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VENDREDI : À trois semaines de Baselworld, voici la pièce de (très) haute joaillerie la plus coûteuse de toute l'histoire de l'humanité

Business Montres a réussi à se procurer les images du collier de diamants facturé 155 millions de dollars (8 865 années payées au Smic !). Laurence Graff a cumulé les superlatifs joailliers les plus absolus pour une pièce qui aurait représenté les rançons de nombreux rois et de plusieurs empereurs...  ▶▶▶ EN RÉSUMÉ Indiscrétions, analyses, informations, enquêtes, 


Business Montres a réussi à se procurer les images du collier de diamants facturé 155 millions de dollars (8 865 années payées au Smic !). Laurence Graff a cumulé les superlatifs joailliers les plus absolus pour une pièce qui aurait représenté les rançons de nombreux rois et de plusieurs empereurs...

Graff-RoyalStarofParis1-Businessmontres
 
EN RÉSUMÉ
Indiscrétions, analyses, informations, enquêtes, rumeurs & murmures,
le tout développé après le résumé ci-dessous... 
 
❏❏❏❏ LES ÉMIRS ONT TROUVÉ UNE RIVIÈRE À LEUR GOÛT...
❏❏❏❏ CHÉRIE, LAURENCE GRAFF A RÉTRÉCI LE GROS DIAMANT... 
❏❏❏❏ EST-IL MORAL DE PAYER 155 MILLIONS DE DOLLARS UN BIJOU ? 
❏❏❏❏ VACHERON CONSTANTIN A DU SAVOIR-VIVRE... 
❏❏❏❏ LENA FAIT DE LA RÉSISTANCE EN SE RHABILLANT LÉGÈREMENT... 
❏❏❏❏ PETER ET ALETTA RÉPONDENT DE TRAVERS À LA MAUVAISE QUESTION... 
❏❏❏❏ UNE TRENTAINE DE SMARTWATCHES SUISSES À BASELWORLD... 
❏❏❏❏ GUCCI ET BVLGARI DANS LA COURSE À L'HORLOGERIE CONNECTÉE...  
❏❏❏❏ LE MARCHÉ HORLOGER A BESOIN D'IDÉES, PAS DE NOUVELLE MONTRES...
❏❏❏❏ APPLE NE VEND PAS DES MONTRES, MAIS DES VECTEURS D'APPLICATIONS... 
❏❏❏❏ SANS PARLER DE TOUTES LES AUTRES INFOS... ❏❏❏❏
 
n°2-frederiqueconstant-ATLANTIC-TAC-2015-02-27 - copie
 LE 360° DU VENDREDI
Des infos tous azimuts notées
à la volée, en vrac, en bref
et surtout en toute liberté éditoriale...
 
◉◉ THE ROYAL STAR OF PARIS (1) : le Londonien Laurence Graff rend avec ce collier de (très très) haute joaillerie un somptueux hommage à la ville de Paris, ville-lumière par excellence et capitale des joailliers. À la foire de Doha (Qatar), impossible de voir ce collier, dont l'accès est réservé aux membres des familles qui règnent dans les environs : simples curieux et roturiers, passez votre chemin. Business Montres a quand pu en récupérer une image, qui ne dit rien de l'exceptionnelle splendeur d'une pièce comme il n'en avait jamais été créée dans toute l'histoire de l'humanité – et il y a pourtant eu des reines et des impératrices gâtées par le sort, de Cléopâtre à Farah Pahlavi, la dernière chahbanou iranienne... Pour ce collier, laissons de côté les diamants d'accompagnement, dont chacun ferait la fierté des maisons de la place Vendôme et intéressons-nous aux pièces maîtresses : le diamant jaune (Fancy Yellow) taillé en coussin pèse 107 catats et on le considère comme le plus beau du monde (le Graff Sunflower est absolument unique), alors que l'exceptionnel diamant blanc de 100 carats taillé en poire de façon parfaite est le fruit d'un travail de reprise d'un diamant brut, le Graff Perfection, qui pesait à l'origine 225 carats. Grand collectionneur de pierres sans comparaison et joaillier perfectionniste, Laurence Graff trouvait qu'une première taille, qui avait fait passer la pierre à 160 carats, ne rendait pas hommage à l'éclat particulier d'un diamant absolument pur (D flawless : impossible trouver mieux !). Impossible de trouver mieux sur cette planète que cette pièce Royal Star of Paris (ci-dessous), qu'on aura peut-être la chance de voir à Baselworld, si un émir ne casse pas sa tirelire avant le salon pour s'approprier cette pièce unique qui marquera l'histoire...
 
