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BUSINESS MONTRES + HORLOGERIE ANCIENNE (accès libre)
Vidées de leurs fournitures, ces boîtes en carton illustrées sont devenues de précieux objets de collection

Les « cartons d’établissage » étaient des boîtes destinées à recevoir les ébauches, les fournitures et les mouvements terminées. Entre eux, les horlogers parlaient de « cartons ». Aujourd’hui, ces caissettes sont en plastique. Traditionnellement, ces boîtes étaient en bois de sapin. Dans les années 1900, on a vu apparaître des « cartons » illustrés à la gloire des manufactures et des fournisseurs de composants. Objets du temps à part entière, ces « cartons » témoignent des splendeurs de la communication horlogère (article de Joseph Flores et Jacques Jolidon repris de la revue « Horlogerie ancienne »)…


Les boîtes pour fournitures horlogères illustrées ci-après marquent une étape en matière de tri, de répartition et de transmission des minuscules et fragiles pièces constitutives de la montre.  Au XIXe siècle, les horlogers utilisaient de belles boîtes en bois, généralement en sapin, contenant sous le couvercle à charnières divers casiers rectangulaires ou carrés, de grandeurs diverses.

Vinrent ensuite les cartons allongés, verts ou bleus, distribués garnis de fournitures, dans un ordre logique et précis aux établisseurs, par les garçons de course ou les apprentis. Dès le début des années 1900 environ, apparurent les boîtes en carton proposées dans les pages suivantes. Elles laissèrent place ensuite aux cassettes en plastique connues encore aujourd’hui.

Dans un ouvrage d’une centaine de pages, édité aux Éditions de la Chatière, intitulé Les métiers de l’horlogerie un certain nombre de métiers de l’horlogerie, pour la plupart ancien, sont répertoriés. Parmi eux, il y a celui de « cartonnier » avec cette définition : « Le cartonnier fabrique des cartons ou des boîtes destinés à recevoir les ébauches, les fournitures et les mouvements terminés. Le carton d’établissage est divisé en 6, 10 ou 12 cases qui servait, jusqu’au milieu du XXe siècle, d’unité pour le prix d’un travail : travailler au carton, livrer un carton »…

Ces emballages en carton, délaissés au cours des ans, ne sont pourtant pas sans intérêt. Leur charme désuet ou quelque peu prétentieux dénote l’importance donnée par les marques horlogères au sérieux voué à leur image de marque : fabriques gigantesques pourvues de longues cheminées dignes des usines automobiles (Diana, Longines, Lotus, Zenith, etc.) Architecture pompeuse ! Que dire des thèmes iconographiques ? Ils sont tout simplement merveilleux. La montre se partage l’espace du couvercle avec l’horloger appliqué, actif à son établi (Lenroc, Marvin) ; avec les snobs de Perla ou la silhouette patibulaire du veilleur de nuit de Vigilant ; une vue lacustre de Genève pour Henry Grandjean ou le traditionnel logo chez Nardin, etc.

Pourquoi tant de chichis alors que ces boîtes circulaient auprès des termineurs, des établisseurs ou servaient en interne aux horlogers de leur propre entreprise ? Mystère ! L’inventaire de leur contenu détaillé gure souvent sur une che technique collée à l’intérieur du couvercle. Preuve d’un usage intra-muros, donc d’une diffusion restreinte. Trêve de questions ! Bien que non-horloger au plein sens du terme, ces objets méritent la place qui leur revient au sein du patrimoine qui nous occupe.

••• « Boîtes en carton pour fournitures horlogères », de Jacques Jolidon et Joseph Flores, Horlogerie ancienne n° 66, revue de l’Association française des amateurs d’horlogerie ancienne (AFHA, en bas de la page).






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