de sens. Le Récital 30 a toujours été là, dans un coin de ma tête, depuis le début de nos recherches sur le problème du changement d’heure, il y a six ans, » poursuit M. Raffy. « Lorsque je suis assis dans la cour du château, j’imagine toujours de nouveaux garde-temps à la fois pratiques et uniques. Au poignet, nous portons l’heure que nous souhaitons connaître et, plus que jamais, celle-ci doit- être tournée vers le monde, devenu si petit et facile d’accès. Je souhaitais offrir à nos collectionneurs un garde-temps pratique et très intuitif, qui leur rappelle les origines qui les ont façonnés et les horizons vers lesquels ils se dirigent. Complexe d’apparence et pourtant si facile à utiliser, ce garde-temps est le fruit de la capacité d’innovation, du travail soigné, du savoir exceptionnel et du savoir-faire de nos artisans, qui lui insufflent toute la virtuosité de Bovet. » Avec le Récital 30, Bovet continue de réinventer les garde-temps à heure universelle.
UN COMMENTAIRE ? Ce qu’il y a d’enthousiasmant, avec les horlogers suisses, c’est qu’ils parviennent toujours à inventer quelque chose de nouveau quand tout le monde pense qu’on a déjà fait le tour de la question. On pouvait croire – à tort – le chapître des montres à heures universelles était clos, mais Bovet parvient à le réimaginer avec ce nouveau Récital 30 d’une rare ingéniosité mécanique en même temps que d’une magnifique exécution technique (superbe boîtier galbé, exceptionnel verre bombé, esthétique rétro-classique particulière réussie). On pourra admirer la fluidité fonctionnelle de cette montre, qui jongle avec aisance entre les fuseaux le plus compliqués et le système complexe des heures d’été ou d’hiver sur tous les continents (il faudra compter un peu plus de 70 000 euros pour la version en titane et pas loin de 100 000 euros pour la version en or rose, encore plus confidentiellement mais culturellement ciblée). Ce Récital 30 donne l’impression d’une rare maîtrise des fondamentaux d’une marque qui sait jouer avec ses propres codes sans rien sacrifier de son identité : même s’il encore un peu tôt pour le dire, on peut affirmer que cette montre – aussi agréable à porter qu’admirable à regarder – est une des plus réussies des propositions de ce salon.
COORDINATION ÉDITORIALE : JACQUES PONS