Graff-RoyalStarofParis2-Businessmontres
 
◉◉ THE ROYAL STAR OF PARIS (2) : 155 millions de dollars, c'est tout de même l'équivalent de 8 865 années de travail pour un travailleur payé au Smic. Est-il « moral » de produire de tels bijoux et de les exposer à Doha, à deux heures d'avion des villes bombardées d'Irak et de Syrie ? N'est-il pas indécent de voir des ultra-riches [il n'existe qu'une poignée de clients pour une telle pièce à travers toute la planète] dépenser de telles sommes pour des objets de parure purement ostentatoire ? Sur quelle fabuleuse poitrine faut-il faire scintiller une telle pièce ? Ce sera, pour l'acheteur, un pur trip d'égo plus qu'un réflexe patrimonial : devenir le propriétaire du plus fantastique des bijoux jamais réalisés dans l'histoire du monde et être le seul sur cette Terre à posséder des pierres aussi uniques ! Ce sera indécent pour une montre, objet relativement usuel à vocation utilitaire : ça ne l'est plus vraiment pour un bijou fait de ces diamants qui ont fasciné les hommes – et surtout les femmes – depuis l'aube de nos cultures. N'oublions pas que le goût de la parure a largement précédé les avancées de la civilisation : les premiers colliers de coquillages ornés que nous avons retrouvés ont été datés d'à peu près 100 000 ans. Donc, ces 155 millions de dollars pour un seul bijou – la somme est tellement démentielle qu'on a du mal à la comprendre – ne sont qu'un signal de rareté absolue, pas un marqueur d'arrogance de la part de la marque : ni morale, ni amorale, cette somme est un indicateur chimiquement pur de l'éternelle loi de l'offre et de la demande...
 
lera-tribel◉◉ LENA TRIBEL : alors, elle portait quelle montre, cette Lena Tribel (image piochée dans le numéro de février de Elle Russie : ci-contre, Business Montres du 26 février) ? Tout simplement une Rado, la lingerie étant fournie par La Perla et Agent provocateur. Les images sont du photographe russe Nicolay Biryukov. Comme quoi on peut contextualiser des montres dans une ambiance sexy, avec des partenaires russes, sans créatures tarifées, sans être vulgaire et sans donner une image dégradante de la femme [ceci pour faire taire les esprits chagrins et watchanishophiles, s'il en reste]. Si vous aviez reconnu la montre Rado, Business Montres a le plaisir de vous offrir une seconde image de la même Lena Tribel, pas encore tout-à-fait rhabillée (lingerie Chantelle), par le même photographe, cette fois avec une Omega DeVille Ladymatic au poignet...
 
lera-tribel-elle-russia-1
 
◉◉ AFFAIRE VACHERON CONSTANTIN : l'affaire du client mécontent est donc close (Business Montres du 26 février), mais elle a quand même une suite. Parce qu'on sait vivre chez Vacheron Constantin, on n'en fait pas état, mais ça ne nous étonnerait pas que la marque ait fait un geste supplémentaire – bien au-delà du droit de réponse – pour son client. C'est le côté hidalgo du président Torres !
 
Alpina-Smartwatch1-Businessmontres◉◉ FREDERIQUE CONSTANT SE CONNECTE SUR LA SILICON VALLEY (1) : tout ça pour ça ? On allait voir ce qu'on allait voir : la première réponse forte de l'horlogerie suisse au défi des montres connectées dans le goût de l'Apple Watch, que des rumeurs persistantes affirment devoir être présentée et dévoilée quelques jours avant Baselworld – ce qui serait une catastrophe en termes de communication et de parts de marché médiatiques totalement préemptées pour une bonne quinzaine de jours par Apple. On allait découvrir le coup de menton orgueilleux de Frederique Constant, allié pour la circonstance avec Alpina (mais avec unci-contre, et avec Mondaine) pour trouver une place au soleil – ou à l'ombre de l'Apple Watch. Au final, on est un peu déçu. Il s'agit d'une montre électronique absolument classique d'apparence, d'ailleurs plutôt élégante, mais enrichie d'un traceur d'activités capable de capter les phases d'activité et de repos du porteur, en liaison avec son smartphone à partir duquel on peut piloter les fonctions et analyser les données. Le pourcentage d'activités – en fonction d'un objectif pré-défini – s'affiche de façon analogique (aiguille) autour de la petite seconde de la montre : solution là-aussi élégante et même intelligente. Le problème est que ce dispositif n'est en rien une réponse au défi des montres intelligentes : cette Horological Smartwatch (ci-dessous) n'est qu'une montre à quartz [mouvement intelligent Soprod, qui alimente désormais un certain nombre de marques suisses : Business Montres du 9 février 2015] qui intègre des fonctions de bien-être déjà disponibles sur les bracelets connectés (Jawbone, etc.) depuis quatre ans. C'est aujourd'hui le B.A. BA de tout objet de poignet connecté : était-il si nécessaire de développer cette fonction, reliée au smartphone, avec une entreprise partenaire de la Silicon Valley ? Pourquoi pas, mais cette technologie des capteurs d'activité est appelée à une banalisation accélérée et à un effondrement de ses prix de revient, ce qui la disséminera sur de nombreuses montes d'entrée de gamme : on la trouve déjà sur la Withings Activité Pop, facturée 150 euros (soit dix à quinze fois moins cher que la Frederique Constant), dont Business Montres (9 janvier 2014) avait déjà signalé tout le bien qu'on peut en penser...
 
FrederiqueConstant-smartwatch-Businessmontres
 
1348314_Mondaine-Helvetica-1◉◉ HOROLOGICAL SMARTWATCH (2) : on aura compris que cette Horological Smartwatch, aussi réussie soit-elle sur le plan esthétique (ci-dessus), ou la Mondaine, elle aussi très intéressante (ci-contre), ne sont en rien une réponse au défi de l'Apple Watch. Lancée trois semaines avant Bâle, elle préfigure la trentaine de montres plus ou moins connectées que nous avons pronostiquées dans le camp des marques traditionnelles suisses [nous maintenons cette estimation]. Jean-Claude Biver, qui a compris le danger et l'urgence de réagir, a d'ailleurs décidé de présenter sa propre TAG Watch connectée dès Baselworld, le jour de l'ouverture, sans attendre la fin de l'année dont il parlait encore voici quelques semaines (révélation Business Montres du 25 février). On a également repéré une nouvelle Swatch Touch Zero One (tactile) enrichie de fonctions connectées pas vraiment convaincantes (ci-dessous : source Swatch Canada) à l'occasion de la présentation annuelle du partenariat de la marque avec le Beach Volley : du Bluetooth à peine smart, on est loin de la révolution annoncée par Nick Hayek ! Si une manufacture peut se frotter les mains à propos de ces « smartwatches suisses », c'est bien Soprod (groupe Festina) qui se refait une beauté dans le domaine du quartz, auquel plus personne ne croyait...
 
Swatch-Touch-Zero-One-Volleyball-Smartwatch
 
◉◉ MONTRE CONNECTÉE SUISSE (3) : encore une indiscrétion avant de refermer le décevant dossier Frédérique Constant. Deux marques italiennes sont sur les rangs pour une riposte intelligente aux montres intelligente des géants américains de l'électronique : Gucci [c'était une des nos préconisations pour l'arrivée de Stéphane Linder : Business Montres du 23 février] et, surtout, Bvlgari, qui réserve cette annonce pour sa soirée à Baselworld, le 19 mars. Quoi de plus naturel que cette envie d'agir des grandes marques confrontées au défi d'Apple : non seulement, elles sont légitimes sur ce terrain des accessoires du quotidien, mais elles ont en plus l'onction du luxe pour battre l'Apple Watch sur son propre terrain. Ce qui serait anormal, c'est de voir des marques de montres comme Louis Vuitton, Chanel, Dior ou Hermès ne prendre aucune initiative sur ce terrain : qui serait plus légitime que Hermès pour créer le « Kelly de la smartwatch », avec ce qu'il faut de cuir, de piqûres sellier et de codes reliés à l'univers du voyage ?
 
◉◉ CARPO-STRATÉGIE FAUTIVE (4)  : en fait, l'initiative de Frederique Constant est une réponse d'ingénieur et d'horloger à un problème qui ne relève ni de la technique, ni de l'affichage du temps. Fatidique contresens initial : on répond à côté à une question qui ne se pose plus ! On s'avance avec un quartz connecté quand l'offensive est digital dans un univers numérique. Le défi lancé aux montres suisses n'est pas une bataille technologique [pour ou contre la montre mécanique traditionnelle, pour ou contre les aiguilles], ni une revanche de la montre à quartz sur la montre suisse [encore que...], mais une guerre de conquête territoriale pour l'occupation du poignet, emplacement idéal pour y loger un dispositif – montre ou pas montre, le vocabulaire est piégé – capable de relier son porteur à une communauté et à tout un écosystème d'objets connectés. C'est la carpo-révolution, concept synthétisé par Business Montres. Apple ne cherche pas à « vendre des montres » : il est donc illusoire et vain d'opposer des montres, même rebadigeonnées de technologies primaires, à son offensive. Apple vend des applications de connexion pour révolutionner la vie quotidienne de ses clients en leur faisant découvrir des plaisirs, des jeux et des loisirs qu'ils ne soupçonnent pas encore [l'Apple Watch n'est qu'un vecteur, pas une fin en soi]. On se trompe de génération d'objet, tout comme les téléphonistes se sont plantés à propos de l'iPhone : qui nous aurait dit que nos téléphones ne nous serviraient plus à téléphoner – 15 % de l'usage quotidien – et qu'ils nous feraient écouter de la musique, regarder des films, écrire des messages à nos copains, connaître la météo ou lire les médias ? Ces applications de connexion (Business Montres du 26 janvier dernier : voir le schéma ci-dessous) sont devenus la seule raison de vivre commerciale de la marque. Le but de la guerre n'est donc pas, pour l'horlogerie suisse, d'opposer des objets technologiquement obsolètes et numériquement appauvris aux nouveaux instruments de poignet connectés, mais de recréer du plaisir au poignet, avec des montres moins fermées, avec ou sans « grandes marques » [le règne vertical des marques surplombantes est terminé], amusantes, délurées, conversationnelles, surprenantes, intelligentes et pas forcément connectées. C'est le défi d'une nouvelle génération de montres créatives et surtout accessibles. On en reparlera...
 
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